Chargement de l'audio en cours
Plus

Plus

Samsara, film de Pan Nalin
P.408-409

Mode édition
Ajouter

Ajouter

Terminer

Terminer

L’art du détour


Une approche du bouddhisme : maîtriser ses désirs





Le bouddhisme présente la particularité d’être une religion sans divinité, et comprend différents courants. Tous ces courants reconnaissent les « quatre nobles vérités », que l’on peut résumer ainsi :
  1. La vie est souffrance et insatisfaction
  2. L’origine de cette souffrance est le désir et l’attachement
  3. La cessation de la souffrance est possible
  4. Le chemin vers la cessation de la souffrance est la « voie moyenne », elle conduit au nirvana.

Ces quatre principes définissent un chemin de vie, qui est précisément la trame de fond du film Samsara.

 SAMSARA – Dans le bouddhisme ancien : « transmigration », à laquelle sont soumis tous les êtres vivants (sattva), hommes, dieux, animaux, revenants affamés et damnés, et qui les oblige à renaître indéfiniment, en changeant généralement de sorte d’existence, de destinée (gati), en fonction de la qualité bonne (kusala) ou mauvaise (akusala) de leurs actes (karman) passés. Le but du bouddhisme est de mettre un terme à cette transmigration en atteignant un état stable et définitif, où l’on se subira plus jamais ni mort ni douleur (duhkha) : le nirvana.

Article « Samsara », Encyclopédie philosophique universelle. Les notions philosophiques, © PUF, 1990.


Samsara, Pan Nalin, 2001

Affiche du film Samsara


Samsara raconte l’histoire de Tashi, un moine bouddhiste, confié à un monastère du nord de l’Inde dès l’âge de cinq ans. Âgé d’une vingtaine d’années et après plus de trois ans de solitude totale dans un ermitage, il retrouve le supérieur de son monastère, Apo, et les autres moines. Mais il est rapidement troublé par des rêves et des désirs sexuels. Un long échange de regards avec une belle jeune femme, Pema, le rend amoureux d’elle.

Tashi décide, peu après, de quitter sa vie de moine et épouse Pema (pourtant promise à un autre), avec qui il a un fils, Karma. Plusieurs années plus tard, bien qu’il aime toujours Pema, il la trompe avec une saisonnière qui travaille dans leurs champs. Rongé par la culpabilité, il abandonne sa femme et son fils pour retourner à sa vie monacale. Mais peu de temps avant qu’il n’atteigne le monastère, Pema le rejoint. Elle lui rappelle que Bouddha a lui aussi abandonné sa femme dévouée et généreuse, Yashodhara, pour trouver « l’éveil ». C’est le nom de Bouddha que la postérité a retenu. Pourtant, Yashodhara n’étaitelle pas éveillée avant lui ? Pema repart, laissant Tashi désespéré.

Samsara, extrait 1

Au début du film, Tashi est sorti par ses compagnons de son ermitage, dans lequel il a vécu totalement seul durant trois ans, trois mois et trois jours.

Faut-il se couper du monde et des hommes pour trouver la paix intérieure ?
Voir les réponses

Samsara, extrait 2

Alors qu’il est en proie à des désirs sexuels, Tashi s’adresse ainsi à son maître Apo : « Même le Bouddha a vécu dans le monde. Il a eu 29 ans de vie normale. Tashi, à cinq ans à peine, a dû vivre comme Bouddha, l’adulte retiré du monde. Es-tu certain que ces longues années, durant lesquelles le Bouddha avait pu éprouver le monde, n’ont pas été pour une part essentielles dans son éveil ? »

S’empêcher de désirer, est-ce la voie de la sagesse ?
Voir les réponses

Samsara, extrait 3

Il poursuit : « Apo ! Tu m’avais juré que le monastère allait me libérer, que le vœu de chasteté allait me garantir la paix intérieure. “N’accepte aucun de mes préceptes, quels qu’ils soient, avant de pouvoir les comprendre de ton propre point de vue”, voilà ce que le Bouddha a dit un jour. »

Peut-on comprendre des préceptes de vie que l’on n’a pas forgés soi-même ?
Voir les réponses

Samsara, extrait 4

Tashi termine : « Il faut se détourner de certaines choses afin de mieux les retrouver, comme il faut faire l’expérience de la possession des biens terrestres pour pouvoir y renoncer. » Il fait bien sûr allusion, sans la nommer, à la sexualité, qu’il va connaître avec son épouse, puis avec sa maîtresse.

Pour dominer un désir, faut-il l’avoir déjà satisfait ?
Voir les réponses

Samsara, extrait 5

Dans la lettre qu’Apo a adressée à Tashi peu avant sa mort, il lui écrit : « Je me rends compte aujourd’hui que je n’ai pas su accomplir la tâche qui m’incombait durant cette existence. Aussi, je sais que je devrai me réincarner dans le monde. Je devrai revenir dans le samsara. Je sais aussi que nous nous y retrouverons, que nos routes se recroiseront un jour. Peut-être alors seras-tu assez éclairé pour me dire ce qui importe le plus : satisfaire un millier de désirs, ou en dominer un seul ? »

Le bonheur est-il dans la satisfaction ou dans la domination des désirs ?
Voir les réponses

Samsara, extrait 6

Lors de la scène finale, Pema dit notamment à Tashi :

« Cher Tashi, si tu savais vouer à la sagesse un amour aussi pur et aussi intense que l’amour que tu as su me porter, je sais que tu deviendrais dans cette existence, dans cette enveloppe, un bouddha. »

Être heureux, est-ce aimer la sagesse ou la posséder ?
Voir les réponses

Samsara, extrait 7

Le film se termine sur cette énigme, que Tashi lit sur une pierre du mur qui mène au monastère :

« Que faire pour qu’une goutte d’eau ne s’assèche jamais ? »

Puis il lit la réponse de l’autre côté : « La jeter à la mer. »

Pour être heureux, notre nature ne doit-elle faire qu’un avec la nature ?
Voir les réponses
Utilisation des cookies
En poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres, vous acceptez l'utilisation des cookies permettant le bon fonctionnement du service.
Pour plus d’informations, cliquez ici.