Couverture

Histoire-Géographie 2de

Feuilleter la version papier




























Chargement de l'audio en cours
Cacher

Cacher la barre d'outils

Plus

Plus


COURS 1


1
Des risques d’origine naturelle et anthropique nombreux



À quels risques les sociétés doivent-elles faire face ?


A
Des risques d’origine naturelle très variés

Des risques sismisques et volcaniques très concentrés. Toutes les parties du monde ne sont pas également exposées aux risques d'origine naturelle. Séismes et volcans se concentrent sur les limites des plaques, et notamment le long de la Ceinture de feu du Pacifique (il existe aussi des volcans de « point chaud » au milieu de plaques, comme à Hawaï). Les volcans les plus dangereux sont dits explosifs (Mont St-Helens aux États-Unis, Krakatoa en Indonésie) : ils peuvent générer des colonnes de cendres et de roches, et des nuées ardentes, qui dévalent parfois à 500 km/h les pentes du volcan (cas du Vésuve en août 79). Les volcans qui génèrent de la lave, dits effusifs, sont plus spectaculaires (Etna en Sicile) mais moins dangereux.

Des risques climatiques variables. En milieu tempéré, des tempêtes viennent de l'océan, notamment l’hiver, et elles peuvent faire d’importants dégâts. Sur les terres, les vents peuvent tourbillonner, donnant des tornades, risque très présent dans les Grandes Plaines des États-Unis. En milieu tropical, une eau à plus de 26°C est propice à la formation de cyclones, particulièrement dévastateurs. Inondations liées à de fortes pluies ou à la fonte des neiges, sécheresses ou maladies transmises par exemple par les moustiques en zone tropicale (paludisme) constituent autant de risques d’origine naturelle liés au climat.

B
Le renforcement des risques liés aux activités humaines

Des risques industriels et technologiques croissants. Les industries, le stockage et le transport de matières dangereuses comme l’essence ou les produits chimiques peuvent provoquer de la pollution, des explosions, des incendies ou des fuites. Certaines usines chimiques peuvent exploser (Bhopal en Inde en 1984, Seveso en Italie en 1975, AZF à Toulouse en 2001). Les plateformes pétrolières off-shore peuvent se renverser ou exploser (BP Deepwater Horizon aux États-Unis en 2010). Les supertankers, qui transportent du pétrole, peuvent également causer des marées noires (Exxon Valdez, Erika). Le nucléaire est lui aussi facteur de risques (Tchernobyl en Ukraine, alors soviétique, en 1986, Fukushima en 2011 au Japon).

Des victimes et des dommages de plus en plus nombreux et importants. Les victimes et les dommages causés par les catastrophes industrielles sont de plus en plus nombreux et importants. Cela s’explique en partie par la concentration croissante des hommes et des activités dans les espaces urbains, et particulièrement sur les littoraux ou les grandes vallées, qui sont des espaces déjà fortement exposés aux risques naturels.

C
De l’aléa au risque et à la catastrophe

Le risque, produit d’un aléa et d’une vulnérabilité. Le risque combine l’aléa et la vulnérabilité. On mesure la vulnérabilité d’une population par son degré d'exposition à l'aléa, l'importance des enjeux humains et économiques et sa capacité de prévention et de gestion du risque.

La catastrophe, concrétisation du risque. Le risque n’est qu’une probabilité, un événement potentiel. Il ne cause aucun dommage direct. C’est sa concrétisation sous la forme d’une catastrophe qui est problématique, surtout si la situation, mal gérée, se transforme en crise.

Chiffres-clés

1,2 million

de personnes tuées entre 2001 et 2015 dans 12 657 catastrophes d’origine naturelle

2100 milliards

d’euros : coût de ces mêmes catastrophes, soit autant que le PIB de la France

Vocabulaire

  • Aléa : phénomène naturel ou technologique plus ou moins probable sur un espace donné.
  • Catastrophe : concrétisation du risque qui provoque des victimes et des destructions.
  • Risque : phénomène qui peut présenter un danger pour les hommes. Souvent exprimé sous la formule Risque = aléa x vulnérabilité.
  • Vulnérabilité : fragilité d’un territoire et d’une société face aux risques. La vulnérabilité est liée au degré d’exposition au risque mais aussi à la capacité de la société à s’en protéger.

Vous auriez voulu que le tremblement se fût fait au fond d’un désert plutôt qu’à Lisbonne. Peut-on douter qu’il ne s’en forme aussi dans les déserts, mais nous n’en parlons point, parce qu’ils ne font aucun mal aux messieurs des villes, les seuls hommes dont nous tenions compte.
J.-J. Rousseau, Lettre à Voltaire sur la Providence, 1756


1
Une famine n’est pas une catastrophe « naturelle »

La géographe Sylvie Brunel, présidente de l’ONG Action contre la Faim en 2001-2002, a montré que les famines actuelles ont toujours des causes politiques.

Après trois années de sécheresse, l’Ogaden, au sud-est de l’Éthiopie, concentre un grand nombre d’organisations humanitaires mobilisées contre la famine. Cette catastrophe qu’on dit « naturelle » n’a, en réalité, que peu à voir avec la nature. En effet, elle représente l’archétype d’une famine mise en scène à la face du monde dans un triple dessein : attirer l’aide internationale, « capturer » une région périphérique aux tendances centrifuges, souder le peuple éthiopien dans la lutte contre une « catastrophe » à quelques semaines d’élections essentielles pour le régime. [...]

L’économie de l’Ogaden, tournée non vers l’Éthiopie mais vers l’Est [...] a souffert [...] de sécheresses récurrentes [...]. En 1999, alors même que le reste de l’Éthiopie dégageait des excédents céréaliers, l’Ogaden a connu une pénurie sévère : la sécheresse a détruit 90 % des récoltes et s’est prolongée anormalement dans le Sud. [...] Il était possible aux autorités éthiopiennes, qui contrôlent les puits profonds — restés approvisionnés, contrairement aux puits traditionnels, gérés, eux, par les clans et asséchés dès le début de la crise —, d’intervenir pour répondre au déficit pluviométrique et éviter les concentrations d’hommes et de bétail autour de ces puits.


Sylvie Brunel, « Famine manipulée en Ogaden », Le Monde diplomatique, 2000

2
Une rue de Tacloban (Philippines) après et avant le passage du typhon Hainan (novembre 2013)

Une rue de Tacloban (Philippines) avant et après le passage du typhon Hainan (novembre 2013)

Géo-histoire

Une représentation du risque qui évolue dans le temps


Le Radeau de la Méduse (1818-1819), du peintre romantique Théodore Géricault

Les représentations d’un espace ne sont pas figées dans le temps. Ainsi la mer a longtemps fait l’objet de représentations négatives : elle emportait les pêcheurs et apportait les tempêtes. C’était un espace répulsif, le lieu de tous les dangers, supposé habité par des monstres. Le Radeau de la Méduse (1818-1819), du peintre romantique Théodore Géricault, montre ainsi la mer comme un espace de danger.

Cette représentation change à partir du milieu du XIXe siècle, comme l’a montré l’historien et sociologue Alain Corbin. La mer devient un espace attractif ; l’ère du tourisme balnéaire commence.
Connectez-vous pour ajouter des favoris

Pour pouvoir ajouter ou retrouver des favoris, nous devons les lier à votre compte.Et c’est gratuit !

Livre du professeur

Pour pouvoir consulter le livre du professeur, vous devez être connecté avec un compte professeur et avoir validé votre adresse email académique.

Votre avis nous intéresse !
Recommanderiez-vous notre site web à un(e) collègue ?

Peu probable
Très probable

Cliquez sur le score que vous voulez donner.

Dites-nous qui vous êtes !

Pour assurer la meilleure qualité de service, nous avons besoin de vous connaître !
Cliquez sur l'un des choix ci-dessus qui vous correspond le mieux.

Nous envoyer un message




Nous contacter?