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Sextus Empiricus - Exclusivité numérique
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Biographie






Sextus Empiricus
IIIe s. apr. J.-C.


Sa vie

On connaît très peu de choses de la vie de Sextus Empiricus. Il serait né à Mytilène et aurait vécu au IIIe siècle apr J.-C. Il tirerait son nom « Empiricus » de sa pratique médicale à partir de l’expérience du malade.

Il est également connu comme la source écrite la plus importante du scepticisme antique dont le chef de file est Pyrrhon d’Elis.

Sa pensée

Le scepticisme met au point une méthode d’examen (skepsis) qui consiste dans une suspension du jugement. En vertu du principe que rien ne peut être connu avec certitude – puisqu’on peut autant affirmer que nier des thèses à poids égal qui portent sur des phénomènes – il convient seulement de suspendre son jugement (épochè) pour atteindre l’ataraxie, à savoir la tranquillité et la paix de l’âme.

Or, cette méthode d’examen ne concerne pas que la connaissance ou la science des phénomènes du monde, mais elle touche aussi la religion. Comme le scepticisme est une école qui ne peut défendre de thèses, le sceptique est naturellement conduit à suspendre son jugement sur la question de l’existence ou de l'inexistence des dieux. Il est effectivement impossible de connaître avec certitude si les dieux existent ou non. C’est pourquoi le scepticisme semble très proche de l’athéisme, sans toutefois se confondre avec lui, parce que l’athéisme nie l’existence des dieux, ce qui revient à avoir une thèse, alors que le scepticisme n’affirme ni ne nie rien au sujet des dieux (position agnostique). C’est là, nous dit Sextus Empiricus dans Contre les philosophes dogmatiques, toute la différence entre le philosophe sceptique en suspens et le philosophe dogmatique qui affirme ou nie.

Cependant, le traitement sceptique de la religion est original et complexe. En effet, dans les Hypotyposes pyrrhoniennes, Sextus Empiricus n’en défend pas moins la nécessité pour le sceptique d’être pieux. Quand bien même le sceptique reste suspendu quant à la question de savoir si les dieux existent, il continue de respecter les usages, les rites, les cultes qui relèvent de la piété envers les dieux, dans le cadre antique où la piété est une affaire civile et publique. Mais à la différence du philosophe dogmatique qui accomplit les actes pieux parce qu’ils les jugent vrais, ce qui revient encore une fois à affirmer ou nier une thèse ; le sceptique à l’inverse les accomplit sans se prononcer sur leur vérité, mais parce que ces actes de piété sont des us et coutumes conservés et transmis dans la cité. On peut certes se demander si le maintien d’un comportement pieux alors même que l’on suspend son jugement sur cette question des Dieux est véritablement sincère et si une action pieuse a encore un sens si l’on ne croit pas en l’existence des dieux. Et pourtant, il faut bien comprendre de la part des Sceptiques la volonté d’appliquer leur méthode d’examen à la religion, ce qui les amène à dissocier la théorie (thèse sur l’existence des dieux) et la pratique (le comportement pieux) en matière de religion.

Le scepticisme de Sextus Empiricus n’admet qu’une affirmation : nos seules impressions ; sans toutefois prétendre qu’il existe une source de ces impressions, que seraient des noumènes, un réel, ou un système métaphysique. Il ne nie pas, non plus, que de telles sources puissent exister, mais il n’est pas nécessaire de trancher cette incertitude (théorie) pour agir (pratique), il suffit de vivre nos impressions.

« Prenant toujours la vie pour guide, nous affirmons sans dogmatisme que les dieux existent, que nous vénérons les dieux et que nous leur vouons reconnaissance. »


Œuvres principales

Œuvres principales de Sextus Empiricus
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