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Épictète - Exclusivité numérique
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Biographie


Épictète





Épictète
50 - 125

Epictete

Sa vie

Épictète est un philosophe grec, né en Phrygie (qui fait partie de la Turquie depuis 1299). Il est d’abord esclave, avant d’être affranchi au moment de l’exil des philosophes hors de Rome entre 89 et 94. À ce moment-là, il part pour la cité de Nicopolis en Épire (actuelle Grèce) qu’il ne quittera pas jusqu’à sa mort. Les grands de son temps, tel l’empereur Hadrien, reconnaîtront en lui l’un des plus éminents penseurs de l’Empire.

Lorsqu’il commence à enseigner, Épictète est déjà affranchi, mais son passé d’esclave dépourvu de tout droit a certainement une influence sur sa pensée.

Il est l’élève de Musonius Rufus, stoïcien romain du 1er siècle. Épictète est donc un philosophe stoïcien qui reviendra non seulement au stoïcisme ancien, celui de Zénon, mais aussi au cynisme, c’est-à-dire à la simplicité. Ainsi, si sa condition d’affranchi lui interdit d’accéder à de grands emplois politiques, elle lui offre la possibilité de rechercher les richesses et d’exercer une influence occulte sur le pouvoir. Pourtant, son exigence et sa conception de l’existence l’amènent plutôt à mépriser honneurs et richesses qui sont vains et ne dépendent pas de nous. Épictète critique radicalement les fonctions sociales et refuse de remplir des charges qui ne mènent qu’à la servitude.

Cela signifie-t-il que le sage doit se dégager de toute vie politique ? Certes pas, mais s’il est de son devoir d’éduquer, d’éclairer, il ne doit pas exercer de charges, qui sont toujours compromettantes. Le sage ne doit pas avoir d’ambition personnelle, il doit respecter ses devoirs envers l’État, mais sans jamais renoncer à son honneur, son courage et sa liberté.

Sa pensée

Épictète n’écrit rien, en tout cas nous n’en avons aucune trace, mais nous connaissons sa pensée grâce à son élève Arrien. Celui-ci a retranscrit les leçons de son maître dans le Manuel et dans huit livres d’Entretiens, dont seulement quatre nous sont parvenus.

Que nous enseigne Épictète ? Contrairement à ce que nous lisons parfois, il ne nous conseille pas la soumission. Bien au contraire, il considère que s’il y a des choses qui ne dépendent pas de nous, comme les honneurs, le pouvoir, la richesse, il y en a qui sont en notre pouvoir. Ce qui dépend de nous, ce sont nos sentiments et nos jugements. C’est dans ces derniers que se trouve la plus grande liberté, la liberté absolue de décider, d’accepter ou de refuser.

Épictète considère, en tant que stoïcien, que chacun a un rôle qu’il accepte librement de jouer. Il ne s’agit donc pas de servitude, mais au contraire d’une liberté inconditionnelle et inconditionnée. Dans le chapitre II des Entretiens, Épictète fait appel à l’exemple de la réponse de Priscus Helvidius à Vespasien :
« Il est en ton pouvoir, lui répondit [Prisucs Helvidius], de ne pas me laisser être du sénat ; mais tant que j’en serai, il faut que j’y aille. — Eh bien ! Vas-y, lui dit l’empereur, mais tais-toi. — Ne m’interroge pas, et je me tairai. — Mais il faut que je t’interroge. — Et moi, il faut que je dise ce qui me semble juste. — Si tu le dis, je te ferai mourir. — Quand t’ai-je dit que j’étais immortel ? Tu rempliras ton rôle, et je remplirai le mien. Ton rôle est de faire mourir ; le mien est de mourir sans trembler. Ton rôle est d’exiler, le mien est de partir sans chagrin. »

La philosophie d’Épictète ne prône donc pas le renoncement à soi ni l’avilissement. Bien au contraire, elle défend absolument la dignité humaine, qui repose sur le libre arbitre de chacun, c’est-à-dire la capacité de choisir qui l'on veut être.

La philosophie d’Épictète est alors une sagesse qui nous enseigne à comprendre ce qui dépend de nous, à ne pas nous compromettre et à rester fidèles à nous-mêmes, à l’image de ce que fut Socrate, autre modèle d’Épictète. Il nous faut donc nous détacher des choses vaines, en pratiquant une forme d’ascèse qui rend possible ce détachement.

« Voilà donc le miroir où la nature nous présente ce que nous réserve l’avenir après la mort. Y voit-on apparaître quelque image horrible, quelque sujet de deuil ? N’est-ce pas un état plus paisible que n’importe quel sommeil ? »


Œuvres principales

Œuvres Epictète
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