Chargement de l'audio en cours
Plus

Plus

Lucrèce - Exclusivité numérique
Page numérique

Mode édition
Ajouter

Ajouter

Terminer

Terminer

Exclusivité numérique
Biographie


Lucrèce





Lucrèce
98 av. J.-C. - 54 av. J.-C.

Lucrece

Sa vie

Lucrèce est un poète et philosophe latin dont nous savons peu de choses. Il est l’héritier de Démocrite (père de l’atomisme ancien) et d’Épicure. C’est grâce à lui que nous connaissons cependant l’œuvre d’Épicure. Nous savons qu’il a été proche de Cicéron, lequel aurait été l’éditeur de son unique œuvre connue, De rerum naturaDe la nature des choses, traduit le plus souvent par De la nature — véritable éloge de la pensée d’Épicure. Ce long poème est dédié à Memmius, homme politique lettré, pétri d’ambition, qui ne ressemble pas vraiment à un sage, mais que Lucrèce veut sauver par la philosophie.

Du vivant de Lucrèce, les institutions politiques de la République romaine connaissent une profonde crise qui trouvera sa plus forte expression dans le premier Triumvirat constitué par César, Pompée et Crassus. L’époque de Lucrèce est donc une période de crise morale, marquée par des massacres, des dictatures (celle par notamment de Sylla), des révoltes d’esclaves, de nombreuses guerres et la crainte de plus en plus grande de la guerre civile, qui aura lieu entre César et Pompée en 49 av. J.-C. Les valeurs traditionnelles comme le courage et l’honneur sont mises à mal.

Lucrèce est un grand critique de la religion mythologique qui, selon lui, a complètement échoué et est responsable de tous les malheurs. C’est à cause d’elle que les hommes se déchirent, car elle est responsable de l’ambition, des honneurs, de la richesse. C’est pourquoi il critique si farouchement les superstitions.

Il semblerait que Lucrèce se soit suicidé dans sa quarante-quatrième année.

Sa pensée

Nous ne connaissons qu’une seule œuvre de Lucrèce, son poème De natura rerum. Ce poème est divisé en six chants, les deux premiers portent sur la matière, les deux suivants sur l’âme humaine et les deux derniers sur l’univers. Nous y retrouvons les thèmes épicuriens : la crainte de la mort et la crainte des Dieux qui ne peuvent être contrecarrées que par la théorie de l’atomisme. En effet, Épicure comme Lucrèce après lui, affirme que tout est matière, composé d’atomes et lorsque nous mourons, notre âme comme notre corps se disperse. Il n’y a donc pas lieu d’avoir peur de la mort puisque nous ne la vivrons pas, et pas de raison de craindre les châtiments des dieux, puisque lorsque nous sommes morts, nous ne pouvons absolument rien ressentir ni rien penser et donc nous ne pouvons pas nous rendre compte de nos souffrances, s’il y a souffrances infligées par les dieux. Comme nous ne pouvons pas en avoir conscience ni rien ressentir, ces souffrances, même si elles existent, ne peuvent nous concerner en rien. Lucrèce défend donc une position matérialiste de l’âme. De la même façon, toujours en suivant la pensée d’Épicure, il affirme que l’univers est composé d’atomes, qu’il a un commencement et qu’il évolue et enfin que le vide existe. Cette conception d’un univers purement matériel dont les causes finales sont absentes et où règne le hasard permet une lutte radicale contre les superstitions religieuses. Par ailleurs, il élabore une théorie de la civilisation, qui ne serait pas issue de la volonté des dieux, mais qui aurait été créée par les rois. Lorsque ces derniers ont été tués, c’est la violence qui leur a succédé, puis les lois et les institutions républicaines ont été instaurées pour permettre aux hommes de vivre ensemble et de conjurer la violence. C’est pourquoi il faut les préserver.

La philosophie de Lucrèce parle du malheur, non pour s’y complaire, mais pour le connaître. Il faut accepter la mort, c’est un fait de nature. Pour être heureux, il s’agit alors de renoncer aux consolations illusoires et aux superstitions religieuses. Il n’existe pas de dieux protecteurs ni de survie après la mort ; une fois que nous avons compris et accepté cela, la sérénité peut trouver sa place grâce à la raison.


« Voilà donc le miroir où la nature nous présente ce que nous réserve l’avenir après la mort. Y voit-on apparaître quelque image horrible, quelque sujet de deuil ? N’est-ce pas un état plus paisible que n’importe quel sommeil ? »


Œuvre principale

Œuvres Lucrèce
Utilisation des cookies
En poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres, vous acceptez l'utilisation des cookies permettant le bon fonctionnement du service.
Pour plus d’informations, cliquez ici.