POINT DE PASSAGE 1
DIFFÉRENCIATION



1898 - Fachoda, le choc des impérialismes





2
Choc des puissances et menaces de guerre

[Kitchener] arriva à Fachoda le 19 septembre et reçut M. Marchand [qui l’] informa qu’il était muni d’instructions de son gouvernement d’occuper […] la rive gauche du Nil blanc, jusqu’à Fachoda. Sir Herbert Kitchener répondit qu’il ne pouvait reconnaître l’occupation française, quelle qu’elle soit, d’aucune partie de la vallée du Nil et protesta contre cette occupation par un écrit qu’il laissa entre les mains du capitaine Marchand.

[…] Les ouvertures, assez vagues d’ailleurs, de lord Salisbury1, ne furent relevées que près d’un mois plus tard […]. Pendant ce temps, l’opinion publique, des deux côtés de la Manche, était arrivée au maximum de tension. […] La tâche des conciliateurs était presque impossible. […] Ce n’était pas le conflit que l’on cherchait à Paris, mais l’accord […]. Plus le temps marchait, plus on se heurtait, en Angleterre, aux exigences du parti extrême : l’impérialisme faisait feu de toutes pièces. Ayant son chef dans le gouvernement, il prenait position en vue d’une rupture et agitait le spectre de la guerre […]. Dans l’opinion française, une véritable panique emportait les esprits […]. L’opinion anglaise était en proie à un accès de gallophobie. […] On sait le reste : la décision du gouvernement français de rappeler Marchand.


Gabriel Hanotaux, Le partage de l’Afrique : Fachoda, 1909.

1. Premier ministre britannique.

frise 1898 - Fachoda, le choc des impérialismes

Comment la crise de Fachoda devient‑elle le symbole des tensions impérialistes européennes sur le continent africain ?


3
Les ambitions de la Grande Méchante Angleterre

ambitions coloniales Angleterre, Supplément illustré du Petit Journal,

Le petit chaperon rouge
« – Mère-grand, comme vous avez de grandes dents ! – C’est pour manger ta galette, mon enfant ! »

Gravé sur le bouclier : « Albion » (Angleterre).
Supplément illustré du Petit Journal, 20 novembre 1898.

4
L'Angleterre critiquée par la presse française

Les Anglais, comme des gens rencontrés au coin d’un bois, nous cherchèrent la première querelle venue. Au lieu d’exiger correctement et diplomatiquement ce qu’ils estimaient être leur droit : l’évacuation de Fachoda, ils menacèrent à la cantonade, afin que nul n’en ignorât et que l’Europe fût spectatrice de notre humiliation. Des conversations entamées sur ce ton se terminent invariablement par des coups. […] [Jules Ferry], ce colonisateur hardi et clairvoyant sut prévoir. Et il comprit clairement que l’heure était proche, dans notre histoire, où il nous faudrait reprendre avec l’Angleterre, sur les divers continents coloniaux, la vieille guerre de Cent ans1. […] La nécessité nous obligera bientôt peut‑être à des alliances chèrement payées, à des alliances dont nous n’aurons pas le choix. Pendant que l’Angleterre cherche la guerre […], l’empereur Guillaume manifeste, semble‑t‑il, le désir d’une paix durable.

[…] Mon opinion intime, dit à son tour un recteur d’Université allemande, c’est que la France et l’Allemagne, les deux grandes races germaines, finiront un jour par oublier leurs anciennes rancunes et, grâce à des concessions mutuelles, pourront s’unir pour s’opposer à l’envahissement des races anglo‑saxonnes.


Pierre Jay, « L’alliance de nécessité », Le Salut public, 18 novembre 1989.

1. Guerre opposant la France et l'Angleterre entre 1337 et 1453.

1
La ruée vers l'Afrique

carte La ruée vers l'Afrique

Questions

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Étudier un événement

1. Identifiez les raisons de l’opposition entre la France et l’Angleterre en Afrique. (Doc. 1 et 2)
2. Expliquez la façon dont la presse représente l’incident de Fachoda. (Doc. 3 et 4)

3. Montrez que la rivalité franco‑britannique dépasse le seul enjeu de Fachoda. (Doc. 1, 3 et 4)


Mener une recherche

4. Effectuez l’une des activités suivantes.

Parcours 1
En ligne, renseignez-vous sur l’issue des négociations entre la France et l’Angleterre en 1898. Que se passe‑t‑il en 1904 ?

Parcours 2
En ligne, faites des recherches sur une autre crise diplomatique opposant deux puissances coloniales, comme la crise de Tanger (1905) ou d’Agadir (1911).

La colonisation de l’Afrique est source de tensions entre les puissances européennes. Le Royaume‑Uni a pour projet de relier par voie de chemin de fer Le Caire, en Égypte, au Cap, en Afrique du Sud (axe nord‑sud). La France, de son côté, cherche à relier le port de Dakar au Sénégal à celui de Djibouti en Somalie (axe ouest‑est). Dans ce contexte, la mission sous les ordres du commandant français Marchand et la colonne anglo‑égyptienne de lord Kitchener se rencontrent en septembre 1898 à Fachoda.
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