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Montaigne (de) Michel - Exclusivité numérique
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Biographie


Michel de Montaigne





Michel de Montaigne
1533 - 1592

Michel de Montaigne

Sa vie

Michel de Montaigne naît dans une famille de noblesse récente ; il reçoit dans sa jeunesse une éducation humaniste par la volonté de son père : ses précepteurs et les domestiques ne doivent lui parler qu’en latin. Il fait ses études au Collège de Guyenne à Bordeaux, puis aurait fait des études de droit à Toulouse ou à Paris. Il entre ensuite au Parlement de Périgueux, où il fait la rencontre d’Étienne de la Boëtie, avec lequel il se lie d’une très forte amitié. Sa mort, en 1563, affectera profondément Montaigne. Il entre au Parlement de Bordeaux en 1556.

Après avoir hérité de son père en 1568, il cesse son activité parlementaire dès l’âge de 37 ans. En 1571, il est nommé gentilhomme de la Chambre du Roi et joue le rôle de médiateur entre le roi de France et le roi de Navarre. Mais en dehors de ces activités, il mène une vie retirée sur ses terres, où il se consacre à l’étude et à l’écriture dans sa bibliothèque privée. Il entreprend un voyage en Italie en 1580, d’abord motivé par des raisons de santé (maladie rénale) et passe alors par l’Allemagne, la Suisse et Venise. Ce voyage est relaté dans le Journal de voyage en Italie, retrouvé à la fin du XVIIIe siècle. Alors qu’il se trouve encore à l’étranger, Montaigne apprend sa nomination comme maire de Bordeaux ; il accepte la charge sans enthousiasme, suite à l’insistance du pouvoir royal. Alors que le pays est marqué par les guerres de religion, il s’efforce de favoriser la paix. Il restera fidèle à l’Église catholique, malgré la conversion au protestantisme de certains de ses proches.

Sa principale œuvre est constituée par les Essais, genre littéraire qu’il invente, entrepris dès 1572 et qui l'occupe jusqu’à sa mort. L’édition de référence est celle de Fortunat Strowski et Pierre Villey, qui distingue les strates successives du texte (version de 1580, version de 1588, et ajouts manuscrits à la dernière édition). L’édition établie de manière posthume par la fille adoptive de Montaigne en 1595 est également utilisée.

Sa pensée

Les Essais, rédigés en français, et non en latin, constituent une œuvre unique en son genre : ils se présentent comme une succession de chapitres rédigés sans ordre systématique, mais au gré de la réflexion personnelle de leur auteur.

Le but est pour lui de « se peindre » lui-même, mais il serait vain de vouloir tracer un portrait stable et définitif : il n’y a pas d’unité figée de la personne, le sujet est la somme de divers « moi », existant diversement selon les moments du temps. L’écriture des Essais se veut conforme à cette idée. L’œuvre est émaillée d’un nombre considérable de citations, mais ne s’assimile jamais à une simple compilation : si Montaigne partage l’idéal humaniste d’une connaissance des auteurs anciens, il fait preuve de défiance à l’égard de tout savoir imposé par autorité. L’histoire montre que la raison humaine a pu se tromper : il faut donc rester prudent et se tenir prêt à réviser ses positions et ses certitudes (II, 12).

Montaigne développe donc une méthode pyrrhonienne (sceptique) : il y a une inconstance fondamentale des hommes dans leurs convictions, leurs principes d’action, leurs connaissances, mais cette inconstance est une invitation à pratiquer le jugement, à examiner de manière critique l’expérience, l’histoire et les œuvres des auteurs antérieurs. Ainsi, Montaigne refuse de se définir comme sceptique, stoïcien ou épicurien, mais peut être tout cela tour à tour. C’est à travers ce jugement critique qui ne se cantonne jamais à une position figée que se dessine le caractère éminemment personnel de l’œuvre.

Ce scepticisme se double d’un relativisme : l’expérience nous enseigne l’extrême diversité des mœurs et des coutumes. Or, la confrontation aux autres cultures doit nous conduire à relativiser nos jugements, et comprendre que ce qui peut nous paraître étrange, voire barbare, trouve son sens dans le contexte qui est le sien.

Il convient donc, contrairement à une certaine tendance philosophique, de ne pas universaliser la raison, la vérité ou la justice, mais il reste possible de comparer, examiner et juger ce qui est relatif. Ainsi, Montaigne dénonce les massacres commis par les Européens dans le Nouveau Monde. L’exercice du jugement ne consiste pas dans l’application de normes absolues et universelles, mais dans la capacité à ne pas rester prisonnier de la coutume : le jugement personnel consiste dans cette pratique constamment répétée d’évaluation des opinions. Cette incertitude concerne également les croyances et débouche, sur le plan pratique, sur une certaine tolérance ; par exemple, Montaigne condamne la persécution des sorcières. La vérité ne se possède pas, mais le sujet doit constamment « s’essayer », c’est‑à‑dire éprouver, au contact de l’histoire et de l’altérité, ce qu’il prend pour des évidences et des certitudes.

« Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. »


Œuvres principales

Œuvres principales de Michel de Montaigne
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