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Malebranche Nicolas - Exclusivité numérique
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Biographie


Malebranche Nicolas





Nicolas Malebranche
1638-1715

Nicolas Malebranche

Sa vie

Né en 1638 d’un père trésorier de Richelieu et conseiller du roi, Nicolas Malebranche grandit à Paris. Il étudie la philosophie au collège des Marches de 1654 à 1656, puis la théologie à la Sorbonne. Aussitôt après la fin de ses études, il choisit de vivre dans la retraite. À cette fin, il entre à l’Oratoire du faubourg Saint-Honoré, où il passe sa vie entière, jusqu’à sa mort en 1715. Depuis l’enfance, il souffre d’une santé fragile, ce qui explique son retrait du monde. Il ne quitte l’Oratoire qu’en de rares occasions, pour des voyages. Il est ordonné prêtre en 1664 ; c’est aussi l’année où il lit le Traité de l’homme de Descartes. Cette lecture le décide à devenir philosophe. Dix ans plus tard, il publie La Recherche de la vérité, qui est rééditée plusieurs fois de son vivant, jusqu’à sa version complète en 1712.

En 1699, Malebranche devient, en qualité de physicien et de mathématicien, membre de l’Académie des sciences. Il y présente un mémoire sur la lumière et les couleurs, dans lequel il s’oppose à la théorie de Descartes sur la nature de la lumière. Malebranche consacre beaucoup de temps à répondre à ses adversaires de pensée, notamment au janséniste Arnauld, mais aussi à Bossuet et Fénelon. Arnauld et Malebranche débattent notamment sur la question de la grâce : Arnauld défend la théorie de la grâce efficace (dont l’effet est celui que Dieu a voulu), Malebranche, celle de la grâce suffisante (grâce qui nécessite le concours de l’individu).

On le dit solitaire, silencieux et méditatif, mais Malebranche est passionné dès lors qu’il s’agit de montrer aux esprits que ceux-ci sont unis à la Raison universelle. Il meurt à l’Oratoire à l’âge de 77 ans.

Sa pensée

Dans la lignée de Descartes, Malebranche recherche la vérité, mais il met davantage l’accent sur l’usage que nous devons faire de notre esprit. L’homme tire sa lumière non pas de lui-même, mais de Dieu, qui est la Raison universelle.

Malebranche théorise ainsi la vision en Dieu : nous ne voyons les choses extérieures que par l’idée de ces choses et cette idée nous vient de Dieu. Ainsi que l’explique Malebranche dans le Xe éclaircissement de la Recherche de la vérité, il n’y a rien en nous d’« immuable » ni de « nécessaire » et pourtant, les idées des choses le sont. Il faut donc que chacun d’entre nous « consulte » une « raison », la « Raison universelle », c’est-à-dire Dieu, pour avoir une idée des choses.

Les objets matériels sont eux-mêmes invisibles : ce sont les idées de ces objets qui nous les rendent visibles. Dans les Entretiens sur la métaphysique et sur la religion, il affirme que les idées sont des êtres réels : l’homme ne peut les produire. Il soutient que les causes naturelles et occasionnelles ne sont pas efficaces, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas directement des causes, à la différence de Dieu qui est cause efficace. Il nous met aussi en garde quant à la confusion entre les « idées » et nos « sentiments » : ce n’est pas en « sentant » les choses que nous pouvons les connaître ; la lumière ne nous vient pas de l’intérieur. Par opposition à Descartes, Malebranche soutient que la conscience de soi n’est pas une connaissance immédiate de soi. Je ne peux pas me connaître moi-même car je ne peux pas avoir d’idée de mon âme. L’âme est, selon Malebranche, naturellement unie à Dieu, et non au corps. C’est pourquoi les sens ne peuvent nous amener à la connaissance.

Dans la philosophie de Malebranche, le péché originel et la chute ont une place significative, car c’est en raison de la chute que nous avons oublié le lien qui nous unissait à Dieu. C’est la chute qui a détourné l’âme de Dieu ; c’est de là que nous vient notre inclination à l’erreur. Après la chute, l’âme s’est mise à aimer de plus en plus le sensible (et le corps) au détriment de l’amour de Dieu. Elle finit par ne plus pouvoir penser que par images, et par imaginer qu’elle est elle-même un corps. Elle croit aussi que ce sont des objets extérieurs qui provoquent les mouvements de l’âme. Malebranche, lui, propose une théorie de l’union de l’âme au corps par les causes occasionnelles : il s’agit de soutenir que Dieu seul est cause efficace.

« L’homme n’est point à lui-même sa propre lumière. »


Œuvres principales

Œuvres de Malebranche
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