COURS 3


La Res Publica Romana (753 av. J.-C. - 476 apr. J.-C.)





1
Le refus de la Monarchie (753-509 av. J.-C.)

Des rois légendaires. D’après les légendes romaines, la cité de Rome aurait été fondée en 753 av. J.-C. par Romulus, qui lui donne son nom et en devient le premier roi. Six autres rois légendaires se seraient ensuite succédé à sa tête jusqu’à ce qu’en 509 av. J.-C. une révolution chasse le dernier d’entre eux, Tarquin le Superbe.

L’héritage de la Monarchie : le refus des rois. Les Romains ont peur du retour à la monarchie. Pendant toute la période républicaine, être soupçonné d’aspirer à devenir roi ou tyran est une grave accusation. Cinq siècles plus tard, Jules César le paie de sa vie.



3
L’Empire, un régime hybride (27 av. J.-C. - 476 apr. J.-C.)

Le maintien des institutions républicaines. Après l’assassinat de César, son fils adoptif, Octave, devenu l’empereur Auguste, se présente comme le princeps, le « premier des citoyens » : il n’est ni un roi ni un tyran. Le Sénat continue de siéger et les magistrats sont toujours élus par le peuple (doc. 3). Mais c’est l’empereur qui nomme les sénateurs, propose les lois et désigne des candidats pour les élections.

Un pouvoir dynastique. Peu à peu, Auguste réussit à concentrer tous les pouvoirs entre ses mains et met progressivement en place un nouveau régime, appelé ensuite l’Empire. À sa mort, en 14 apr. J.-C., son fils adoptif Tibère devient empereur. Lorsque la succession de l’empereur n’est pas réglée avant sa mort, de graves guerres civiles peuvent éclater : c’est le cas en 69 apr. J.-C., « l’année des quatre empereurs » où quatre prétendants se battent pour le pouvoir (doc. 4).

Les évolutions du régime. À la fin du IIIe siècle apr. J.-C., face à la difficulté de gouverner seul un si grand empire, Dioclétien invente un nouveau système : la tétrarchie, où le pouvoir est divisé entre quatre hommes, deux « Augustes » et deux « Césars ».

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La plus longue République de l’histoire (509-27 av. J.-C.)

Une République oligarchique. Théoriquement, le pouvoir appartient au peuple (populus) qui vote les lois et élit les magistrats (doc. 1 et 2). Il est organisé en classes selon la richesse et l’âge de chacun. En réalité, tous les citoyens ne sont pas égaux : le vote des classes les plus riches compte plus que celui des classes les plus pauvres. Les femmes, les esclaves et les étrangers sont exclus de la citoyenneté romaine. En revanche, les affranchis mâles (esclaves libérés) deviennent immédiatement citoyens.

Des magistrats pour gouverner. Le peuple élit des magistrats pour le représenter et administrer la Res Publica (doc. 1). Les magistratures sont collégiales (plusieurs magistrats partagent les mêmes pouvoirs) et annuelles (ils sont élus pour un an). Les magistrats les plus importants sont les deux consuls.

Le rôle majeur du Sénat. Toutes les décisions sont discutées au Sénat (doc. 3). En sont membres les citoyens les plus riches et les anciens magistrats. Cette assemblée n’a pas de pouvoir de décision mais ses avis sont presque toujours suivis.

En plus de 1 200 ans d’existence, Rome connaît trois régimes politiques différents.
Quelles sont les ruptures et les continuités de l’État romain ?

Vocabulaire

Consuls : les deux consuls, élus pour un an, sont les magistrats les plus importants de Rome. Ils donnent leur nom à l’année en cours.

Empire : écrit avec une majuscule, régime politique mis en place par Auguste dans lequel, malgré le maintien de façade des institutions républicaines, l’empereur exerce seul le pouvoir.

Monarchie : régime politique où le pouvoir est détenu par un roi.

Oligarchie : régime politique où une minorité de citoyens détiennent l’essentiel du pouvoir.

Res Publica : « chose publique » en latin, elle désigne l’État romain, quel que soit le régime politique de Rome.

Les institutions républicaines

1
Les institutions républicaines



Les régimes politiques de Rome évoluent en même temps que son territoire : la cité-État devient la plus grande puissance de la Méditerranée antique.

Voir le cours 4

4
En 69, révoltes et guerres civiles

J’aborde une époque féconde en catastrophes, ensanglantée de combats, déchirée par les séditions, cruelle même durant la paix : quatre princes assassinés, trois guerres civiles […]. Les Gaules chancelantes, la Bretagne entièrement conquise et presque aussitôt délaissée ; les populations des Sarmates1 et des Suèves2 levées contre nous […] et en Italie, des villes détruites ou ensevelies sous leurs ruines, Rome dévastée par le feu, voyant consumer ses temples les plus antiques, le Capitole même brûlé par la main des citoyens.

Tacite, Histoires, 106-109 apr. J.-C.

Repères

Jules César (v. 100-44 av. J.-C.)

Jules César (v. 100-44 av. J.-C.)

Né dans une famille patricienne mineure, Jules César suit un brillant cursus honorum puis montre ses qualités de général en conquérant les Gaules (58-52 av. J.-C.). Après une guerre civile contre son rival Pompée, il détient seul le pouvoir en tant que dictateur (45 av. J.-C.). Mais il est assassiné peu après par des sénateurs. Il n’a jamais été empereur mais tous les empereurs portent après Auguste le titre de « César » en son souvenir.

Décentrement

La naissance de l’Empire chinois (221-206 av. J-C.)

Sous la dynastie Qin, la Chine est unifiée par un pouvoir centralisé. Cette unification est d’abord territoriale : le premier empereur, Qin Shi Huangdi, conquiert les États voisins, impose sa capitale Xianyang et fixe les frontières de l’Empire en construisant la « Grande Muraille » reconstruite régulièrement jusqu’au XVIIe siècle.
La naissance de l’Empire chinois (221-206 av. J-C.)

L’unification de l’Empire passe également par des réformes administratives, juridiques, économiques et culturelles (la pensée dominante est imposée par une répression contre les lettrés). Le règne de cette dynastie est bref, mais il marque le début de l’ère impériale chinoise… qui ne prend fin qu’avec la proclamation de la République en 1912 !

Revers d’une monnaie d’argent, 110 av. J.-C

2
Jour de vote à Rome

La scène représente un vote des comices : à droite, un citoyen est en train de voter en déposant son bulletin dans l’urne. Derrière lui, un autre citoyen reçoit son bulletin de vote d’un assesseur.
Revers d’une monnaie d’argent, 110 av. J.-C.

Arc de Titus, 81 apr. J.-C., Rome

3
Le Sénat et le peuple de Rome (SPQR)

Même pendant la période impériale, les documents officiels et les inscriptions commencent souvent par SPQR pour « S(enatus) P(opulus) Q(ue) R(omanus) », soit, en français, « Le Sénat et le peuple de Rome ».
Arc de Titus, 81 apr. J.-C., Rome.
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