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Prolongement artistique et culturel


Elephant, film de Gus Van Sant (2003)





Gus Van Sant

Gus Van Sant

(né en 1952)


Les films de ce cinéaste américain alternent entre des productions conventionnelles (Will Hunting) et des films indépendants (Elephant, Last Days). La marginalité, l’adolescence, la différence, sont parmi ses thèmes de prédilection.

Un terrible fait divers

Le 20 avril 1999, Eric Harris et Dylan Klebold, deux élèves du lycée de Columbine, tuent treize personnes avant de se suicider. L’enquête révèle ensuite que leur massacre était planifié.

Cette fusillade, une des premières dans un lycée, frappe l’opinion publique aux États-Unis et dans le monde.



Affiche Elephant Gus Van Sant
Doc. 1
Affiche française du film.

Fiche technique



 Titre  Elephant, États-Unis, 2003

 Scénario, réalisation, montage  Gus Van Sant

 Distribution  Alex Frost, Eric Deulen, John Robinson.
Gus Van Sant a délibérément fait le choix d’acteurs non professionnels, encore lycéens ou étudiants au moment du tournage.

 Durée  80 min.

 Récompenses  Palme d’or et prix de la mise en scène au festival de Cannes 2003.

 Lieu de tournage  Pour rendre le cadre le plus réaliste possible, le film a été tourné dans un vrai lycée.
Voir les réponses

1
Doc.1 Observez les couleurs, le cadrage et la composition de l’affiche. Quelles sont les thématiques mises en valeur ? À quel type de film s’attend‑on ?


2
Doc.1 Après avoir vu le film, quelle nouvelle lecture faites‑vous de l’affiche ?


3
Proposez une autre affiche pour ce film, et justifiez vos choix.


Filmer la tragédie

Gus Van Sant propose une fiction qui suit différents adolescents juste avant la tuerie. Il s'appuie pour cela sur :

Une mise en scène particulière : cadrages souvent de dos, en plan américain, longs plans séquences qui démultiplient les points de vue, et une caméra très mobile qui donne l’impression de déambulations harmonieuses le long des couloirs du lycée, mais qui enferme aussi le spectateur dans un labyrinthe, lui faisant perdre tout repère face à la tragédie qui se précise.

Une chronologie non linéaire : le film fonctionne par retours en arrière et par boucles successives qui aboutissent toutes à la tuerie finale. Ces croisements temporels contribuent également à dramatiser l’événement et à désorienter le spectateur alors même qu’il en connaît déjà l’issue tragique.


Elephant photogramme


Cette scène correspond à l’instant précédant la tuerie. Elle réapparaît ensuite deux fois, filmée de deux points de vue différents : celui d’Elias puis celui de Michelle.
Doc. 2
John, Elias, Michelle (19’ 26’’).

Texte A
  Des questions sans réponse

Dix ans après le massacre, les journalistes du Monde reviennent sur les multiples raisons invoquées pour expliquer ce drame.

  Dix ans après, les images du massacre ont conservé toute leur violence, véritables plaie ouverte dans l’inconscient collectif américain. Columbine est l’un des premiers drames scolaires ultra-médiatisés. [...] Mais qui étaient Eric Harris et Dylan Klebold ? Pourquoi ont-ils tué ? Que s’est-il passé à Columbine ? Dix ans après le massacre, ces questions hantent toujours les mémoires, mais de nouvelles réponses ont vu le jour. [...] Dans les semaines qui ont suivi, les médias ont évoqué de nombreuses explications au drame : l’appartenance à un gang, les jeux vidéo, le hard-rock, la fascination pour les armes ou le nazisme… [...] « La vérité est bien plus sinistre », écrit Andrew Gumbel1. Eric Harris avait largement exposé son but sur son site internet. Il tient en quelques mots : faire disparaître le lycée et tous ceux qui s’y trouvent.


« Columbine, dix ans après », Le Monde, 20 avril 2009.

1. Journaliste du quotidien USA Today précédemment cité dans l’article.

Elephant photogramme
Doc. 3
Eric et Alex (48’ 58’).

Photogramme Elephant

Doc. 4
Eric (1 h 10’ 04’’).

Ressources complémentaires

Retrouvez :



Un regard sur l’adolescence



Photogramme Elephant Michelle

Doc. 5
Michelle (8’ 20’’).

Texte B
  Elephant tire toute sa puissance d’un motif cher à Gus Van Sant [...] : l’adolescence, que le regard de Van Sant porte à un point d’incandescence inédit. À cela, d’abord une raison formelle. Van Sant cadre ces adolescents la plupart du temps de dos, à la juste distance, en plan américain, avec un travelling avant, dans une sorte de ralenti un peu plus rapide que le ralenti habituel, mais beaucoup plus languide que la vitesse normale du cinéma. Cette question de rythme est cruciale, car elle donne au regard de Van Sant sa douceur et son empathie si particulières. Certes, beaucoup de ces kids sont des bombes de sensualité, mais tout aussi bouleversante est la scène où une fille au physique ingrat subit les moqueries de ses camarades de classe et refuse de se doucher avec les autres. [...] Ces allures, ces dégaines sont d’autant plus troublantes qu’elles dissimulent un malaise profond. Nous sommes dans le décor d’un teen-movie, un lycée américain, mais c’est un drame qui se noue.


Olivier Nicklaus, « L’adolescence dans Elephant », Les Inrockuptibles, 27 août 2003.

Photogramme Elephant Nathan et Carrie

Doc. 6
Nathan et Carrie (18’ 27’’).

Texte C
  Elephant, le film de Gus Van Sant inspiré du drame, est hypnotique, la caméra s’attarde sur le jeu naturaliste des acteurs longuement, lentement, sans juger, ce qui magnifie l’horrible absurdité des meurtres. Mais c’est également un film d’une rare vacuité, qui décrit un massacre dans un lycée sans chercher à l’expliquer. Les personnages d’Eric et Dylan sont grossièrement ébauchés.
  On devine qu’ils sont intelligents, ils jouent du Beethoven et regardent de longs documentaires, mais on ne les voit jamais en contact avec leurs camarades, ni avec leurs familles. Sur le plan moral, les tueurs sont neutres, tout comme leurs victimes. On sort du cinéma aussi perplexe quant aux motivations des protagonistes qu’avant d’avoir vu le film.


Johan Hari, « Cinq ans après la fusillade de Columbine. Les tueurs sont devenus des héros », The Independent, article traduit dans Courrier international, 17 septembre 2013.
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4
Textes A, B et C
a. Quelles raisons sont avancées pour expliquer cette tragédie ?

b. Le film laisse-t-il apparaître d’autres causes ?


5
Textes B et C Comparez les points de vue sur le film.


6
Doc. 3 et 4 Réfléchissez par groupes à l’image que donne le cinéaste des tueurs et de leur acte, puis mettez en commun vos observations.


7
Doc. 2, 3, 5 et 6 Quelles images Gus Van Sant donne‑t‑il de l’adolescence ?


ORAL
Débat Que pensez-vous des choix esthétiques de Gus Van Sant pour filmer cette tragédie ? Comparez‑les notamment avec les choix narratifs adoptés par Emmanuel Carrère dans L’Adversaire.
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