Ce roman du XIIIe siècle est l'une des nombreuses « continuations » du récit de Chrétien de Troyes.
Dans cet extrait, les chevaliers de la Table ronde sont
réunis au château du roi Arthur, qui évoque le Graal.
En un lieu dont nul ne connaît le chemin, et où
l'on ne peut parvenir que par aventure, un château se
dresse, environné de sombres forêts, rempli de prodiges
séculaires : c'est Corbenic, le Château du Graal.
D'étranges cérémonies s'y déroulent autour du Vase
surnaturel, qui répand à son gré la vie et la mort, le
bonheur et le malheur. Un vieux roi y languit, les deux
hanches traversées d'une blessure mystérieuse qui le
prive de mouvement : c'est le Roi Pêcheur. Couché
en son lit, ou bien à l'arrière de la barque où chaque
jour on le porte, il ne peut ni guérir ni mourir jusqu'au
jour où viendra vers lui le Héros du Graal. Alors il sera
délivré de ses longues douleurs ; et avec lui toute la
terre, blessée et agonisante comme lui, reviendra à la
vie ; les enchantements tomberont, les fleurs refleuriront,
et renaîtra la joie et la prospérité.