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5 - Les figures de style
P.232-233

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Fiche lexique


5 - Les figures de style





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Exercice 1

« C’est une mère qui te berce, c’est un cuisinier qui sale ta soupe, c’est une armée de soldats qui te retient prisonnier, c’est une grosse bête qui se fâche, hurle et trépigne quand il fait du vent, c’est une peau de serpent aux mille écailles qui miroitent au soleil. Qu’est-ce que c’est ? – C’est l’Océan ! » triompha Robinson.


M. Tournier, Vendredi ou la Vie sauvage, 1971.


1
Relevez la liste des images que Vendredi donne de la mer. Expliquez-les.



2
Que pensez-vous de la réponse de Robinson ? Vous parait-elle satisfaisante ?

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Ex. 1 C'est l'océan

Leçon


Les figures de style consistent à dire les choses autrement, de manière plus expressive.

Les figures de ressemblance et d’opposition

La comparaison rapproche un élément d’un autre à l’aide d’un outil de comparaison (comme, tel, ainsi que, plus... que, autant que, semblable à, etc.). Paul (comparé) est doux comme (outil) un agneau (comparant).
La métaphore rapproche un élément d’un autre directement, sans outil de comparaison. C’est un agneau ! Quand la métaphore se développe sur plusieurs lignes ou vers, on dit qu’elle est « filée ».
La personnification prête des caractéristiques humaines à un élément inanimé ou un animal.
Le crépuscule ami s’endort dans la vallée. (Vigny, « La maison du berger »)
La périphrase remplace un mot par une expression de même sens.
Il maitrise parfaitement la langue de Shakespeare. (= l’anglais)
L'antithèse rapproche deux éléments opposés pour souligner un contraste.
Je vis, je meurs, je me brûle et me noie. (L. Labé)
L’antiphrase consiste à dire le contraire de ce que l’on veut vraiment exprimer ; elle est souvent ironique.
Prends ton temps surtout, hein ! (= dépêche-toi !)

Les figures d’amplification et d’atténuation

L’hyperbole exagère, amplifie la réalité.
Je meurs de soif.
L’accumulation consiste à énumérer des éléments pour donner une impression de grande quantité ou pour insister sur un aspect.
Des liquides rouges, jaunes, verts, bruns, de toutes les nuances. (G. de Maupassant, Bel-Ami)
La gradation est une succession d’éléments ordonnés de manière croissante ou décroissante.
Va, cours, vole et nous venge. (P. Corneille, Le Cid)
L’euphémisme  atténue un propos désagréable ou choquant.
Il nous a quittés. (= il est mort)
  La litote consiste à dire moins pour suggérer plus.
Va, je ne te hais point. (= je t’aime) (P. Corneille, Le Cid)
Au contraire de l’euphémisme, la litote n’a pas pour but d’atténuer le propos, mais de lui donner plus de force : on atténue ce qu’on dit pour amplifier ce que l’on veut dire.

Les figures de répétition

L’anaphore est une répétition en début de phrase, de proposition ou de vers. Elle permet de mettre en valeur ce qui est répété ou de donner du rythme.
Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir. (P. Corneille, Suréna)
L’assonance consiste à répéter un son voyelle ; il s’agit d’une figure musicale, sonore.
Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire. (Racine, Phèdre)
L’allitération consiste à répéter un son consonne ; il s’agit d’une figure musicale, sonore.
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes. (J. Racine, Andromaque)
La paronomase consiste à rapprocher des mots qui ont des sonorités identiques ou similaires. Elle est très utilisée dans le rap et le slam.
Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville. (P. Verlaine, « Il pleure dans mon cœur »)

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Exercice 2

Consigne
Les exemples ci-dessous sont-ils des comparaisons ou des métaphores ? Justifiez votre réponse.

1. La jeune fille, vive et preste comme un oiseau (Nerval)
2. Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage (Baudelaire)
3. Le poète est semblable au prince des nuées (Baudelaire)
4. Tu es la terre qui prend racine (Éluard)

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Exercice 3

Consigne
Identifiez la figure de style utilisée dans ces phrases de la vie quotidienne : litote, antithèse, antiphrase, périphrase, hyperbole.

1. Il faut protéger la planète bleue.


2. Vous avez une heure de retard ! Bravo ! Je vous félicite !


3. Cela fait des siècles que je ne t’avais pas vue !


4. Je suis si émue que je pleure et je ris en même temps.


5. Ce gâteau n’est pas mauvais du tout.


6. Il fait au moins 1 000°C.
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Exercice 4

Consigne
Classez les exemples ci-dessous en trois catégories de figures d’amplification : hyperbole, accumulation, gradation.

1. Le voici. Vers mon cœur tout mon sang se retire. (Racine)
2. Ils s’accrochent, ils mordent, ils lacèrent, ils en bavent. (Céline)
3. Ses moindres actions lui semblent des miracles. (Molière)
4. Le lait tombe : adieu veau, vache, cochon, couvée. (La Fontaine)
5. Ça y est, elle a mille ans. (Brel)
6. C’est un roc ! … c’est un pic ! … c’est un cap ! … (Rostand)

Hyperbole Accumulation Gradation
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Exercice 5

La belle Mme Chabre avait alors vingt-deux ans. Elle était adorable avec son teint de pêche mûre, ses cheveux couleur de soleil, envolés sur sa nuque. Ses yeux d’un bleu vert semblaient une eau dormante.


É. Zola, Les Coquillages de monsieur Chabre, 1883.


1
Relevez les comparaisons et les métaphores utilisées dans ce portrait et classez-les en deux catégories.



2
Quelle image donnent-elles de Madame Chabre ?



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Exercice 6

Consigne
Quelle est la figure de style employée dans les phrases suivantes ? Classez-les en trois catégories : hyperbole, litote, euphémisme.

1. J’ai aidé un homme d’un certain âge à traverser la rue.
2. Quelle journée ! Je suis morte de fatigue.
3. Tu as encore cassé un verre ? Décidément, tu n’es pas très doué !
4. Je ne me débrouille pas trop mal au basket.
5. De nouveaux aménagements sont faits pour les personnes à mobilité réduite.
6. Son oncle s’est éteint à l’âge de quatre-vingt-cinq ans.
7. Je suis sure que si je mange une part de ce gâteau, je vais prendre dix kilos !

Hyperbole Litote Euphémisme
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Exercice 7

Consigne
Repérez dans le texte ci-dessous deux comparaisons, une anaphore, une personnification.

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
[...]
Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur angevine.


J. du Bellay, « Heureux qui comme Ulysse », Les Regrets, 1558.


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Écrire

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Exercice 8

Par brusques détentes, elles exercent leurs ressorts. Elles sautent de l’herbe comme de lourdes gouttes d’huile frite. Elles se posent, presse-papiers de bronze, sur les larges feuilles du nénuphar.


J. Renard, « Les Grenouilles », Histoires naturelles, 1899.


Consigne
À la manière de Jules Renard, écrivez le portrait d’un animal sans donner son nom.
Vous utiliserez de nombreuses comparaisons et métaphores.

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