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L’explication de texte
P.421-424

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Méthode
4 heures


L’explication de texte





Présentation de l’épreuve



Une explication de texte est un déploiement : il s’agit de déplier le texte, comme on peut défroisser une boulette de papier pour en consulter le contenu. L’explication de texte consiste avant tout à lire et à repérer la problématisation, la structure argumentaire ainsi que la conceptualisation.

Objectif

    Mettre au jour les concepts reliés par un enchaînement argumenté pour soutenir une thèse.

Compétences attendues :
  • le discernement et l’analyse nuancée ;
  • la connaissance des procédures philosophiques nécessaires pour comprendre la pensée de l’auteur.


Qualités requises

  • Patience : le texte résiste à la première lecture.
  • Rigueur : expliquer, c’est se mettre au service d’une pensée, il s’agit donc de la traiter correctement.

Outils

    Les connaissances sur la notion pour confronter le texte à d’autres pensées philosophiques.

Les erreurs à éviter :

Travestir les propos de l’auteur en récitant son cours ou en exprimant sa propre pensée.
Se laisser duper par l’apparente clarté du texte et passer à côté des problèmes qu’il soulève : s’il était clair dès la première lecture, il ne nécessiterait aucune explication.

Organisation / Gestion de l’épreuve


Étape 1 ● Lire le texte attentivement
10 minutes

  • Objectif de la première lecture : comprendre les notions impliquées dans le texte et son propos général (le thème).
  • Objectif de la deuxième lecture : identifi er le problème qu’il soulève.
  • Objectif de la troisième lecture : rédiger au brouillon une approche grossière de l’argumentation.

Les erreurs à éviter :

Choisir ce sujet si l’on ne parvient pas à identifier et à rédiger grossièrement ces trois éléments, après les trois lectures.
Revenir en arrière après avoir choisi cet exercice.

Étape 2 ● Comprendre le texte
50 minutes

Il convient à cette étape de relire le texte tant qu’il n’est pas parfaitement connu : jusqu’à dix lectures successives peuvent être nécessaires pour entrer en familiarité avec l’argumentation du texte.

Pour s'entraîner à lire en nuances


Une fois que sa structure globale est claire, les étapes suivantes sont :
    Repérer au surligneur toutes les conjonctions de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou les ajouter au crayon soi-même si l’auteur n’en a pas utilisé. Rappel : il s’agit ici de conjonctions logiques et non temporelles.
    Repérer les concepts qu’il faudra définir au cours de la rédaction.
    Identifier les exemples utilisés par l’auteur ou chercher soi-même des exemples et les noter au brouillon s’il n’y en a pas dans le texte.

Pour s'entraîner à commenter les exemples d’un texte
    Décomposer toutes les phrases complexes ou longues en déclarations plus courtes, sans en modifier le sens, pour avoir une idée de l’ensemble des thèses émises et des « briques » de sens.
    Préciser pour chacune de ces déclarations si elles font appel à un repère au programme ou si elles supposent un éclairage par un point de cours.

Étape 3 ● Identifier le problème et la thèse
10 minutes

Un problème n’est pas seulement une question : il s’agit d’une difficulté qui empêche une réponse immédiate et spontanée. La thèse est ce que l’auteur veut que ses lecteurs admettent, ce dont il veut les convaincre. Il s’agit donc de :
    Dégager et formuler au brouillon le problème, en cherchant ce qui empêche une réponse rapide et simple.

Points clés :
  • le problème peut être une distinction entre plusieurs sens d’une même notion, un paradoxe ou un désaccord avec une thèse communément admise ;
  • le problème est souvent difficile à déterminer, mais il s’agit de l’épine dorsale de l’extrait. Il est important et de vérifier que tout le texte semble organisé pour y répondre.
    Formuler au brouillon la thèse que l’auteur défend et chercher une formulation synthétique qui rende compte de tout le texte.

Pour s'entraîner à identifier la thèse centrale d’un texte


Point clé : la thèse correspond à l’idée principale que soutient l’auteur. Il s’agit d’identifier le point de vue que l’auteur souhaite que l’on admette.

Étape 4 (facultative) ● Réaliser un schéma du raisonnement
15 minutes

Le schéma du raisonnement consiste en une transcription graphique de l’extrait proposé, permettant de visualiser le chemin de pensée de l’auteur. Il ne sert pas à expliquer au sens propre, mais à saisir une totalité argumentaire et à vérifier qu’aucune thèse n’a été oubliée. Il permet d’établir le plan d’étude du texte, chaque mouvement du texte étant une branche du schéma. Deux types de mouvements peuvent être observés :
    Le mouvement linéaire (les thèses découlent les unes des autres).
    Le mouvement thématique (les thèses se répondent dans l’extrait).

Pour s'entraîner à schématiser une pensée


Points clés :
  • comme la philosophie procède essentiellement par l’argumentation, le mouvement est généralement linéaire et l’explication le sera aussi ;
  • une fois le diagramme réalisé, vérifier par une lecture que toutes les thèses et explications sont bien dans le diagramme.

Étape 5 ● Rédiger
2 heures 15

Rédaction de l’introduction (d’abord au brouillon)

    Présenter l’auteur et l’œuvre dont est tiré l’extrait proposé.

Exemple : Ce texte de Kant est une réponse à Benjamin Constant concernant un droit de mentir par humanité. Kant est un philosophe des Lumières qui est l’auteur d’une défi nition rigoriste du devoir.

Les erreurs à éviter :

Présenter toute la biographie de l’auteur (quelques mots suffisent) : seuls les éléments de biographie permettant d’éclairer certains aspects du texte sont utiles.

    Présenter le thème en mentionnant la notion au programme qui est concernée et le sujet du texte.

Exemple : Ce texte porte sur les notions de vérité et de devoir. Il traite plus spécifi quement de l’éventuelle légitimité du mensonge.
    Présenter le problème.

Exemple : Le problème étudié dans ce texte est que le mensonge, bien qu’il paraisse parfois nécessaire, est toujours à considérer comme une faute morale.
    Présenter la thèse.

Exemple : Kant affirme dans cet extrait que le devoir de vérité n’est pas relatif aux circonstances, mais s’impose toujours.

Pour s'entraîner à identifier la thèse centrale d’un texte


Points clés :
  • la thèse n’est pas nécessairement l’idée générale du texte ;
  • si la thèse est parfois claire, il convient en général de la clarifier.
    Présenter le plan de l’extrait en indiquant les étapes que suit l’auteur pour démontrer sa thèse ou l’expliquer. Le schéma du raisonnement doit servir à visualiser de manière rapide et synthétique ces étapes.

Exemple : L’auteur explique qu’il existe une première raison de ne pas mentir, l’impératif catégorique, qui nous ordonne de ne pas considérer autrui comme un moyen, plutôt que l’auteur aborde les raisons pour ne pas mentir.

Pour s'entraîner à repérer la construction de l’argumentation


Points clés :
  • il est important de détailler le contenu du plan ;
  • toute nouvelle idée abordée doit correspondre à une nouvelle partie et toute idée confortant une idée précédente doit correspondre à une sous‑partie.



Rédaction de chaque partie du développement

    Rappeler l’idée générale et son lien avec la thèse de l’auteur au début de chaque partie du développement.

Point clé : chaque partie du développement doit correspondre à une partie du texte de l’auteur dans laquelle il argumente une idée.
    Nommer l’étape de l’argumentation qui correspond au passage expliqué.

Exemple : L’auteur réfute, il illustre, il introduit une nuance, il revient sur, il fournit un autre argument, il admet, etc.

Pour s'entraîner à argumenter et comprendre une argumentation


Point clé : les « portions » de texte que l’on explique sont des groupes qui font sens. La longueur de ces segments est donc variable : un mot, quelques mots, une portion de phrase. La moindre infl exion de la signification du texte correspond à une nouvelle portion du texte.
    Expliquer le passage en se posant les questions suivantes (sans les écrire) : qui, quand, comment, dans quel but, jusqu’à quelle limite, et en en livrant les réponses directement.

Exemple : Si l’on explique « La volonté constante de tous les membres de l’État est la volonté générale », les questions peuvent être : Comment s’assurer de la volonté constante de tous les membres de l’État ? Qui est défini comme « membre de l’État » ? Jusqu’à quelle limite peut‑on dire que l’addition des volontés de tous les membres de l’État constitue la volonté générale ?


Explication d’un passage

    Utiliser la connaissance des repères au programme.
    Les repères au programme peuvent aider à éliminer les hypothèses d’interprétation entre deux sens d’une même expression.

Pour s'entraîner à utiliser les repères du programme


Point clé : le sens d’un mot ou d’une expression doit être expliqué dans le contexte. Le fait d’indiquer dans sa copie son hésitation entre deux sens possibles et d’expliquer cette hésitation est valorisé.
    Prêter attention aux nuances.
    Chaque mot a une signification. Il n’y a pas de synonyme en philosophie, donc si un auteur utilise un mot proche d’un autre, il insère très probablement une nuance.

Pour s'entraîner à distinguer pour analyser, analyser pour distinguer


Point clé : le changement de vocabulaire au sein du texte est un indice. Ainsi, si on lit : « Il y a d’ailleurs une différence entre croire et avoir une opinion », cela suppose que l’on fasse une nuance entre la croyance (une ignorance consciente d’elle‑même), et l’opinion (une ignorance non consciente d’elle‑même).
    S’exprimer clairement.
    Il est important d’utiliser une langue simple et claire et de restituer les concepts utilisés, le mouvement de l’argumentation de l’auteur et le lien entre ce qui est expliqué et la problématique de la partie.

Pour s'entraîner à conceptualiser


Point clé : expliquer un concept, c’est en donner la définition et la portée pour le texte.
    Commenter avec prudence.
    L’auteur peut être critiqué mais pas accusé : il s’agit de doser le principe de contestation d’une thèse, ou d’un exemple du texte. Par principe, il vaut mieux considérer que l’auteur a raison. Cependant, il peut être confronté à un autre auteur qui a une thèse différente (mais pas forcément opposée).

Pour s'entraîner à faire une objection à un auteur


Point clé : voir de grandes incohérences dans le propos d’un auteur peut être le signe que le texte n’a pas été compris. Dans ce cas, il faut donc respecter le principe du « jugement le plus favorable envers l’auteur ».
    Faire une transition vers le passage suivant en mettant en avant les inflexions de la pensée et la raison pour laquelle une idée débouche sur une autre.

Pour s'entraîner à percevoir et réaliser des transitions


Point clé : il est nécessaire de traiter tous les passages, sans en traiter un plus qu’un autre. Les exemples dans le texte doivent aussi être traités.


Les erreurs à éviter :

Faire de la paraphrase, c’est‑à‑dire se contenter de répéter le texte sous une autre forme.
Utiliser le texte comme prétexte : éviter de parler brièvement du propos de l’auteur pour disserter sur une notion impliquée dans le texte.
Faire une dissection du texte qui aboutirait à définir tous les mots un par un.


Un mot ou une expression sont pris dans une « horlogerie » générale qui leur donne valeur et portée. C’est cette « horlogerie » qu’il s’agit de mettre en lumière, et en aucun cas le sens d’un mot sorti du contexte : un concept change de sens selon l’auteur qui l’emploie, et parfois même, entre les oeuvres de jeunesse et de maturité d’un même auteur.


Rédaction de la conclusion

    Récapituler les principaux mouvements de l’extrait et en restituer toute la dimension logique, c’est‑à‑dire les liens entre ces mouvements.
    Rappeler l’intérêt philosophique du problème traité.

Point clé : l’intérêt philosophique correspond à la portée du texte (sa dimension sociale, historique) et à son apport (ce qu’il a pu amener à l’époque de sa rédaction et aujourd’hui).

Étape 6 ● Se relire en deux temps
20 minutes

Correction de la langue

    Il s’agit de vérifier la syntaxe, les tournures de phrase, le vocabulaire, et l’orthographe.


Cohérence générale de la copie

    Il est important de s’assurer qu’aucun passage, argument ou un exemple n’a été oublié. En cas d’oubli, un renvoi permet de corriger la composition.
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