COURS 2


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Les défis d’une région en transition



Acteur du changement

GEO.2nde.Ch10.Cours.yanus-muhammed

Instituée en 1976 au Bangladesh par l’économiste Muhammad Yunus, la première banque de micro‑crédit au monde est fondée sur des prêts de petites sommes à des personnes trop pauvres pour accéder aux circuits bancaires classiques. On compte aujourd’hui plus de 150 millions de micro‑emprunteurs dans le monde. Ces sommes servent souvent à financer des projets locaux, agricoles ou entrepreneuriaux. Elles évitent aux personnes pauvres d’avoir recours aux usuriers du village qui pratiquent souvent des taux faramineux. En Afrique australe, ces initiatives sont plus nombreuses dans les zones rurales des pays les moins intégrés de la région : Malawi, Mozambique, Zambie. Elles concernent majoritairement les femmes.

Ce type de projets fait néanmoins l’objet de critiques, notamment en raison de taux d’intérêts qui peuvent être très élevés, et des difficultés de remboursement qui sont importantes.

Vocabulaire

  • Apartheid : régime politique séparant blancs et nonblancs dans l’espace, en leur attribuant des droits différents. Le mot « Apartheid » signifie séparation, mise à part. L'Apartheid a été aboli le 30 juin 1991 en Afrique du Sud.
  • Township : quartier réservé aux non-blancs durant l’Apartheid. Les townships demeurent des quartiers très majoritairement noirs.

Chiffres-clés

60 %

part de l’Afrique du Sud dans le PIB régional


0,63

valeur de l’indice de Gini en Afrique du Sud (record mondial)


57 ans

espérance de vie en Afrique australe, l’une des plus faibles du monde


A
Un développement en progression

Une croissance continue depuis la fin de l’Apartheid. La croissance économique de la région est portée par l’Afrique du Sud, pays vitrine de l’Afrique australe et première économie du continent. À l’échelle régionale, la fin de la ségrégation raciale dans les années 1990 (sous l’impulsion de Nelson Mandela) et des guerres civiles, par exemple en Angola, a rendu les pays plus accessibles aux investisseurs étrangers. La transition vers plus de démocratie et de paix est une réalité.

Une progression de l’IDH. Le développement progresse également dans toute la région. De bons résultats dans la lutte contre l’épidémie de VIH‑Sida (qui touche un tiers de la population adulte, par exemple, au Lesotho) ont été observés depuis le début des années 2010. Cette transition sanitaire s’est faite très récemment et l’espérance de vie à la naissance a augmenté de nouveau, après avoir baissé pendant des années.

L’émergence d’une classe moyenne noire. Dans les régimes post‑ségrégationnistes, un changement social majeur a lieu : les classes moyennes noires, appelées Black Diamonds, émergent dans les grandes villes de la région.

En Afrique du Sud, être pauvre et noir était normal ; être pauvre et blanc était une tragédie. 
Nelson Mandela, (1918‑2013), symbole de la lutte anti-Apartheid


B
Le maintien de fortes inégalités entre les États

Le géant sud‑africain. Avec 60 % du PIB régional, il a un statut de pays émergent, et compte parmi les BRICS. L’économie minière y est devenue minoritaire par rapport au secteur tertiaire. Symbole de cette domination, la bourse de Johannesburg est la première place financière du continent.

Un effet d’entraînement sur les économies voisines. Le Botswana et la Namibie, dont les économies dépendent largement du tourisme international et de l’exploitation des ressources minières, sont des économies extraverties (Doc. 2). Les économies de rente que sont l’Angola (pétrole) et le Mozambique (minerais) relèvent aussi de la sphère d’influence sud‑africaine.

Des pays plus vulnérables et moins insérés dans la mondialisation. Le Swaziland (Eswatini depuis avril 2018), la Zambie (Doc. 1) et le Lesotho, pays enclavés, demeurent des économies rurales, faiblement industrialisées.

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Le Botswana, de la croissance au développement

  Pays le moins corrompu du continent, avec l’une des économies les plus prospères, le Botswana est souvent présenté comme un « miracle africain ». La richesse de son sol, qui fait de lui le troisième producteur mondial de diamants, lui a permis d’avoir une croissance annuelle moyenne de 9 % entre 1970 et 2000 et de sortir en 1994 du groupe des pays les moins avancés (PMA).

  Contrairement au Nigeria, l’Angola ou la République démocratique du Congo, le « pays des Tswanas » n’a pas succombé à la « malédiction des matières premières » qui a déstabilisé tant de pays africains. Conscient que les diamants ne sont pas éternels, le Botswana a créé en 1994 un fonds souverain qui investit les revenus de l’industrie diamantifère pour les générations futures. Le pays tente aussi de diversifier son économie. […] Le Botswana s’est illustré comme modèle africain de la protection de l’environnement, salué par les ONG […]. Stable, riche et modèle de réussite en matière de développement, le Botswana fait néanmoins face ces dernières années à la baisse des cours mondiaux du diamant dont il est encore trop dépendant. 17,8 % de la population est au chômage, malgré des dépenses en faveur de l’éducation parmi les plus élevées de la planète. La rente diamantaire ne profite pas à tout le monde : en 2010, 19 % des Botswanais vivaient encore sous le seuil de pauvreté et 30 % à peine au‑dessus. […] Par ailleurs, le pays souffre depuis longtemps de l’épidémie de sida, qui touche un habitant sur cinq et réduit significativement l’espérance de vie.


« Le Botswana, “miracle africain”, change de président », France 24, 30 mars 2018

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La corvée de l’eau en Zambie

La corvée de l’eau en Zambie

Quelles sont les conséquences sociales et territoriales des mutations en cours en Afrique australe ?


C
Des dynamiques inégales au sein des pays

Une transition inégale selon les régions. Dans chaque pays, les inégalités restent fortes entre des régions enclavées et des régions connectées aux infrastructures de transport. L’écart entre les régions majoritairement rurales et les territoires urbains se creuse. L’indice de Gini est révélateur de fortes inégalités qui subsistent dans chaque pays. L’Afrique du Sud a ainsi l’indice de Gini le plus élevé au monde.

Des métropoles en concurrence. Si le réseau des métropoles est largement dominé par Johannesburg et Le Cap, les autres métropoles se veulent elles aussi attractives.

Des métropoles très fragmentées. Les inégalités sont fortes et les héritages spatiaux de la ségrégation raciale sont toujours nombreux, comme les Townships. Si les métropoles sont des vitrines de la mondialisation, elles comportent aussi des espaces délaissés qui abritent les populations exclues de ce dynamisme récent.
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