COURS 3


3
Une insertion progressive dans la mondialisation




A
Une région façonnée par les transports et les mobilités

L’héritage de la colonisation et du régime d’Apartheid. Certains déplacements de population sont très anciens et structurent encore le territoire. Les guerres pré‑coloniales ont par exemple vidé certaines régions. La colonisation a aussi façonné le réseau des voies ferrées, laissant des voies transnationales qui forment le réseau le plus dense du continent. D’importants ports d’exportation (la capitale de l’Angola, Luanda ; la capitale du Mozambique, Maputo ; Durban et Port‑Élisabeth en Afrique du Sud) datent de cette période. L’Apartheid a aussi marqué l’espace : les travailleurs non‑blancs ne logeaient pas sur leur lieu de travail mais dans les Bantoustans. De nombreuses lignes de bus ou de chemin de fer sont un héritage de ces mobilités.

Un pôle migratoire. L’Afrique australe, en particulier l’Afrique du Sud, est un pôle migratoire ancien pour tout le continent. L’Afrique du Sud accueille majoritairement des migrants originaires du Zimbabwe, du Mozambique et des autres pays d’Afrique australe. Les flux en provenance du reste du continent sont en augmentation. Ces migrations se dirigent principalement vers les métropoles. Elles ont été récemment une source de tensions en Afrique du Sud, où des violences xénophobes ont éclaté contre des réfugiés (Doc. 2).

La diversification des flux touristiques. Si les Big Five des safaris font toujours rêver, la préservation de la nature est de plus en plus prioritaire, surtout pour les pays qui vivent de la rente touristique. L’écotourisme se développe ; les Peace Parks (voir dossier) permettent de préserver le patrimoine naturel transfrontalier. On voit aussi se structurer un tourisme plus régional, de métropole à métropole : les city‑break (courts séjours) attirent des touristes africains, et inscrivent les métropoles (notamment Le Cap) dans le circuit mondial.

Comment les mobilités diverses intègrent‑elles l’Afrique australe dans la mondialisation ?


2
Les tensions liées aux migrations en Afrique du Sud

  Personne ne sait exactement combien de non Sud‑Africains résident dans le pays. Le gouvernement avance parfois le chiffre de 5 à 6 millions, dont la moitié en situation irrégulière, la majorité étant des Zimbabwéens. Mais selon les différentes organisations qui travaillent avec les migrants, les chiffres seraient plus proches des 2 à 3 millions. Un flou qui permet justement au gouvernement de justifier une politique migratoire plus sévère. […] Le sujet de l’immigration est sensible en Afrique du Sud, deuxième économie du continent. Les migrants affluent de toute l’Afrique : Zimbabwe, Malawi, Swaziland, Nigeria, République démocratique du Congo, mais aussi Éthiopie, Somalie, Tanzanie. Et avec un taux de chômage à plus de 25 %, les Sud‑Africains, notamment dans les townships, ont souvent du mal a accepter la présence de ces étrangers, ce qui donne régulièrement lieu à des incidents xénophobes.


« L'Afrique du Sud, très mauvais élève en matière d'accueil des migrants », RFi, 26 mars 2016

Chiffres-clés

69,2 %

des touristes en Afrique du Sud sont d’origine africaine


5

grands mammifères emblématiques de l’Afrique australe (Big Five)


3,2 milliards

de téléspectateurs ont regardé la coupe du monde de football de 2010 en Afrique du Sud

Vocabulaire

  • Bantoustan : territoire où étaient reléguées les populations noires pendant l’Apartheid.
  • Central Business District (CBD) : quartier des affaires.
  • Écotourisme : tourisme qui défend le respect de l’environnement.
  • Gated communities : communautés fermées, c’est-àdire résidences sécurisées en général destinées aux classes moyennes ou aisées dans une logique de l’entre‑soi.
  • Peace Parks : parcs naturels protégés et transfrontaliers, qui permettent à deux pays de coopérer à une échelle locale.

B
Une identité faite de multiples influences, au rayonnement important

L’accueil d’événements internationaux. La région accueille régulièrement des événements internationaux qui lui donnent une visibilité mondiale. La Coupe du Monde de football en 2010 a ainsi permis d’accueillir près de dix millions de visiteurs en Afrique du Sud. Les métropoles sud‑africaines, comme Durban (conférence en 2011 sur le changement climatique), sont régulièrement les villes‑hôtes de sommets et conférences internationales.

L’intégration à la mondialisation se lit dans les paysages. Dans les métropoles, les CBD (Doc. 1), les shopping malls (centres commerciaux) ou les banlieues pavillonnaires avec des résidences fermées et sécurisées (les gated communities) témoignent de l’ancrage dans la mondialisation. Comme dans toutes les grandes villes africaines, le mode de vie urbain est largement influencé par la culture occidentale (musiques, modes vestimentaires, alimentation, etc.).

Une identité nourrie d’héritages multiples. La fin des régimes de ségrégation a rendu leur visibilité aux identités africaines pré‑coloniales. Celles‑ci sont valorisées tant dans les discours que dans les usages. Les vestiges de la colonisation européenne sont également très présents. La vie quotidienne est parsemée de traces de cette occupation ancienne. Les uniformes scolaires, la conduite à gauche, le rugby rappellent par exemple l’influence britannique. Les pays de la région revendiquent aujourd’hui la spécificité de leurs identités, traversées par ces influences multiples.

Johannesburg est le New York de l’Afrique.
Center for Development and Enterprise

1
Le CBD de Johannesburg

Le CBD de Johannesburg


GEO.2nde.Ch10.Cours.camp-afrique

Réfugiés zimbabwéens en Afrique du Sud.

Géo-histoire

Des mouvements migratoires anciens

Des mouvements
migratoires
anciens

Au début du XIXe siècle, alors que les Européens commencent à s’installer à l’intérieur des terres, le royaume zoulou (actuelle Afrique du Sud) connaît une forte expansion sous l’impulsion de son roi Shaka. Sa politique très agressive provoque la fuite de nombreux autres clans vers le sud, l’ouest et le nord, pour certains jusqu’au Malawi et en Tanzanie. Ce mouvement est appelé Mfecane (la « guerre sans fin »). En conséquence, certaines terres se sont complètement vidées, ou ont été très affaiblies, ce qui a permis aux colonisateurs européens de s’y installer et d’en prendre facilement le contrôle. D’autres clans ont au contraire réagi à ces conflits en se réorganisant : c’est le cas des Basotho, à l’origine de l’actuel Lesotho, qui ont pu résister beaucoup plus fortement à l’avancée des Européens. L’Afrique australe porte encore les stigmates de ce vaste mouvement militaire et démographique.

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