DOSSIER 1



Les colonies, une bonne affaire pour la métropole ?





Dans le contexte d’une « grande dépression » économique entre 1873 et 1898, l’expansion coloniale est envisagée comme un élément contribuant à la puissance économique de la métropole. Un échange inégal entre des colonies pourvoyeuses de matières premières et la métropole exportatrice de produits industriels est mis en place : c’est le système colonial. Mais, en ce qui concerne l’économie, le bilan pour la métropole est en réalité très nuancé.

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La part de l’empire dans le commerce extérieur de la France entre 1880 et 1913

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frise

Quels profits la métropole a‑t‑elle tirés de ses colonies entre 1870 et 1914 ?


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La Compagnie générale transatlantique

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Spécialisée dans le transport transatlantique de passagers dans les années 1860‑1880, la Compagnie générale transatlantique développe au début du XXe siècle des traversées entre Marseille et Alger.
F. Hugo d’Alesi, Compagnie générale transatlantique : Alger, 1898, affiche publicitaire, 108 x 75 cm, BnF, Paris.

3
Le pillage des ressources naturelles

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« Prisonniers transportant des défenses d’éléphant », L’Illustration, n° 3153, 1er août 1903.

4
Une vision critique

Économiste et historien belge, Émile de Laveleye fait partie des premiers intellectuels à prendre parti contre la colonisation.

Les guerres coloniales sont aujourd’hui des guerres insensées, car les colonies ne sont plus désormais pour la mère‑patrie qu’une source d’embarras et une cause de faiblesse. […] Il n’est pas de colonies, sauf Java1, qui donne un profit net. Si on retranche du produit brut les dépenses de l’armée et de la flotte nécessaires pour les défendre, tout bilan colonial se solde par un déficit. […] L’Algérie coûte à la France, revenu déduit, environ 50 millions de francs, année moyenne, ce qui fait depuis 40 ans 2 milliards de francs. Si cette somme avait été consacrée à l’instruction publique des différents degrés, quelle puissance, quelle richesse elle aurait produites dans ce beau pays, si favorisé sous tous les rapports ! Que d’universités, que de collèges, que d’écoles, que d’académies, que de laboratoires, on aurait pu doter avec le budget colonial ! […] [Les colonies sont] un legs du passé qui a eu son utilité autrefois en répandant la civilisation européenne au-delà des mers, mais qui est en opposition avec les institutions, les sentiments, les vrais intérêts de l’époque actuelle. Cet anachronisme disparaîtra ; il perd visiblement du terrain.


Émile de Laveleye, Des causes actuelles de guerre en Europe et de l’arbitrage, 1873.

1. Colonie hollandaise en Asie du Sud‑Est (aujourd’hui Indonésie).

1
Les intérêts économiques de la politique coloniale

Il y a, je crois, quelque intérêt à résumer et à condenser, sous forme d’arguments, les principes, les mobiles, les intérêts divers qui justifient la politique d’expansion coloniale […].

Sur le terrain économique, je me suis permis de placer devant vous, en les appuyant de quelques chiffres, les considérations qui justifient la politique d’expansion coloniale, au point de vue de ce besoin de plus en plus impérieusement senti par les populations industrielles de l’Europe et plus particulièrement le riche et laborieux pays de France : le besoin de débouchés. […] N’est-ce pas un besoin pressant, et on peut dire le cri de notre population industrielle ? […]

Oui, ce qui manque à notre grande industrie, que les traités de 18601 ont irrévocablement dirigée dans la voie de l’exportation, ce qui lui manque de plus en plus ce sont les débouchés. Pourquoi ? Parce qu’à côté d’elle, l’Allemagne se couvre de barrières, parce que au‑delà de l’océan, les États‑Unis d’Amérique sont devenus protectionnistes, et protectionnistes à outrance ; parce que non seulement ces grands marchés, je ne dis pas se ferment, mais se rétrécissent, deviennent de plus en plus difficiles à atteindre par nos produits industriels ; parce que ces grands États commencent à verser sur nos propres marchés des produits qu’on ne voyait pas autrefois. […] Il n’y a rien de plus sérieux, il n’y a pas de problème social plus grave ; or, ce programme est intimement lié à la politique coloniale.


Jules Ferry, discours à la Chambre des députés, 28 juillet 1885.

1. Traités de libre‑échange conclus pendant le Second Empire.

Questions

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Mettre en relation des faits

1. Comparez les arguments avancés par Jules Ferry et Émile de Laveleye. (Doc. 1 et 4)

2. Analysez la façon dont a évolué la part de l’empire colonial dans le commerce extérieur français. (Doc. 2)

3. Repérez les secteurs économiques qui bénéficient le plus des relations entre la métropole et ses colonies. (Doc. 2, 3 et 5)

4.
ORAL
À votre avis, quelles sont les catégories de la population française qui ont le plus tiré bénéfice du système colonial ? (Doc. 3 et 5)
Enregistreur audio

Question de synthèse

5. Répondez à la problématique de l’étude sous la forme d’un développement construit.
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