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Occam (d') Guillaume - Exclusivité numérique
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Biographie


Guillaume d’Occam





Guillaume d’Occam
1285 - 1347

Guillaume d'Occam

Sa vie

Né en Angleterre dans le petit village d’Ockam, dans le Surrey, Guillaume est recruté très jeune par les Franciscains et révèle tôt de brillantes dispositions. Après avoir suivi des études au couvent d’Oxford, il y enseigne 6 ans avant d’être appelé par le pape à Avignon en 1324 car son enseignement aux contenus peu orthodoxes commence à inquiéter. Il y rencontre Maître Eckhart, convoqué pour les mêmes motifs, qui sera condamné pour hérésie alors que lui-même échappe finalement à toute sanction. L’ordre franciscain auquel il appartient faisant l’objet d’attaques, il prend part aux querelles, notamment avec l’ordre dominicain, et prend ses distances avec les pratiques de la papauté, qui finira par l’excommunier en 1330.

Commence alors une vie d’exil en Allemagne, d’où il publie une série de pamphlets contre le pouvoir politique de l’Église et en particulier, contre les arguties d’une théologie conduisant à s’écarter des vœux de pauvreté. Le christianisme professe pourtant officiellement ces vœux et tente de légitimer ses interventions dans le domaine politique, que d’Occam estime devoir être indépendant du domaine spirituel.

Soutenu jusqu’au bout par Louis de Bavière, lui-même excommunié, Guillaume d’Occam meurt à Munich pendant une épidémie de peste noire.

Sa pensée

Opposé au thomisme, Guillaume d’Occam ne considère pas que la raison puisse remonter vers Dieu par ses propres moyens, ni même qu’elle puisse atteindre, en fait, la réalité ultime de toute chose comme le pense la métaphysique.

Logicien redoutable et critique à l’égard de ce qu’il juge être des dérives scolastiques dans l’utilisation du langage, il remet en cause la réalité même de ce qui est désigné par la pensée, au moyen de concepts généraux et abstraits (« universaux ») ; nominaliste, il considère en effet que les dénominations ont une tendance à se faire passer pour ce qu’elles ne sont pas et à faire passer des réalités seulement possibles, du point de vue intellectuel, pour des réalités en soi, autonomes.

Occam est à l’origine d’un principe devenu célèbre dans le domaine de la connaissance : le rasoir d'Ockham. Il consiste à ne pas expliquer les faits en y ajoutant des hypothèses ; la raison doit commencer par essayer d’en limiter le nombre. S’il lui faut néanmoins en produire de nouvelles, elle se doit de préférer celle qui offre la plus grande économie du point de vue épistémologique — par exemple du fait de sa compatibilité avec les autres hypothèses admises habituellement, ou bien parce qu’elle ne conduit pas à complexifier le réel qu’elle est supposée éclairer et rendre intelligible.

Les conséquences de ce principe sont essentielles pour la théologie : il conduit par exemple à refuser les démonstrations habituellement effectuées de l’existence de Dieu à partir de ses effets supposés dans le monde ; cela amènerait en effet à poser une entité supplémentaire et invisible, donc inconnaissable en plus d’être inutile rationnellement, afin de rendre compte de ce qui est déjà un problème en soi pour la raison : l’existence de quelque chose — le monde — plutôt que rien.

Plus radical encore que Thomas d’Aquin, Guillaume d’Occam non seulement ne croit pas en une théologie rationnelle, mais il refuse toute interaction entre raison et foi, qui ne pourrait aboutir qu’à une métaphysique piégée par son utilisation déraisonnable du langage. Puisque les concepts produits à l’occasion du raisonnement ne disposent pas d’une réalité séparée, indépendamment de l’esprit qui les a produits (comme le voudraient les partisans d’un réalisme d’inspiration platonicienne), la valeur d’un concept ne tient pas à sa capacité à atteindre une quelconque réalité hors de lui. Au contraire, puisqu’il désigne une représentation intellectuelle, la valeur du concept tient à sa capacité à devenir l’objet d’une convention entre les hommes, sans que cette dernière ne soit alors investie d’une valeur absolue. Cette doctrine « terministe » ou « nominaliste », qui s’en tient à la valeur purement conventionnelle des « termes » avec lesquels toute pensée est condamnée à travailler, sera vivement condamnée par l’Église ; elle y verra une hérésie, de même qu’un danger pour son pouvoir temporel, que d’Occam critiquera par ailleurs.

« Il ne faut pas multiplier [les idées] sans nécessité. »


Œuvres principales

Guillaume d’Occam
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