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COURS 2

2
La difficile mesure du développement



Comment mesurer le développement des États, au‑delà de leur seule richesse ?


A
Comment définir le développement ?

Définir le développement. Le développement est l’amélioration générale des conditions de vie d’une société en termes de logement, de santé, d’alimentation et d’éducation. Il est rendu possible par la croissance économique qui permet une hausse des revenus.

La croissance économique n’est pas nécessairement synonyme de développement. Pour mesurer la production de richesse, l’indicateur utilisé le plus fréquemment est le PIB (Produit Intérieur Brut) ou le PIB/hab. (parfois exprimé en Parité de Pouvoir d’Achat pour tenir compte des différences de pouvoir d’achat des monnaies). Le coefficient ou l’indice de Gini mesure le degré d’inégalités de la distribution des revenus dans chaque pays.

Un recours à l’Indice de Développement Humain (IDH). Créé en 1990 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), il permet d’avoir une analyse plus fine (la Chine est 86e). Les pays démocratiques redistribuent souvent mieux les fruits de la croissance.

B
Des situations et des évolutions contrastées

59 États sur 189 ont un développement très élevé et élevé en 2018 (contre 46 en 2010). On y retrouve les pays des Nords mais également plusieurs pays des Suds comme les États pétroliers rentiers du Moyen-Orient ainsi que des pays émergents (Brésil, Chine, Inde, Afrique du Sud auxquels s’ajoutent, plus récemment, le Mexique, le Viêt Nam et la Turquie), ce qui traduit un certain rattrapage. Certains de ces pays étaient auparavant classés à un niveau de développement moyen dans lequel demeurent certains pays émergents comme l’Inde ou l’Afrique du Sud.

Les pays les moins avancés. Ce sont les pays les plus pauvres et les plus en difficulté : leur niveau de développement faible. Ils se situent en Afrique subsaharienne, dans la Corne de l’Afrique, ainsi qu’en Asie centrale (Afghanistan, Mongolie) ou dans les Caraïbes (Haïti). Certains pays voient leur niveau de développement régresser en raison de conflits (c’est le cas, en 2018, de la Syrie, du Yémen et de la Libye).

Des classifications mouvantes. Le Cambodge, classé « économie faible » en 2015, a rejoint le groupe des pays à économie intermédiaire, c’est-à-dire des pays définis par la Banque mondiale par un PIB./hab compris entre 1 000 et 12 000 $.

C
Mesurer la pauvreté pour évaluer le mal-développement

L’indice de pauvreté multidimensionnelle. En 2010, le PNUD met en place l’IPM (Indice de Pauvreté Multidimensionnelle) calculé à partir d’une dizaine d’indicateurs (malnutrition, mortalité infantile, accès à des sanitaires, accès à l’eau potable, l’électricité, etc.) afin d’évaluer le degré de privation que subissent les plus démunis dans les Suds (Doc. 2).

Une mesure différente de la pauvreté dans les pays développés. 15 % de la population des Nords est considérée comme pauvre (Doc. 1). La pauvreté y est définie en général en fonction du revenu médian (la moitié des habitants gagne plus et l’autre moins) avec un seuil à 50 % ou plus fréquemment 60 % (respectivement environ 850 et 1 025 € en France). Un seuil à 40 % permet de fixer l’extrême pauvreté.

Chiffres-clés

10 %
de la population mondiale vit sous le seuil d’extrême pauvreté (1,90 $/jr/pers.)

1,3 milliard
de personnes vivent sous le seuil de pauvreté dans le monde, dont 650 millions d’enfants

Vocabulaire

  • Développement : amélioration quantitative et qualitative des conditions de vie d’une population.
  • IDH : mesure qualitative du développement moyen d’un pays en fonction de la richesse (PIB/hab.), de la santé (espérance de vie à la naissance) et de l’éducation (nombre d’années de scolarisation pour un adulte de 25 ans).
  • Indice de Gini : indicateur de mesure de la répartition des richesses variant entre 0 (égalité parfaite) et 1 (inégalité totale).

La croissance n’a pas sorti de la pauvreté des centaines de millions d’hommes ni réduit les disparités entre les États. Le développement inégal demeure un problème majeur d’aujourd’hui.
Bernard Bret, géographe


1
La pauvreté dans les pays développés

Campagne de la fondation Abbé Pierre contre le mal logement

Campagne de la fondation Abbé Pierre contre le mal logement.

2
L’eau au Bénin : une ressource à l’accès inégal

Angèle Zodjilou, mère de cinq enfants, raconte le calvaire que vivent les femmes du village de Tatonougo, dans la région des collines au centre du pays : « Nous n’avons qu’un seul puits qui dessert tout le village. Pendant la saison sèche, chaque ménage n’a droit qu’à une bassine d’eau de 30 litres pendant trois jours. Parfois, nous sommes obligés d’aller jusqu’à Savalou, à des kilomètres d’ici, pour laver notre linge et ramener un bidon d'eau. » En 2014, le taux d’accès à l’eau potable était de 68,1 % au Bénin. Mais ce chiffre cache de fortes disparités entre les différentes régions du pays. En milieu rural, le manque d’eau potable pose de nombreux problèmes. Les enfants sont affectés par des maladies hydriques comme la diarrhée et le choléra. Les filles abandonnent l’école pour parcourir chaque jour des kilomètres à la recherche d’eau. Même en milieu urbain, l’eau potable se fait rare en saison sèche. [...] Pour régler ce problème, le gouvernement du Bénin a lancé le « Programme national d’alimentation en eau potable en milieu rural », démarré en janvier 2016 avec l’appui du PNUD. [...] Plus de 300 villages dans 54 communes sur les 77 que compte le pays seront ainsi équipés de pompes à motricité humaine. [...] Des séances de sensibilisation sur les règles d’hygiène à observer autour des points d’eau sont organisées au profit des populations, qui jouent aussi un rôle important dans l’entretien et la maintenance des pompes. Les habitants cotisent et versent chaque mois une somme de 5 000 Fcfa (environ 50 dollars) à la mairie. L’argent sert à acheter des pièces de rechange et à faire les réparations.



« De l’eau pour tous au Bénin », PNUD, 12 juillet 2018

Acteur du changement

Les droits des enfants handicapés au Mexique

Tous les matins, Melitón et María confient le petit Charli à la garderie Yoltzin dans l’espoir d’offrir le meilleur avenir possible à leur fils de deux ans. Yoltzin – qui signifie « petit cœur » dans la langue autochtone – fait partie d’un programme gouvernemental de soutien pour les parents qui vivent avec des revenus inférieurs au minimum vital et n’ont pas accès aux soins. Un diagnostic a pu être posé grâce aux observations de la responsable de la garderie. Le petit garçon, qui souffre d’un handicap moteur et visuel retardant sa croissance et son développement, reçoit aujourd’hui des soins adaptés à la garderie où des aides-soignants le suivent quotidiennement. Alors qu’au Mexique 144 000 filles et garçons de moins de 6 ans souffrent d’un handicap, c’est-à-dire 1 % de la population nationale, ce projet financé par les Nations Unies et le gouvernement mexicain vise à promouvoir les droits des enfants handicapés et à renforcer les politiques publiques en faveur de la petite enfance.
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