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Histoire-Géographie 1re

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COURS 1


Napoléon III et le jeu des nationalités en Europe (1852‑1870)





2
Le rôle de la France

La France aide les mouvements nationaux. La diplomatie française impériale soutient de nombreux mouvements autonomistes ou indépendantistes. Napoléon III aide les Italiens, les Bulgares, les Serbes, etc. Le soutien français est notamment déterminant dans l’unification des deux principautés roumaines entre 1856 et 1859 (doc. 2).

De nombreuses réussites. Cet engagement permet à Napoléon III de montrer que la France est une grande puissance militaire : en Crimée contre la Russie, en Italie contre l’Autriche. Entre diplomatie secrète et grandes réunions diplomatiques multilatérales, l’empereur affirme la place de la France sur l’échiquier européen. L’organisation du congrès de Paris (1856), présenté comme une correction du congrès de Vienne (1815), lui permet de se poser comme le chef d’orchestre du concert des nations (doc. 3).

2
L’unification de la Roumanie

Theodor Aman, Union des principautés, 1859, huile sur toile, 130 x 97 cm, Metropolitan Museum, Iaşi.

La femme en bleu représente la Valachie, celle en rouge la Roumanie.
Theodor Aman, Union des principautés, 1859, huile sur toile, 130 x 97 cm, Metropolitan Museum, Iaşi.

4
La guerre franco‑prussienne

[Napoléon III] souhaitait empêcher la constitution d’une Allemagne unie. Il pensait qu’il pouvait faire cela, car il ne réalisait pas la force du sentiment national à cette époque […]. Je n’en avais aucun doute : une guerre entre la France et l’Allemagne était nécessaire avant que la construction d’une Allemagne unie ne soit possible. À cette époque, mon souci était de retarder le déclenchement de cette guerre, jusqu’à ce que notre puissance militaire soit augmentée.


Otto von Bismarck, The Man and the Stateman : Reflections and Reminiscences, 1899.

1
En Italie, un rêve d’unité

Princesse italienne, femme de lettres et philosophe, Cristina Belgiojoso soutient la cause de l’unification italienne. Après la répression de la révolution de 1848, elle est exilée et part vivre quelques années en Orient.

J’ai secondé de tout mon pouvoir les nobles efforts tentés par quelques hommes d’élite afin d’éclairer les Italiens de toutes les conditions et de toutes les provinces sur leurs véritables intérêts, et leur donner confiance dans leurs propres forces ; j’ai vu s’allumer leur courage, leur intelligence s’ouvrir, leur résolution se former ; j’ai partagé leurs espérances […]. [Les républicains unitaires] déclaraient que l’Italie ne pouvait se régénérer que par un élan unanime des peuples italiens qui briseraient résolument avec leur passé, pour commencer une existence nouvelle sur ces nouvelles bases : la liberté, l’indépendance et l’unité […].


Cristina Trivulzio Belgiojoso, « L’Italie et la révolution italienne de 1848 », La Revue des Deux Mondes, tome 23, 1848.

Repères

Le comte Walewski (1810-1868)

Le comte Walewski
(1810-1868)

Fils illégitime de Napoléon Ier et de Marie Waleswka, une comtesse polonaise, il fait carrière dans la diplomatie française et devient ministre de Napoléon III jusqu’en 1860. Il y favorise, dans l’ombre de l’empereur, l’appui aux mouvements nationaux de l’Est, particulièrement en Roumanie.

Vocabulaire

Autodétermination : fait de pouvoir choisir (pour un individu, un peuple) sa destinée, notamment décider de son indépendance.

Autonomisme : revendication d’autonomie politique, généralement dirigée contre le pouvoir d’un État central.

Concert des nations : expression renvoyant aux coopérations diplomatiques entre les principaux pays du monde (au XIXe siècle, d’Europe).

État-nation : État composé d’un territoire délimité par des frontières, sur lequel un gouvernement a toute légitimité pour organiser la vie d’une population. Cette dernière partage des traits culturels communs et une volonté de vivre ensemble.

Comment la politique favorisant les nationalités de Napoléon III finit‑elle par se retourner contre lui ?


3
L’échec final de Napoléon III

Des unifications qui dépassent les attentes de la France... Si l’unité des États‑nations se fait grâce à l’appui français, elle ne sert pas toujours le pays. L’unification italienne apporte à la France la Savoie et Nice en 1860. Mais le processus continue et de moins en moins avec l’appui direct de Napoléon III : il s’achève en 1870 après plusieurs guerres.

… et se retournent contre Napoléon III. Alors que Napoléon III avait, par un pacte secret, d’abord soutenu la Prusse contre l’Autriche en 1866, Bismarck se retourne contre lui en 1870 : l’unité allemande se fait par la chute de Napoléon III, la défaite de la France et l’annexion de l’Alsace‑Lorraine (doc. 4).

3
Le congrès de Paris (1856)

Anonyme, Représentants au congrès de Paris, 1856, gravure (coloriée plus tard), 33 x 17 cm, collection milanaise privée.
Anonyme, Représentants au congrès de Paris, 1856, gravure (coloriée plus tard), 33 x 17 cm, collection milanaise privée.

1
Le principe des nationalités

Une idée nationale héritée des périodes révolutionnaires. Napoléon III reprend les acquis de la Révolution française, notamment l’idée du droit des peuples à disposer d’eux‑mêmes, ainsi que l’idéal de liberté. Ces idées sont populaires et diffusées dans le continent européen malgré la répression du Printemps des peuples (doc. 1).

L’héritage de Napoléon Ier. L’empereur s’appuie sur le principe d’autodétermination des peuples et leur aspiration à l’unité, une politique que son oncle avait lui‑même favorisée. Paris accueille les émigrés nationalistes italiens, polonais, croates, roumains, etc. Napoléon III fait un temps du comte Walewski un membre clé de sa diplomatie.

Un argument de politique intérieure. Se poser en défenseur de l’autodétermination des peuples permet à Napoléon III de trouver des appuis populaires et nationalistes en France puis en Europe. Il s’agit donc d’une stratégie diplomatique visant à conforter la puissance de la France et l’autorité de l’empereur.

Prolongement numérique

Napoléon III

En 2008, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Napoléon III, la chaîne de radio France Inter a réalisé une série d’émissions sur cette figure historique souvent méconnue. Deux épisodes de « 2000 ans d’histoire », de Patrice Gélinet, sont consacrés à Napoléon III. Le second numéro met en avant l’analyse d’Éric Anceau, spécialiste de l’époque et biographe de Napoléon III. Il insiste notamment sur les contradictions de la politique impériale : Napoléon III cherche à aider les peuples à obtenir leur autonomie, mais ce faisant renforce des dynasties traditionnellement hostiles à la France.


Le principe des nationalités permet à Napoléon III d’affirmer la place de la France en Europe ; mais les processus d’unification nationale ne sont pas uniquement dus à la diplomatie française.

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