Chargement de l'audio en cours
Plus

Plus

La dissertation
P.416-420

Mode édition
Ajouter

Ajouter

Terminer

Terminer

Méthode
4 heures


La dissertation





Présentation de l'épreuve



Une dissertation philosophique est un exercice scolaire qui consiste à enchaîner des raisonnements logiques ; ce n’est pas un exercice littéraire stylistique ou rhétorique. Elle permet d’exprimer sa réflexion personnelle, mais à travers des cadres fixes : si le fond est laissé à l’initiative de l’élève, la forme est contrainte. Elle doit prendre la forme d’une pensée argumentée, personnelle et qui mobilise des références culturelles précises.

Objectif

    Travailler rigoureusement à partir d’une question problématisée, c’est‑à‑dire à partir de ce qui fait obstacle à une réponse immédiate.

Compétences attendues :
  • le discernement et la rédaction nuancée ;
  • la cohérence des pensées qui s’enchaînent logiquement ;
  • la connaissance des doctrines et des procédures philosophiques nécessaires pour nourrir sa réflexion ;
  • la capacité à mobiliser sa culture générale pour illustrer le raisonnement et à opérer un retour critique sur sa propre progression.


Qualités requises

  • Rigueur.
  • Méthode.

Outils pour élaborer une dissertation

  • Le cours et la connaissance des courants philosophiques pour comprendre comment une pensée peut se structurer.
  • Les repères au programme.
  • Des exemples issus de différents champs culturels.

Pour s'entraîner à utiliser les repères du programme


Les erreurs à éviter :

Répondre immédiatement à la question.
Répondre positivement ou négativement à la question sans problématiser ou nuancer.
Citer la pensée des philosophes avant de présenter sa pensée argumentée.

Organisation / Gestion de l’épreuve


Étape 1 ● Choisir un sujet
10 minutes

Deux sujets de dissertation sont proposés au baccalauréat, portant sur des notions différentes. Lors du choix du sujet, il est important de comprendre et d’identifier le type de sujet proposé :

Les sujets de type définition

    Ils demandent aux élèves d’élaborer progressivement une définition de plus en plus complète.

Exemples : Qu’est‑ce que le temps ? Comment définir l’État ? Existe‑t‑il une formulation universelle du devoir ?

Point clé : faire progresser la définition par des nuances successives et des précisions.

Pour s'entraîner à analyser un sujet de dissertation



Les sujets comportant une mise en relation

    Ils exigent de critiquer – positivement ou négativement – les liens entre deux notions ou entre une notion et un autre terme.

Exemples : La justice est‑elle un devoir ? L’État est‑il juste ? A‑t‑on un devoir de vérité ?

Point clé : explorer la variété des relations entre deux notions (inclusion, exclusion, causalité, conséquence etc.), ainsi que les définitions des notions.



Les sujets comportant un verbe modal

    Ils exigent de penser sur quel mode la relation se fait entre les termes du sujet : est‑ce le mode du devoir (doit‑on), de la possibilité (peut‑on), du fait (est‑il vrai), etc. ?

Exemples : Doit‑on préférer la vérité à toute autre valeur ? Faut‑il admettre que l’homme est un être de langage ? Peut‑on se passer d’État ? Est‑il vrai que seul le présent existe ?

Point clé : comprendre que la modalité donne au sujet un sens précis. Faire varier cette modalité pendant l’analyse permet de comprendre l’axe précis qui a été fixé.



Les sujets comportant un mot interrogatif

    Ils exigent de restreindre la réflexion à cette interrogation. Se demander « pourquoi » est différent de poser la question des moyens (« comment »).

Exemples : Comment la vérité peut‑elle être établie ? Pourquoi la science cherche‑t‑elle le vrai ? En quel sens peut‑on dire que la justice n’est pas égalitaire ?

Point clé : répondre à ce mot interrogatif tout au long de la copie. Il ne s’agit pas de faire une partie sur ce mot interrogatif et les autres sur d’autres questions.


Les erreurs à éviter :

Choisir un sujet en apparence trop simple : dans ce cas, c’est souvent votre approche qui est trop simple et non le sujet lui‑même. Une réponse trop rapide par « oui » ou par « non » à la question posée peut être le signe que le problème posé n’a pas été compris.
Se détourner d’un sujet difficile : si vous trouvez le sujet diffi cile, cela peut être le signe que vous avez compris la diffi culté qu’il s’agit de soulever et de résoudre. Cela peut donc être un bon choix.
Revenir en arrière après avoir choisi son sujet.

Étape 2 ● Analyser le sujet
30 minutes

Un sujet est une question qui contient un obstacle qu’il faut mettre au jour. Il s’agit de « dévoiler », au sens étymologique du terme, la question pour aboutir au problème qu’elle contient, de repérer et d’expliciter tout ce qui, dans le sujet, fait obstacle à une réponse immédiate. S’il n’y avait pas de problème dans la question, elle ne donnerait pas lieu à disserter.

Pour s'entraîner à analyser un sujet de dissertation


Pour y parvenir, il est important de suivre les étapes préalables à la formulation du problème :

Définir précisément les termes du sujet

    Tous les mots sont importants et, pour chacun, il faut réaliser une étude des sens possibles, des antonymes, des exemples disponibles.


Mettre au jour le(s) présupposé(s) éventuel(s) du sujet

    Le présupposé est une thèse qui doit être admise pour que le sujet se pose.

Exemple : L’objectif de l’État n’est‑il que de se maintenir ?
    Le présupposé est ici que l’un des objectifs de l’État est de se maintenir. Cependant, il est également possible d’interroger la compatibilité entre le présupposé (l’un des objectifs de l’État est de se maintenir) et les réponses possibles à la question (l’objectif de l’État est aussi d’assurer la liberté) : maintenir la liberté ne suppose‑t‑il pas que l’État mette en péril son propre maintien ?


Passer par une variation de l’énoncé

    Changer un terme dans le sujet permet de comprendre quelle est la question précise.

Exemple : L’État est‑il toujours au service de la justice ? n’est pas L’État est‑il au service de la justice ? car l’adverbe toujours ajoute la permanence, et suppose l’absence d’exceptions.

Pour s'entraîner à distinguer pour analyser, analyser pour distinguer



Passer de la Doxa (opinion commune) à la Paradoxa (opposition à la Doxa)

    L’obstacle contenu dans le sujet peut prendre la forme d’un paradoxe.

Exemple : Communément, on pense que… mais il semble qu’il soit aussi possible de dire que…


Utiliser son cours

    Le cours peut faire état d’une controverse ou d’une opposition qui peut également être au cœur de la question posée. Il s’agit cependant d’un recours à ne pas utiliser avant d’avoir épuisé les autres voies.

Étape 3 ● Problématiser
30 minutes

Formuler un problème revient à synthétiser l’enjeu du sujet. Un problème tient souvent au fait de ne pas pouvoir maintenir deux positions contradictoires et de devoir pourtant le faire. Il existe autant de problèmes que de sujets, dont quelques exemples sont fournis ci‑dessous.

Pour s'entraîner à problématiser


Opposition et relation

    Deux choses sont en relation et pourtant elles s’opposent.

Exemple : Le droit du plus fort
    L’opposition réside dans le fait que la force n’est pas le droit et, pourtant, il y a bien une relation entre les deux car le droit a besoin de la force pour être efficient.


Nécessité et impossibilité

    Une chose est nécessaire mais impossible.

Exemple : Mourir est nécessaire, mais je ne peux pas vivre ma propre mort, donc mourir est impossible pour moi.


Réel et idéal

    Une chose appartient soit au réel, soit à une forme idéalisée.

Exemples : La preuve de l’existence de Dieu
    La preuve prétend être en mesure de démontrer la réalité de Dieu, qui est par ailleurs du domaine de l’idéal.


En fait et en droit

    Une chose est en fait quand elle fait partie de la réalité, et en droit lorsque l’on pourrait vouloir qu’elle y soit.

Exemple : La justice sociale est une préoccupation de l’État en droit qui vise à sa réalisation totale. La justice est aussi en fait car elle est pour une part déjà réalisée.


Valeur et sans valeur

    Il s’agit d’établir une échelle des valeurs, donc de fixer une valeur supérieure à une chose par rapport à une autre.

Exemple : Le bonheur vaut‑il qu’on y sacrifie notre raison ?
    Cette question pose un problème de hiérarchie des valeurs. Si nous affirmons que le bonheur vaut plus que la raison, nous avons dû raisonner pour l’affirmer et donc nous infirmons notre propos. Si nous disons que la raison vaut mieux que le bonheur, quelle est la finalité de la raison à partir du moment où elle infirme le bonheur ?

Point clé : les repères au programme peuvent servir à problématiser le sujet.


Pour s'entraîner à utiliser les repères du programme

Étape 4 ● Faire un plan détaillé
30 minutes

Un plan structure le devoir en trois ou quatre parties, qui sont des tentatives pour résoudre le problème dégagé dans la phase précédente. Faire un plan, c’est donc proposer. Il n’existe pas de plan type que l’on pourrait se contenter de reproduire pour traiter efficacement le sujet. Cependant, il existe des modèles de plans à adapter.

Pour s'entraîner à organiser un plan de dissertation


Point clé : le plan progressif ou le plan dialectique doivent être privilégiés, sans oublier une phase de synthèse.


Les erreurs à éviter :

Tomber dans la simplicité d’un plan qui répondrait par « oui » ou « non ».

Étape 5 ● Rédiger
2 heures

Une dissertation doit prendre une forme rigoureuse dont les étapes sont décrites ci‑dessous.

Rédaction de l’introduction

    Amener le sujet en partant d’un exemple directement en lien avec le sujet ou d’une citation rapidement expliquée.
    Énoncer le sujet.
    Exposer le problème contenu dans le sujet en mettant en avant une contradiction, une opposition, ou une alternative dont il faut pourtant maintenir les deux termes.
    Annoncer le plan.


Rédaction de chaque partie du développement

    Annoncer d’abord l’enjeu et la question qui sera traitée.
    Énoncer ensuite la thèse la plus courante, l’opinion commune.
    Dépasser cette thèse pour arriver rapidement à la dimension philosophique de la formulation.

Les erreurs à éviter :

Réciter son cours ou lister des points de vue d’auteurs.
Énoncer des arguments d’autorité, c’est‑à‑dire se contenter de signaler qu’un philosophe a tenu le même propos. Il faut se rappeler que ce n’est pas parce que Platon le dit que c’est vrai, c’est parce que c’est vrai que Platon le dit.


Pour s'entraîner à conceptualiser
    Argumenter son propos en apportant des éléments pour montrer que sa thèse n’est ni absurde, ni contradictoire, ni dangereuse, et qu’elle est au contraire logique, positive, et cohérente. L’argumentation doit être répartie en différents paragraphes, chaque argument correspondant à un paragraphe, en partant de l’argument le plus superfi ciel pour progresser vers le plus subtil. Il est souhaitable de s’appuyer sur un auteur pour construire son argumentation.

Pour s'entraîner à argumenter et comprendre une argumentation


Points clés :
  • s’appuyer sur un point précis développé par un auteur en relation exacte avec son propos ;
  • faire ressortir la pertinence des propos d’un auteur par votre réflexion.
    Illustrer chacun de vos arguments par des exemples. Sans exemple, une idée sera moins convaincante.

Pour s'entraîner à utiliser des exemples : apprendre à illustrer


Point clé : utiliser des exemples qui ont une dimension culturelle (inspirés de la littérature, de l’histoire, de l’art, des sciences, etc.).


Les erreurs à éviter :

Les exemples qui sont des cas particuliers inverses à la règle générale.
Les exemples qui ne sont pas au service d’une idée : ils n’ont aucune valeur pour convaincre.



Rédaction du bilan et de la transition de chaque partie du développement

    Synthétiser les arguments que vous avez établis dans cette partie.
    Montrer qu’un ou plusieurs d’entre eux aboutissent à des conséquences qui ne sont pas tenables ou qui ne le sont pas dans certaines circonstances.

Pour s'entraîner à percevoir et réaliser des transitions


Point clé : cette phase critique est essentielle ; c’est à partir de celle‑ci que l’on peut expliquer qu’une autre question se pose, question qui sera l’enjeu de la partie suivante.



Rédaction de la conclusion

    Résumer de façon synthétique les différentes étapes du raisonnement pour aboutir à la thèse finale et montrer comment ses arguments ont permis de l’élaborer.

Point clé : en philosophie, le correcteur sait bien que cette position finale n’aura probablement rien d’original, ce n’est pas l’enjeu.
    Expliciter l’intérêt philosophique en expliquant en une ou deux lignes en quoi le sujet permet de réfléchir sur un point qui entre en résonance avec la pensée contemporaine ou avec une autre question d’importance.

Les erreurs à éviter :

Poser une question d’ouverture.

Étape 6 ● Se relire en deux temps
20 minutes

Correction de la langue

    Il s’agit de vérifier la syntaxe, les tournures de phrase, le vocabulaire, et l’orthographe.


Cohérence générale de la copie

    Il est important de s’assurer qu’aucun argument (ou un exemple) n’a été oublié, et que les auteurs pertinents ont été cités. En cas d’oubli, un renvoi permet de corriger la composition.

Points clés :
  • faire des phrases courtes et les relier par des conjonctions de coordination ;
  • définir systématiquement les concepts utilisés et faire progresser ces définitions en cours de développement ;
  • éviter les ratures ainsi que les abréviations, la copie doit être entièrement rédigée et aérée (revenez à la ligne après chaque paragraphe).
Utilisation des cookies
En poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres, vous acceptez l'utilisation des cookies permettant le bon fonctionnement du service.
Pour plus d’informations, cliquez ici.