COURS 1


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Des mobilités généralisées pour la population française




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Le tramway de Montpellier

Le tramway de Montpellier

Géo‑histoire

Le retour du tramway


Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le réseau ferré français connecte les villes entre elles. En ville, les premiers transports en commun apparaissent (tramways). La voiture se démocratise après la Seconde Guerre Mondiale. Elle bouleverse les paysages urbains, avec la création de réseaux routiers, qui offrent une très grande liberté de circulation. Les tramways disparaissent, sauf dans quelques villes comme Saint‑Étienne. Aujourd’hui, dans un contexte de transition écologique, les sociétés réfléchissent à un usage plus généralisé des modes doux, moins polluants et plus économes. Le « tram » fait son retour en ville.

Vocabulaire

  • Mobilité : déplacement d’une ou plusieurs personnes, quel que soit le motif (travail, études, loisirs, déménagement, tourisme, migration, etc.).
  • Mobilité pendulaire : déplacement quotidien versle lieu de travail ou d’étude.
  • Navetteur : personne ne travaillant pas dans sa commune de résidence.
  • Périurbain : espace séparé de l’agglomération urbaine par plus de 200 m mais dont au moins 40 % des habitants travaillent dans l’agglomération urbaine.

L'accroissement des mobilités va‑t‑il de pair avec un accroissement des inégalités à toutes les échelles ?


C
Des mobilités inégalitaires

De très nombreuses inégalités. Des inégalités subsistent au sein de la population française même si les mobilités se généralisent. Le coût des transports reste souvent un obstacle au déplacement (Doc. 2), ainsi que l’âge ou d’autres facteurs socio‑économiques (la situation familiale, le fait d’avoir une voiture ou non, par exemple). Certaines catégories de la population sont très mobiles : les jeunes, les urbains, les cadres. D’autres (les personnes âgées, les plus pauvres, les personnes en situation de handicap) sont souvent plus éloignées de la mobilité, ce qui entrave leur intégration à la société.

Mobilité physique et mobilité sociale sont intimement corrélées. Entre les territoires, de très nombreuses différences existent en France, notamment entre espaces urbains et espaces ruraux (Étude de cas 2). La desserte en transports en commun est plus faible dans les zones rurales, plus pauvres que les villes en moyenne.

Les espaces se sont multipliés, morcelés et diversifiés. Il y en a aujourd'hui de toutes tailles et de toutes sortes, pour tous les usages et pour toutes les fonctions. Vivre, c'est passer d'un espace à un autre, en essayant le plus possible de ne pas se cogner.
Georges Perec, Espèces d’espaces, 1974

B
Des mobilités résidentielles nombreuses qui influent sur les mobilités quotidiennes

Des déménagements selon le cycle de vie. Tout au long de la vie, les raisons de déménagement sont multiples : études (vers les centres‑villes), emploi, changements familiaux (naissance d’enfants, mariage, divorce ou retraite). Environ 12 % de la population française change de lieu de résidence chaque année.

Les déménagements dans le périurbain, facteur de mobilités pendulaires. C’est le périurbain qui gagne le plus de nouveaux habitants, qui proviennent en majorité des villes‑centres. Cette mobilité résidentielle entraîne à son tour d’importantes mobilités pendulaires vers les zones d’emplois, puisque plus de 65 % des emplois se situent dans les grands pôles urbains.

Des régions plus prisées que d’autres à l’échelle de la France. L’Île‑de‑France ainsi que les grandes métropoles attirent les étudiants et les jeunes actifs ; les littoraux méditerranéens et atlantiques sont prisés par les retraités (haliotropisme et héliotropisme). Enfin, les mobilités résidentielles concernent aussi l’échelle mondiale, puisque environ 2,1 millions de Français vivent à l’étranger, en particulier en Europe et en Amérique du Nord.

A
Des mobilités quotidiennes accrues en distance

Une population française de plus en plus mobile. La dissociation entre les lieux d’habitation et de travail, de loisirs ou de consommation est de plus en plus marquée.

Une civilisation de l’automobile. La majorité des déplacements du quotidien s’effectuent grâce à la voiture individuelle, qui est utilisée pour 75 % des trajets (contre 11 % en transports en commun (Doc. 1), 7 % à pied et 3 % en vélo).

Des navetteurs qui s’éloignent de leur lieu de travail. Plus de 18 millions de navetteurs se déplacent en France pour aller au travail. 25 km sont parcourus en moyenne, en une heure par jour ; ce temps reste stable alors que la distance parcourue par jour ne cesse d’augmenter. En dehors du travail, les mobilités pour les activités de loisirs apparaissent comme le second motif de déplacement.

Chiffres-clés

55 minutes

temps quotidien moyen de déplacement pour aller au travail

75 %

des déplacements sont réalisés en voiture


2
Un débat d’actualité : la mobilisation des « Gilets Jaunes » (automne 2018)

Le géographe Laurent Cailly travaille en particulier sur les stratégies résidentielles, les mobilités et les modes d’habiter périurbains. Des questions au coeur du mouvement des Gilets jaunes.

« Il s’agit d’une mobilisation inédite et sans précédent. On comprend bien le mobile, la hausse du prix du carburant. [...] Les ménages s’installent à contrecoeur loin des villes pour accéder à la propriété. Ce sont eux qui sont le plus impactés par la hausse du prix du carburant. Les ménages n’intègrent pas assez le coût de la mobilité en achetant un logement. Ils sous-estiment trop souvent le coût des déplacements. [...] Les gens qui se mobilisent sont dépendants de leur automobile pour leurs déplacements quotidiens. Le budget essence est d’autant plus important quand on habite à l’extérieur des villes. [...] Les ménages moins aisés ont déjà modifié leur comportement : ils se déplacent moins le week‑end, partent moins longtemps en vacances. De plus en plus, les gens rationalisent leur déplacement, en s’arrêtant faire des courses en sortant du travail, utilisent le covoiturage, se mettent au télétravail… Il ne faut pas sous‑estimer la capacité d’adaptation des ménages. Beaucoup d’entre eux mettent déjà en place des stratégies. Les mobilités de demain sont à inventer. [...] Les politiques doivent prendre en compte le périurbain, en travaillant davantage sur les équipements, le développement économique, et développer les transports en commun, notamment le ferroviaire. »



« Les ménages n'intègrent pas le coût de la mobilité », La Nouvelle République, novembre 2018
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