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Six portraits XL, Alain Cavalier, 2018
P.224-225

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L’art du détour


Vies au travail





Après les 24 portraits dans lesquels Alain Cavalier filmait des métiers de femme en voie de disparition, les Six portraits XL proposent un patchwork de professions, dont la complémentarité est pour Durkheim synonyme de solidarité sociale.

 Nous sommes ainsi conduits à nous demander si la division du travail ne jouerait pas le même rôle dans des groupes plus étendus ; si, dans les sociétés contemporaines où elle a pris le développement que nous savons, elle n’aurait pas pour fonction d’intégrer le corps social, d’en assurer l’unité. Il est très légitime de supposer que les faits que nous venons d’observer se reproduisent ici, mais avec plus d’ampleur ; que ces grandes sociétés politiques ne peuvent, elles aussi, se maintenir en équilibre que grâce à la spécialisation des tâches ; que la division du travail y est la source, sinon unique, du moins principale de la solidarité sociale. C’est déjà à ce point de vue que s’était placé Comte. De tous les sociologues, à notre connaissance, il est le premier qui ait signalé dans la division du travail autre chose qu’un phénomène purement économique. Il y a vu « la condition la plus essentielle de la vie sociale » pourvu qu’on la conçoive « dans toute son étendue rationnelle, c’est‑à‑dire qu’on l’applique à l’ensemble de toutes nos diverses opérations quelconques au lieu de la borner, comme il est trop ordinaire, à de simples usages matériels.

Émile Durkheim, De la division du travail social, 1893, © PUF, 2013.

Six portraits XL, Alain Cavalier, 2018


Affiche du film Six portaits XL, d'Alain Cavalier, 2018


Alain Cavalier est un cinéaste français contemporain. Ce documentaire dresse les portraits de six personnes aux vies, métiers et occupations différents. Ainsi se côtoient un cordonnier, un boulanger, une retraitée, un ancien cinéaste maniaque de la propreté, un journaliste et un comédien : Léon, Guillaume, Jacquotte, Daniel, Philippe et Bernard. Chacun est dépeint à un certain moment de sa vie, la plupart du temps en lien avec son activité professionnelle. Alors que Léon le cordonnier ferme définitivement sa boutique et prépare sa retraite, Guillaume le boulanger est plongé dans des préparatifs méticuleux avant l’ouverture de son nouveau commerce. Les portraits de Bernard et Philippe, quant à eux, retracent deux vies dédiées aux arts de la scène : l’un est comédien, l’autre journaliste à la télévision. Chacun, à sa manière, nous donne à voir une certaine conception du travail et de la vie.

Six portraits XL, Extrait 1

À 74 ans, Léon va fermer définitivement la cordonnerie dans laquelle il travaille depuis plus de 40 ans. Toutes ces heures passées à travailler ont laissé des traces : ses mains sont usées, au point qu’il doit finir par les faire opérer. Croulant sous les dernières commandes, il n’a pas le temps de soigner ses problèmes cardiaques, qui ne sont pas liés à l’exercice de son métier, mais dont les soins empiètent sur son temps de travail. « Il est temps que ça finisse », déclare‑t‑il.

Tout travail est‑il souffrance et usure du corps ?
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Six portraits XL, Extrait 2

Ce travail difficile est aussi récompensé par les liens sociaux dont bénéficie Léon. À son départ, les habitants, attachés à lui, lui offrent une pièce montée en forme de chaussure ; d’autres lui écrivent des poèmes. Il est un élément à part entière de la vie du quartier.

Le travail permet‑il une reconnaissance sociale ?
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Six portraits XL, Extrait 3

Avec sa femme et ses amis, Guillaume célèbre l’ouverture de sa nouvelle boulangerie. Il travaille de l’aube au coucher du soleil, mêlant son travail et sa vie familiale ; la réussite sociale et professionnelle est pour lui le gage d’une vie réussie.

Une vie heureuse est‑elle une vie laborieuse ?
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Six portraits XL, Extrait 4

« Ici, on fait tout nous‑mêmes. » Être artisan boulanger, c’est d’abord maîtriser un savoir‑faire, répéter avec précision les mêmes gestes. Toutefois, le travail de la matière implique aussi une part de créativité et d’esthétique.

Travailler, est‑ce seulement appliquer un savoir‑faire ?
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Six portraits XL, Extrait 5

Bernard, comédien de profession, est un homme pressé, que ce soit par les nécessités économiques (sa maison est hypothéquée) ou par le temps : il est toujours en retard avant une représentation. Bernard semble ne plus parvenir à distinguer la sphère privée de la sphère professionnelle.

En quoi l’artiste est‑il, et n’est‑il pas, un travailleur comme les autres ?
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Six portraits XL, Extrait 6

Pour Philippe, journaliste de télévision qui connaît bien son métier, toute la difficulté est de donner une impression d’originalité et de spontanéité à des interviews préparées très à l’avance. Comment retrouver le naturel derrière le cadre artificiel de la télévision ?

Quelle place pour la créativité au travail ?
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Six portraits XL, Extrait 7

Être intervieweur n’est pas un métier de tout repos : 4 portraits de 26 minutes à tourner, en une après‑midi, les uns à la suite des autres. Chaque texte a dû être préparé le matin même. « Une de moins », décompte‑t‑il à la fin de l’interview.

Tous les métiers peuvent‑ils être harassants ?
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