Chargement de l'audio en cours
Plus

Plus

3 - Les mots de la poésie et du théâte
P.13-15

Exercices


3 - Les mots de la poésie et du théâte





LE LEXIQUE DE LA POÉSIE

Les vers

Déterminer la longueur d’un vers
Pour déterminer la longueur d’un vers, il faut compter le nombre de syllabes qui le composent.  Je/par/ti/rai./Je/sais/que/tu/m’a/ttends. (Victor Hugo, « Demain dès l’aube »)  Ce vers comporte douze syllabes.
Attention au e en fin de mot.
  • Il est sonore et compte dans la syllabe quand il est entre deux consonnes.
  • Mais il ne compte pas :
    • quand il est devant une autre voyelle ou un h muet
    • à la fin d’un vers, y compris pour les mots qui se terminent par -es ou -ent.
> Heureuse la beauté que le poèt(e) ador(e) ! (Alphonse de Lamartine, « À Elvire »)
Les différents types de vers
  • Les vers les plus utilisés sont les vers pairs, notamment les vers longs.
3 syllabes = trisyllabe 6 syllabes = hexasyllabe 10 syllabes = décasyllabe
5 syllabes = pentasyllabe 8 syllabes = octosyllabe 12 syllabes = alexandrin

Extrait 1 :
Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle. P. Verlaine, « Après trois ans », 1866.
Extrait 2 :
Amour me tue, et si je ne veux dire
Le plaisant mal que ce m’est de mourir :
Tant j’ai grand peur, qu’on veuille secourir
Le mal, par qui doucement je soupire. P. de Ronsard, « Amour me tue, et si je ne veux dire », 1552. 
Extrait 3 :
Chaque coquillage incrusté
Dans la grotte où nous nous aimâmes
A sa particularité. P. Verlaine, « Les coquillages », 1869.

Les strophes

Les strophes les plus courantes sont :
2 vers = le distique 4 vers = le quatrain 8 vers = le huitain
3 vers = le tercet 6 vers = le sizain 10 vers = le dizain

Un rauque grondement monte, roule et grandit.
Tout un monde effrayé rampe sous les arbustes ;
Une souple panthère arque ses reins robustes
Et de l’autre côté du ravin noir bondit.


C.-M. Leconte de Lisle, « Les clairs de lune », Poèmes barbares, 1862

Murs, ville,
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu'une flamme
Toujours suit !

La voix plus haute
Semble un grelot.
D'un nain qui saute
C'est le galop.
Il fuit, s'élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d'un flot.

La rumeur approche.
L'écho la redit.
C'est comme la cloche
D'un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s'écroule,
Et tantôt grandit,

Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !... Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l'escalier profond.
Déjà s'éteint ma lampe,
Et l'ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! - Tenons fermée
Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure !
L'horrible essaim, poussé par l'aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s'abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon !

Prophète ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J'irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles,
Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! - Leur cohorte
S'envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l'on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d'une voix grêle,
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde :
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s'endort,
C'est la vague
Sur le bord ;
C'est la plainte,
Presque éteinte,
D'une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit...
J'écoute : -
Tout fuit,
Tout passe
L'espace
Efface
Le bruit.


Victor Hugo, « Les Djinns » , Les Orientales, 1829

Les rimes

Les rimes vont par deux et sont disposées selon trois combinaisons possibles : Rimes suivies (ou « plates »)
Tu ressembles parfois à ces beaux horizons (A)
Qu’allument les soleils des brumeuses saisons... (A)
Comme tu resplendis, paysage mouillé (B)
Qu’en amment les rayons tombant d’un ciel brouillé ! (B) (Charles Baudelaire, « Ciel brouillé »)
Rimes croisées
Tandis que les crachats rouges de la mitraille (A)
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ; (B)
Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille (A)
Croulent les bataillons en masse dans le feu. (B) (Arthur Rimbaud, « Le mal »)
Rimes embrassées
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, (A)
Assise auprès du feu, dévidant et filant, (B)
Direz, chantant mes vers en vous émerveillant : (B)
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ». (A) (Pierre de Ronsard, « Quand vous serez bien vieille... »)

LE LEXIQUE DU THÉÂTRE

Les chars d’argent et de cuivre
Les proues d’acier et d’argent
Battent l’écume,
Soulèvent les souches des ronces
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l’est,
Vers les piliers de la forêt,
Vers les fûts de la jetée,
Dont l’angle est heurté par des tourbillons de lumière.


A. Rimbaud, « Marines », Illuminations, 1895.

Didascalies et répliques

Dans un texte théâtral, on peut distinguer deux types d'énoncés :
  • les didascalies, parties du texte qui ne sont pas destinées à être prononcées sur scène (indications de changements d’actes et de scènes, indications sur le jeu des acteurs : gestes, ton, etc.).
  • les répliques (prises de parole des personnages), qui sont destinées à être prononcées sur scène.

Les différents types de répliques particulières

  • Une tirade est une réplique longue.
    La tirade ralentit le rythme de l’intrigue ; cela correspond à un moment important où l’attention est centrée sur un personnage qui développe ses pensées.
  • Un monologue est une tirade prononcée par un personnage seul sur scène.
    Au théâtre, le spectateur ne peut connaitre les pensées d’un personnage que si celui-ci les exprime à voix haute.
  • Un aparté est une réplique prononcée « à part »
    (pour qu’elle soit entendue par un personnage mais pas par un autre, ou alors quand elle n’est pas adressée aux autres personnages mais aux spectateurs).
  • La stichomythie est une succession de répliques brèves.
    Elle crée un rythme très rapide, dynamique, qui convient bien aux scènes d’affrontement entre deux personnages.

(Voir Le Cid Acte III scène 4 p.106)

1. Aparté.
2. Liste des personnages.
3. Indications sur le décor.
4. Tirade.
5. Monologue.
6. Indications pour le jeu des acteurs.

NAGG, joignant les mains, fermant les yeux, débit précipité. – Notre Père qui êtes aux... HAMM. – Silence ! En silence ! Un peu de tenue ! Allons-y. (Attitudes de prière. Silence. Se décourageant le premier.) Alors ?
CLOV, rouvrant les yeux. – Je t’en fous ! Et toi ?
HAMM. – Bernique ! (À Nagg.) Et toi ?
NAGG. – Attends. (Un temps. Rouvrant les yeux.) Macache !
HAMM. – Le salaud ! Il n’existe pas !


Samuel Beckett, Fin de partie, 1957.

Garcin, seul. Il va au bronze et le flatte de la main. Il s’assied. Il se relève. Il va à la sonnette et appuie sur le bouton. La sonnette ne sonne pas. Il essaie deux ou trois fois. Mais en vain. Il va alors à la porte et tente de l’ouvrir. Elle résiste. Il appelle.
GARCIN
Garçon ! Garçon !


J.-P. Sarte, Huis clos, 1944.

Extrait 1 :
Percé jusques au fond du cœur
D’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle
Misérable vengeur d’une juste querelle
Et malheureux objet d’une injuste rigueur
Je demeure immobile et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue. P. Corneille, Le Cid, acte I, scène 6, 1637.
Extrait 2 :
Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme... 
En variant le ton, – par exemple, tenez :
Agressif : « moi, monsieur, si j’avais un tel nez,
Il faudrait sur le champ que je me l’amputasse ! »
Amical : « mais il doit tremper dans votre tasse :
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
Descriptif : « C’est un roc ! ... c’est un pic ! ... c’est un cap !
Que dis-je, c’est un cap ? ... C’est une péninsule ! » E. Rostand, Cyrano de Bergerac, 1897.
Extrait 3 :
SOLANGE, hésitant. – Mais...
CLAIRE. – Je dis ! mon tilleul.
SOLANGE. – Mais, Madame...
CLAIRE. – Bien. Continue.
SOLANGE. – Mais, Madame, il est froid.
CLAIRE. – Je le boirai quand même. Donne. J. Genet, Les Bonnes, 1947.
Extrait 4 :
MADAME DE SOTTENVILLE. – Allez, songez à mieux traiter une demoiselle bien née, et prenez garde désormais à ne plus faire de pareilles bévues.
GEORGE DANDIN, à part. – J’enrage de bon cœur d’avoir tort, lorsque j’ai raison. Molière, George Dandin, 1668.
Voir les réponses

Exercice 1

Ai-je bien compris la leçon ?

1
1. Pour mesurer la longueur d’un vers, il faut compter le nombre de lettres qui le composent.







2
2. Le e est toujours prononcé.







3
3. Une strophe de quatre vers s’appelle un quatrain.







4
4. Les rimes embrassées sont de type ABAB.







Voir les réponses

Exercice 2

1
Pour chacun des extraits ci-contre, nommez le type de strophe et de vers utilisés.



Voir les réponses

Exercice 3

1
a) Copiez cette strophe et mettez en majuscule tous les -e qui se prononcent. b) Nommez le type de vers utilisé. c) Quelle disposition de rime est utilisée ?



Voir les réponses

Exercice 4

1
1. De quelle sorte de strophe est-il composé ?



2
2. Observez la longueur des vers de chaque strophe : de quel type de vers chaque strophe est-elle composée ?



3
3. Observez la longueur des vers de chaque strophe : de quel type de vers chaque strophe est-elle composée ?



Voir les réponses

Exercice 5

1
a) Quels sont les différents types de vers qui composent ce poème ? b) Quelle remarque pouvez-vous faire sur les rimes ?



Voir les réponses

Exercice 6

1
Écrivez deux quatrains avec des rimes embrassées, dont le premier vers sera : Tu n’as pas entendu, je voulais te le dire.



Voir les réponses

Exercice 7

Ai-je bien compris la leçon ?

1
1. Une tirade est une réplique courte destinée à accélérer le rythme d’une scène.







2
2. Les didascalies ne sont pas destinées à être prononcées.







3
3. Un aparté est une réplique qui peut s’adresser aux spectateurs.







Voir les réponses

Exercice 8

1
Classez ces types d’énoncés, selon qu’ils sont destinés à être prononcés sur scène ou non.

  • Liste des personnages
  • Monologue
  • Indications sur le décors
  • Aparté
  • Tirade
  • Indications pour le jeu d'acteurs
Prononcés sur scène Non prononcés sur scène


Voir les réponses

Exercice 9

1
a) Relevez les didascalies de ce texte. b) Qui sont les personnages ?



Voir les réponses

Exercice 10

1
a) Quelles sont les paroles prononcées sur scène dans cet extrait ? b) À quoi sert le reste du texte ?



Voir les réponses

Exercice 11

1
Nommez les types de répliques dans les extraits ci-contre.



Voir les réponses

Exercice 12

Écrivez un dialogue comique de dispute entre deux personnages, sous la forme d’une stichomythie.

1
Il devra faire 15 lignes minimum et comporter au moins un aparté.



Utilisation des cookies
En poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres, vous acceptez l'utilisation des cookies permettant le bon fonctionnement du service.
Pour plus d’informations, cliquez ici.