COURS 2


En France, les derniers feux des rois (1815‑1848)





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La restauration de la monarchie

Les Bourbons de retour au pouvoir. L’abdication de Napoléon Ier entraîne le rétablissement de la monarchie : c’est la Restauration. Louis XVIII monte sur le trône le 6 avril 1814. Après la brève parenthèse du retour de Napoléon (les Cent Jours), il revient à la tête du pays le 8 juillet 1815.

Un nouveau régime. Le nouveau régime entend concilier la restauration de la monarchie avec les acquis constitutionnels de la période révolutionnaire et impériale. Louis XVIII accepte ainsi le principe d’une Charte constitutionnelle (doc. 1), qui instaure une monarchie constitutionnelle : le roi gouverne avec deux assemblées, la Chambre des pairs, nommés par le roi, et la Chambre des députés, élus par les citoyens les plus riches (vote censitaire).

Pourquoi les expériences de monarchie constitutionnelle ont‑elles été un échec ?



Les expériences de monarchie constitutionnelle ne parviennent pas à donner une véritable place politique au peuple. Une nouvelle révolution éclate en février 1848.

Voir le cours 3

Vocabulaire

Charte : ensemble des lois constitutionnelles. Ce nom est emprunté à dessein au vocabulaire de l’Ancien Régime : il rattache ainsi l’élaboration de la Charte à la tradition monarchique.

Monarchie constitutionnelle : régime politique dans lequel les pouvoirs du roi sont limités par une Constitution, qu’il doit respecter et défendre.

Ordonnance : acte par lequel le roi édicte des règles juridiques.

Parlementarisme : système constitutionnel fondé sur l’équilibre des pouvoirs entre l’organe législatif, incarné par les chambres, et l’organe exécutif, incarné par le roi ou le gouvernement.

Vote censitaire : mode de suffrage dans lequel seuls les hommes pouvant payer un impôt direct (le cens) peuvent voter.

Prolongement numérique

Dans le cadre du festival Secousse, organisé en 2018 à Paris et consacré au Printemps des peuples, plusieurs historiens ont réalisé une websérie, intitulée En quête de révoltes.

Prolongement numérique : En quête de révoltes

On suit les traces de Nathalie, une journaliste d’aujourd’hui, qui découvre par hasard les souvenirs d’une aïeule qui a pris part à l’insurrection parisienne. Elle se lance alors sur les traces de cette jeune femme et commence un véritable périple à travers l’Europe.
Il s’agit d’une fiction historique. Chaque épisode, très court (environ 4 minutes), s’accompagne d’une page intitulée « Les dessous historiques », qui présente les différents éléments historiques croisés pendant l’épisode.

Repères

Louis XVIII (1755-1824)

Louis XVIII
(1755-1824)

Frère cadet de Louis XVI, il s’exile en Prusse puis en Suède pendant la Révolution française et le règne de Napoléon. Après la mort de son neveu (nommé Louis XVII même s’il n’a jamais régné), il prend le nom de Louis XVIII. En 1814, lors du congrès de Vienne, le diplomate Talleyrand parvient à convaincre les princes européens de faire de Louis XVIII le nouveau souverain de France.

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Mettre en scène la monarchie

Jean-François- Théodore Gechter, Portrait de Louis-Philippe Ier, v. 1840-1848, bronze à patine brune, 42 x 24 x 21 cm, musée des Arts décoratifs, Paris.
Jean‑François‑Théodore Gechter, Portrait de Louis‑Philippe Ier, v. 1840‑1848, bronze à patine brune, 42 x 24 x 21 cm, musée des Arts décoratifs, Paris.

3
La monarchie de Juillet : des espoirs démocratiques déçus

Louis-Philippe, « prince dévoué à la cause de la Révolution ». C’est ainsi que le surnomme Adolphe Thiers, l’un des députés qui défendent sa candidature et réussissent à l’imposer sur le trône. Le nouveau roi applique rigoureusement la Charte, qui a été révisée et approuvée par les deux chambres, renforçant ainsi le caractère parlementaire du régime. Mais en réalité, le roi seul détient le pouvoir exécutif et promulgue les lois, tout en œuvrant à renforcer le prestige de la monarchie (doc. 3). Le suffrage reste censitaire. Tout au long de son règne, les émeutes et les complots se multiplient.

Vers la fin de la monarchie. L’opposition aspire à des réformes politiques, notamment électorales, et remobilise les idéaux révolutionnaires. En 1847, la femme de lettres Marie d’Agoult publie par exemple un Essai sur la liberté. Le roi refusant de réformer le régime, l’opposition organise une série de banquets politiques pour diffuser les idées réformistes. Lorsque le gouvernement interdit ces banquets (le 19 février 1848), des émeutes éclatent en réaction.

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Une monarchie qui durcit ses positions

La politique de Charles X. Quand Charles X, frère de Louis XVIII, arrive au pouvoir en 1824, il accepte de maintenir la Charte. Mais, très vite, il cherche à se démarquer avec force de la politique de son frère qu’il juge trop conciliante. Il se rapproche des « ultras », les royalistes désireux d’annuler la Charte constitutionnelle. Fin juillet 1830, par les « ordonnances de Saint‑Cloud », Charles X tente de modifier la loi électorale et de supprimer la liberté de la presse.

Une nouvelle révolution. La réaction de la foule parisienne est violente et immédiate : c’est la révolution des Trois Glorieuses (doc. 2). Récupérée par les députés, membres de la bourgeoisie, la révolution ne débouche pas sur la proclamation d’un régime républicain mais sur l’avènement d’un nouveau roi, Louis‑Philippe.

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Extraits de la Charte constitutionnelle de 1814

Nous avons dû, à l’exemple des rois nos prédécesseurs, apprécier les effets des progrès toujours croissants des lumières, les rapports nouveaux que ces progrès ont introduits dans la société, la direction imprimée aux esprits depuis un demi‑siècle, et les graves altérations qui en sont résultées […].

Art. 1. Les Français sont égaux devant la loi, quels que soient d’ailleurs leurs titres et leurs rangs.

Art. 4. Leur liberté individuelle est également garantie […].

Art. 13. La personne du roi est inviolable et sacrée. Ses ministres sont responsables. Au roi seul appartient la puissance exécutive.

Art. 14. Le roi est le chef suprême de l’État […] et fait les règlements et ordonnances nécessaires pour l’exécution des lois et la sûreté de l’État.

Art. 15. La puissance législative s’exerce collectivement par le roi, la Chambre des pairs, et la Chambre des députés […].


Charte constitutionnelle signée par Louis XVIII le 4 juin 1814.



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La révolution de 1830

Jean-Victor Schnetz, Combats devant l’Hôtel de
Ville, 1833, huile sur toile (détail), 48 x 50 cm, musée du Petit Palais, Paris.
Jean-Victor Schnetz, Combats devant l’Hôtel de Ville, 1833, huile sur toile (détail), 48 x 50 cm, musée du Petit Palais, Paris.
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