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Game of Thrones, David Benioff et Daniel Brett Weiss
P.340-341

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L’art du détour


La justice ne s’impose‑t‑elle que par la force ?





La justice est une vertu. En ce sens, elle est une qualité morale qui se définit sans référence à l’exercice de la force. Cependant, la justice est aussi une institution qui a besoin du recours à la violence pour imposer un ordre. Au sein de la notion de justice, subsiste donc un paradoxe entre la légitimité de la décision et le nécessaire recours à la force pour rendre concrets les droits et les devoirs. Quels rapports la justice et la force entretiennent‑elles ? Cette question traverse le texte de Pascal ci‑dessous et la série Game of Thrones. Cette série, dont l’enjeu principal est le pouvoir, est ponctuée de questionnements quant à la difficulté et à l’intérêt de mettre en œuvre la justice comme vertu.

 Il est juste que ce qui est juste soit suivi, il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi. La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants ; la force sans justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et, pour cela, faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste.

 La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Ainsi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice et a dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était juste. Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste.

Blaise Pascal, Pensées, 1670.

Game of Thrones, David Benioff et Daniel Brett Weiss, 2011-2019


Affiche Game of Thrones


La série Game of Thrones, « le Trône de fer » en français, est une série en 8 saisons adaptée des romans de George R. R. Martin. Elle repose sur trois lignes narratives qui s’entremêlent au fil des saisons et des épisodes.

Le premier axe narratif est l’histoire de Jon Snow. Il veut contenir la menace que représentent des créatures mythiques, l’armée des morts, qui menacent le royaume des sept couronnes défendu par un mur et une garnison.

Le deuxième axe narratif est la quête de Daenerys Targaryen. Elle est la dernière héritière légitime du royaume des sept couronnes et souhaite reprendre le pouvoir que son père, le roi fou, a perdu.

Le troisième axe narratif est la lutte pour le pouvoir et la survie de différentes familles qui s’opposent ou s’allient pour augmenter leur emprise et leurs possessions, dans l’espoir de conquérir le trône de fer.

La série repose sur une logique de coalitions et de guerres. Elle pose la question des objectifs prioritaires : défendre des valeurs ou des intérêts, rendre justice ou soumettre par la force, sauver tous les royaumes d’une menace universelle ou profiter de cette menace pour asseoir le pouvoir d’un clan.

Game of Thrones, mort de Joffrey

S’inspirant d’un système féodal, proche du Moyen Âge, la série pose la question de la justice sans la représenter. La quasi‑absence de magistrats et de tribunaux laisse un vide occupé par le désir de vengeance. Le roi Joffrey fait les frais d’une vengeance espérée par les spectateurs, car il est emblématique d’un pouvoir tyrannique : vicieux et manipulateur, il parvient à s’installer sur le trône et profite de son statut pour humilier son entourage.

La vengeance peut‑elle tenir lieu de justice ?
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Game of Thrones, adoubement de Brienne Loras

Pour chaque personnage, deux valeurs tiennent lieu de justice : l’obéissance et la loyauté aux pouvoirs tutélaires des royaumes, par ailleurs en conflit. Faisant preuve d’honneur et de courage, Brienne de Torth sera adoubée. Elle est présentée comme la première femme à accéder au statut de chevalier par son mérite.

La justice sociale est‑elle une reconnaissance du mérite ?
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Game of Thrones, la crucifixion à Meereen

La reine Daenerys s’installe, avec son armée, dans la ville de Meereen qu’elle a conquise. Elle libère les esclaves et fait mettre en croix les habitants qui pratiquent l’infanticide. Elle pense ainsi être appréciée pour les valeurs de justice et de bien commun qu’elle incarne, mais elle lève contre elle une forte protestation car elle néglige les usages de la ville et tente d’imposer une normalisation de la justice.

La définition de la justice dépend‑elle des traditions ?
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Game of Thrones, marche de la honte de Cersei

La reine Cersei laisse s’installer dans sa cité un puissant ordre religieux dirigé par le Grand Moineau. Ce dernier prêche et rend la justice divine, mais la reine est reconnue coupable d’adultère. Elle doit alors elle‑même subir une sanction exemplaire : la marche de la honte. Elle parcourt les rues, sous les huées et les crachats de la foule, nue et couverte d’immondices.

La justice vise‑t‑elle à humilier ou à éduquer le coupable ?
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Game of Thrones, discussion entre Tyrion et Daenerys

Tyrion Lannister devient, au fil des saisons, le conseiller influent de la puissante Daenerys Targaryen. Cette dernière veut conquérir Port‑Réal par la force puisqu’elle dispose de deux dragons qui lui donnent une puissance inégalable.

Tyrion lui conseille d’incarner la justice plutôt que de répandre la terreur. Elle suit ses conseils, mais le lui reproche ensuite, lorsqu’elle échoue à prendre deux places fortes.

Ne se conduit‑on avec justice que par intérêt ?
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