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Mauss Marcel - Exclusivité numérique
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Biographie


Marcel Mauss





Marcel Mauss
1872 - 1950

Marcel Mauss

Sa vie

Marcel Mauss est né à Épinal dans les Vosges. Sa mère n’est autre que la sœur du grand fondateur de la sociologie française Émile Durkheim. Son oncle a joué un rôle majeur dans sa formation intellectuelle, même si Mauss portera ensuite un regard critique sur son travail. Il fait des études de philosophie et obtient l’agrégation avant de rejoindre l’École Pratique des Hautes Études à Paris. Il y apprend plusieurs langues anciennes et rares telles que le sanskrit, l’hébreu ancien ou le pâli. Il étudie les sciences religieuses et réalise quelques voyages pour observer les pratiques et recueillir des documents authentiques. Il a pour objectif de rédiger une thèse sur la prière, mais ne mènera jamais à terme ce projet. Cela ne l’empêchera pas d’être reconnu comme spécialiste et d’enseigner l’anthropologie des religions non occidentales.

Durant ses années de formation et d’enseignement, Marcel Mauss se lie d’amitié avec ceux qui deviendront les grands noms de l’anthropologie et de l’ethnologie française. Il contribue à l’acquisition des lettres de noblesse de ces disciplines, notamment par la fondation de l’Institut d’Ethnologie de Paris en 1925 et par les cours qu'il donne au Collège de France entre 1931 et 1942.

Sur le plan politique, Mauss est très engagé à gauche, aux côtés de Jean Jaurès. Il prend par exemple la défense du Capitaine Dreyfus lorsque l’affaire éclate. L’Occupation nazie de 1940 a pour effet de l’écarter de la scène intellectuelle, sur laquelle il ne reviendra plus avant son décès, à Paris en 1950.

Sa pensée

Mauss n’a jamais publié de livre mais il a collaboré à la rédaction de nombreux ouvrages et surtout, il a rédigé une multitude d’articles et d’essais portant sur divers domaines, proposant aussi bien des réflexions théoriques sur la discipline que des analyses de cas précis.

D’abord sur le plan méthodologique, nous devons à Mauss un renouvellement de l’approche ; il montre qu’un fait social est toujours total car il engage à la fois tous les individus composant le groupe et il recouvre différents aspects inextricables : un même fait s’explique en même temps par une logique économique, des traditions, des valeurs, des croyances, des techniques du corps, etc. Cet enchevêtrement est le plus souvent inconscient et c’est à l’anthropologue de le révéler, non pas en lui imposant une grille de lecture extérieure, forcément réductrice, mais en observant le plus attentivement et le plus largement possible le fait considéré et ses implications.

L’Essai sur le don constitue peut-être le meilleur exemple d’application de la méthode. En s’appuyant en particulier sur le phénomène du potlatch dans les tribus amérindiennes et sur le rite du kula dans l’archipel pacifique Trobriand, Mauss montre que tout don engage obligatoirement celui qui reçoit le présent à un contre-don. On ne peut se contenter d’expliquer le phénomène sur un plan économique, parce que l’argent doit nécessairement circuler : le don et le contre-don sont les garants du lien social, ils obligent les individus à se rencontrer périodiquement pour procéder à l’échange. Il s’agit à travers cet acte d’obtenir également une reconnaissance sociale en même temps qu’une soumission : le contre-don s’impose alors pour se libérer de la dette. De plus, le cadeau est associé à un esprit qui doit impérativement circuler entre les individus pour ne pas causer de tort ; l’échange s’explique donc aussi par des croyances et superstitions.

« Il n'existe pas de peuples non civilisés. Il n'existe que des peuples de civilisations différentes. »


Œuvres principales

Œuvres de Mauss
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