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Bentham Jeremy - Exclusivité numérique
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Biographie


Jeremy Bentham





Jeremy Bentham
1748 - 1832


Sa vie

Bentham naît en 1748 dans une famille londonienne riche et cultivée. C’est un enfant prodige, qui étudie le latin dès l’âge de trois ans et joue des sonates pour violon de Händel à sept. En 1760, il entame des études au Queen’s College d’Oxford, qu’il achève en 1766. Il se prépare à embrasser la profession d’avocat, mais renonce rapidement à cette carrière, rebuté par la complexité du système juridique anglais qu’il appelle le « démon de la chicane ».

Entre 1785 et 1788, il voyage à travers toute l’Europe, jusqu’en Russie, où son frère travaille pour Catherine II. En 1792, il hérite de la fortune de son père, ce qui lui permet de vivre confortablement jusqu’à sa mort. Accueillant favorablement la Révolution française, il séjourne et travaille en France dont il parle la langue depuis l’âge de 7 ans, et est même déclaré citoyen français en 1792. Il publie un certain nombre de ses ouvrages d’abord en français.

Il travaille durant de longues années au projet d’un nouveau type d’établissement pénitentiaire, le « panopticon » (panoptique) : l’idée est de construire un bâtiment circulaire central permettant à un minimum d’employés de la prison de surveiller un maximum de détenus. Mais malgré la persévérance de Bentham et de multiples tentatives, ce projet ne verra jamais le jour, même si on lui reconnaît une importante influence dans les décennies suivantes sur la conception des prisons et des hôpitaux psychiatriques (voir Michel Foucault dans Surveiller et punir).

Tout au long de sa vie, Bentham s’est efforcé, à travers ses œuvres et son activité publique, d’influencer les institutions britanniques dans le sens du radicalisme et du libéralisme. Conformément aux instructions données de son vivant, son corps a été disséqué après sa mort, puis momifié et exposé, avec ses vêtements usuels, à l'University College of London.

Sa pensée

Suite à son expérience de juriste, Bentham nourrit l’ambition de refonder les principes fondamentaux – juridiques et politiques – de la société, non pas sur la coutume ou la tradition, mais sur un principe rationnel, permettant d’éviter l’arbitraire et l’inefficacité. À la suite de l’éthique d’Helvétius, il identifie ce principe dans la notion d’utilité, à partir de laquelle il forge le terme d’Utilitarisme dès 1781.

Le principe d’utilité repose sur l’idée selon laquelle les individus agissent en fonction de la considération et du calcul de leur intérêt, entendu comme recherche d’une maximisation du plaisir et d’une minimisation de la souffrance. Ce principe est étendu à la société en général : les institutions politiques et le gouvernement doivent veiller à la maximisation du plaisir et à la minimisation de la souffrance de tous afin d’assurer le bonheur collectif. Pour ce faire, il est besoin de disposer d’un outil permettant d’évaluer objectivement et quantitativement le plaisir et la peine impliqués par une action. Cette démarche d’objectivation du comportement des individus, que le philosophe développe en référence au fonctionnement économique du marché (de même que l’on attribue un prix à chaque marchandise, on attribue une valeur à chaque action en fonction de la quantité de plaisir et de souffrance qu’elle implique), a fait voir en Bentham l’un des précurseurs des sciences humaines et sociales.

Il élabore ainsi un système de critères permettant de comparer les plaisirs (la durée, l’intensité, etc.). Il convient également d’évaluer les caractéristiques de l’individu qui peuvent lui faire préférer tel ou tel plaisir (âge, sexe, profession, contexte social et politique, etc.). Le rôle de l’État est de convertir en termes légaux ce principe d’utilité.

L’originalité de Bentham vient aussi de son progressisme sur un certain nombre de questions : protection et garantie des libertés individuelles (même s’il rejette la doctrine du droit naturel), liberté d’expression, prise en compte du bien‑être animal, égalité des sexes, décriminalisation de l’homosexualité etc. L’utilitarisme de Bentham a notamment été repris et nuancé par John Stuart Mill.

« La nature a placé l’humanité sous l’égide de deux maîtres souverains, la peine et le plaisir. »


Œuvres principales

Œuvres principales Jeremy Bentham
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