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Biographie


Nicolas Machiavel





Nicolas Machiavel
1469 - 1527

Nicolas Machiavel

Sa vie

Nicolas Machiavel naît en 1469 dans la République de Florence, commune libre et indépendante, mais en réalité dominée depuis 1434 par les richissimes Médicis, qui parviennent à manipuler le système électoral au profit de leurs clients, alliés et amis. Laurent le Magnifique règne de 1469 à 1492 : c’est l’âge d’or de Florence, qui compte Botticelli et Michel-Ange, Marsile Ficin et Pic de la Mirandole, parmi ses concitoyens. La fin du siècle s’avère en revanche turbulente : l’Italie est envahie par les armées françaises – les rois français revendiquant le royaume de Naples. Charles VIII s’empare de Florence. Les Médicis sont destitués et leur opposant principal, Savanarole, moine dominicain précurseur de la Réforme de Luther, installe un régime à la fois démocratique, policier et théocratique.

En mai 1498, Savanarole, excommunié, hérétique, est brûlé vif sur la place même où il fît brûler un « bûcher des vanités ». Cinq jours plus tard, le nouveau gouvernement de Florence élit Machiavel comme secrétaire de la seconde chancellerie, qui s’occupe de l’armée et de la diplomatie. Il servira la république jusqu’au retour des Médicis en 1512. Ses talents en font le légat du gouvernement auprès des puissances étrangères. Son rôle est alors de rassembler des renseignements, de découvrir des secrets, d’interpréter des intentions – le titre de diplomate étant réservé aux grandes familles, Machiavel sera espion.

Après l’échec de l’armée de Florence, constituée de mercenaires, dans la reconquête de Pise, Machiavel est chargé en 1505-1506 de constituer une milice de conscrits : reprenant l’exemple de l’antiquité, Machiavel juge qu’une armée de mercenaires est coûteuse et, dénuée de patriotisme, peu résistante. En 1509, l’armée mise ainsi sur pied parvient à reconquérir la ville de Pise, qui servait de port à Florence. Le retour des Médicis en 1512 met un terme à sa carrière gouvernementale – et à la république. Suspecté d’avoir participé à un complot contre Jean de Médicis, Machiavel est arrêté et torturé au début de l'année 1513. Il résiste avec stoïcisme et est libéré, faute de preuves et d'aveux sur sa culpabilité.

Il se retire dans sa maison de campagne. Comme le vénitien Casanova, Machiavel ne devient écrivain que lorsqu’il ne peut plus agir – quand il est démis de ses fonctions gouvernementales – ou bien il n’écrit que pour agir : pendant sa retraite forcée, il rédige en 1513 Le Prince, qu’il dédie en 1516 à Laurent II de Médicis – père de Catherine de Médicis, hommage par lequel il espère une réhabilitation. Il échoue avec ce livre à retrouver une place dans le gouvernement de Florence – mais le Prince lui vaudra une place dans l’histoire.

Il meurt de maladie dans sa maison de campagne. En 1559, ses livres sont mis à l’Index des livres interdits de publication.

Sa pensée

Machiavel a l’insigne privilège d’être à l’origine d’un mot courant : « machiavélique » ; le mot désigne l’usage technique qu’un esprit subtil fait de la raison et du langage, pour simuler et dissimuler, pour calculer l’enchaînement des causes et des moyens à mettre en œuvre afin d’acquérir et de conserver le pouvoir, afin de dominer. Pour lui, tous les moyens sont « bons » du moment qu’ils sont efficaces. Catherine de Médicis, Mazarin, Richelieu incarnent cette raison « diabolique », mais qu’ils appellent, eux, raison d’État.

Machiavel cependant a‑t‑il été machiavélique ? Les catholiques l’ont dit. Ils lui reprochent d’apprendre aux princes à n’avoir d’autre religion que celle de l’État et de leur enseigner que tout doit pouvoir être instrumentalisé : la morale, la justice, la religion même. Pour les chrétiens, les « machiavélistes » sont plus dangereux que les hérétiques. Pour les Lumières, Le Prince est le bréviaire des tyrans, indifférents au droit naturel et au droit des gens, soucieux seulement de commander — et d’être obéi. Rousseau nuance cependant cette perception en déclarant qu’en faisant mine d’instruire le prince, Machiavel a donné de plus grandes leçons encore au peuple.

Machiavel, se fondant sur son expérience, écrit en fait que les considérations morales ne doivent pas arrêter l’action politique quand il y a nécessité pour la conservation de l’État ; que la violence peut déboucher sur le droit et la justice, parce qu’elle peut fonder durablement l’ordre légal d’un État – et elle peut tout autant le maintenir ; que politiquement, le bien est fondé sur le mal, et que le bon prince doit savoir, quand c’est nécessaire, renoncer à son humanité et feindre.

La vertu du Prince ne réside donc pas dans sa libéralité, sa magnanimité, ou encore dans sa justice ; elle consiste dans sa capacité à identifier ce qu’exigent les circonstances, et à se plier à cette nécessité — quoiqu’il en soit de ses vœux ou de son tempérament.

« Quant à la conscience, nous n’avons pas à nous en soucier, car chez des gens comme nous, tous pleins de peur, peur de la faim, peur de la prison, il ne peut pas et il ne doit pas y avoir de place pour la peur de l’Enfer. »


Œuvres principales

Œuvres principales de Nicolas Machiavel
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