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Weil Simone - Exclusivité numérique
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Biographie


Simone Weil





Simone Weil
1909 - 1943

Simone Weil

Sa vie

Simone Weil naît à Paris en 1909 dans une famille d’origine juive. Elle obtient son baccalauréat au lycée Victor Duruy à 16 ans avant d’entrer en première supérieure au lycée Henri IV, en 1925. Elle y suit les cours du philosophe Alain, dont l’influence est déterminante tout au long de sa vie.

En 1928, elle intègre l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm avant d’obtenir l’agrégation de philosophie en 1931. Elle est alors nommée professeur de philosophie au lycée du Puy-en-Velay. C’est là que son engagement politique et syndical se consolide. Proche du syndicalisme révolutionnaire, elle milite aux côtés des ouvriers et écrit pour la revue La Révolution prolétarienne. Elle voyage en Allemagne durant l’été 1932, afin de comprendre la montée du nazisme. En 1934, elle fait une demande de congé d’une année « pour études personnelles » dans le but de vivre de l’intérieur la condition ouvrière. Elle entre ainsi comme ouvrière sur presse chez Alsthom (devenu Alstom depuis), avant de travailler à la chaîne à Boulogne-Billancourt, puis comme fraiseuse chez Renault. Cette expérience la marque durablement et enrichit sa réflexion philosophique.

Elle s’engage en 1936 dans la guerre d’Espagne, aux côtés des anarchistes et des révolutionnaires avant de rentrer en France suite à une grave brûlure accidentelle. La dernière partie de sa vie est marquée par un fort sentiment religieux, avant tout chrétien, mais mêlé d’un intérêt pour l’hindouisme, le bouddhisme et les religions de l’Antiquité grecque et égyptienne.

En juin 1940, la famille Weil quitte Paris pour Marseille où ils restent plusieurs mois, participant à la résistance locale, avant de s’embarquer pour New York en mai 1942. Elle y reste quelques mois seulement, avant de rejoindre l’Angleterre, pour se rapprocher des combats. Elle travaille dans les services de la France libre, comme rédactrice. Atteinte de la tuberculose, elle est transférée au sanatorium d’Ashford, où elle meurt d’une défaillance cardiaque le 24 août 1943, à l’âge de 34 ans.

Sa pensée

L’unité de sa réflexion tient sans doute à l’exigence constante de la vérité qui l’anime : « J’aimais mieux mourir que vivre sans la vérité ». Sa réflexion philosophique est d’abord indissociable de son engagement social et politique et de la prise de conscience du malheur de la condition ouvrière. Fortement inspirée par la pensée marxiste, Simone Weil analyse les causes de l’oppression, à l’usine notamment, et dans la société capitaliste en général. Mais elle prend ses distances avec certaines des thèses de Marx, notamment la nécessité de mettre un terme à la propriété privée des moyens de production pour émanciper les travailleurs, au profit d’un examen des nouvelles formes de l’oppression, qui passe notamment par la bureaucratisation toujours plus grande de la société ou encore par les nouvelles formes d’organisations du travail, notamment le taylorisme. Afin de redonner sa dignité d’homme à l’ouvrier, vrai esclave de l’usine, il faut alors réfléchir à une véritable révolution de l’organisation du travail et de la société.

Le deuxième aspect de son œuvre tient à l’influence de la philosophie et de la littérature grecques sur sa réflexion. Simone Weil ne cesse toute sa vie de traduire et de commenter les textes grecs, principalement ceux de Platon, mais aussi ceux d’Eschyle, Sophocle ou Saint Jean.

A partir de 1938 et de ses premières expériences mystiques, cet intérêt pour la pensée grecque se mêle à une mystique chrétienne. Ainsi, les concepts de médiation et d’harmonie, qu’elle emprunte à Platon et Pythagore, jouent un rôle fondamental dans sa pensée Elle travaille également sur les autres religions de l’Antiquité grecque et égyptienne, sur l’hindouisme ou le bouddhisme – mais elle garde pour le judaïsme une véritable hostilité. Dans l’Attente de Dieu, elle fait ainsi de l’amour, et avant tout de l’amour de Dieu, la réponse au malheur de la condition humaine. Elle met également en avant le concept d’attention, effort intellectuel nécessaire pour atteindre la vérité.

Sa dernière œuvre, publiée de façon posthume, L’Enracinement, articule une réflexion religieuse et politique en tentant de proposer une nouvelle déclaration des droits de l’homme, qui s’appuierait notamment sur les « besoins de l’âme », besoins vitaux comme la liberté, la sécurité ou la vérité, sur lesquels se fonderaient nos obligations envers les hommes.

« Le malheur des autres est entré dans ma chair et dans mon âme. »


Œuvres principales

Œuvres de Simone Weil
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