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Devenir héroïne/héros : destins romanesques
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Thème 1 : Devenir héros/héroïne : destins romanesques
Chapitre 2
Texte et image 3
Parcours différenciés

Vous en saurez beaucoup

✔ J'identifie les différentes étapes pour devenir chevalier

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Miniature anonyme pour la Quête du Saint-Graal, XIVe siècle.
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Texte audio

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Texte

Le jeune Gallois, ayant revêtu l'armure et pris les armes du Chevalier Vermeil, poursuit sa route. Il rencontre un gentilhomme1, Gornemant de Goort, qui décide de faire son éducation de chevalier.

   Alors le gentilhomme le fit monter à cheval, et le garçon se mit à porter la lance et le bouclier aussi correctement que s'il avait toujours passé sa vie en tournois et en guerres et parcouru toutes les terres en quête de batailles et d'aventures : cela lui venait de Nature, et puisque Nature le lui apprenait et que le cœur s'y consacrait tout entier, rien ne pouvait lui être difficile, du moment que Nature et son cœur s'y employaient. [...] Quand il eut achevé son tour, il s'en revint devant le gentilhomme, lance levée comme il le lui avait vu faire, et lui dit : « Seigneur, l'ai-je bien fait ? Croyez-vous que mes efforts ne seront pas inutiles, si j'en prends la peine ? Jamais je n'ai rien vu que j'aie autant désiré. Comme je voudrais en savoir autant que vous !
   – Ami, avec du cœur2, fait le gentilhomme, vous en saurez beaucoup : inutile de vous inquiéter. »
   Le gentilhomme, par trois fois, monta à cheval et, par trois fois, il lui enseigna, en fait d'armes3, tout ce qu'il pouvait lui apprendre, jusqu'à ce que sa leçon fût complète. Par trois fois il le fit monter à cheval. À la troisième reprise, il lui dit : « Ami, si vous rencontriez un chevalier, que feriez-vous, s'il vous frappait ?
   – Je le frapperais à mon tour.
   – Et si votre lance se brise ?
   – Alors, il n'y aurait rien d'autre à faire qu'à me précipiter sur lui en me servant de mes poings.

Le Gallois est accueilli chez le gentilhomme.

   – Non, ami, ce n'est pas ce que vous ferez.
   – Que ferai-je donc ?
   – C'est à coups d'épée que vous irez l'attaquer. »
   Le gentilhomme se baissa et lui chaussa l'éperon4 droit. C'était alors la coutume que celui qui faisait un chevalier devait lui chausser l'éperon. Il y avait beaucoup d'autres jeunes gens dont chacun, quand il le pouvait, prêta la main pour l'armer. Le gentilhomme prit l'épée ; il la lui ceignit5 et lui donna la colée6 en lui disant qu'il lui avait conféré7 avec l'épée l'ordre le plus élevé que Dieu eût créé et établi : c'est l'ordre de chevalerie qui n'admet pas de bassesse.
   « Cher frère, ajouta-t-il, souvenez-vous-en, s'il arrive qu'il vous faille combattre contre un chevalier, voici ce que je veux vous dire et vous prier de faire : si vous avez le dessus si bien qu'il ne puisse plus se défendre contre vous ni vous résister, et qu'il lui faille demander grâce8, ne le tuez pas sciemment9. Gardez-vous aussi d'être trop bavard et de trop colporter les bruits10. Personne ne peut être bavard sans dire souvent une parole qu'on lui impute à bassesse11. Le sage le dit et l'enseigne : “À trop parler, péché on fait.” C'est pourquoi, cher frère, je vous interdis de trop parler, et je vous fais aussi cette prière : si vous trouvez un homme ou une femme, demoiselle ou dame, qui soit dans l'embarras, aidez-le, aidez-la, vous ferez une bonne action, si vous savez le faire et si vous le pouvez. Voici une autre chose que je vous commande, ne la traitez pas par le dédain12, car elle n'est pas à dédaigner : allez volontiers à l'église prier Celui qui a tout créé d'avoir pitié de votre âme et de vous garder en ce monde terrestre comme son fidèle chrétien. »
Chrétien de Troyes,
Perceval ou le Conte du Graal, XIIe siècle, trad. Jean Dufournet, © Éditions Flammarion, 2025.

1. Homme noble de naissance.
2. De la volonté.
3. En matière de combats.
4. Pièce métallique à l'arrière du talon qui permet de piquer le cheval pour le faire accélérer.
5. Attacha à la ceinture.
6. Petite frappe sur la nuque qui fait partie du rituel de l'adoubement.
7. Donné.
8. Reconnaître sa défaite et demander à avoir la vie sauve.
9. Volontairement.
10. Évitez aussi d'être trop bavard et de trop répandre les rumeurs.
11. Qui ne soit un signe de bassesse.
12. Mépris.
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Texte numérique
Le discours d'une mère

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Le discours d'une mère


Alors que le jeune homme a décidé de se rendre auprès du roi Arthur pour devenir chevalier, sa mère, désespérée, lui donne quelques conseils.

« Cher fils, je veux vous donner une leçon qu'il vous importe de bien comprendre, et si vous acceptez de la retenir, il pourra vous en venir grand bien. Vous serez chevalier avant peu, mon fils, s'il plaît à Dieu, et je suis d'accord. Si vous trouvez ici ou là une dame qui ait besoin d'aide ou une jeune fille désemparée, préparez-vous à l'aider si elle vous le demande, car tous les honneurs en dépendent. Qui ne porte pas honneur aux dames, il est fatal qu'il perde son propre honneur. Servez les dames et les jeunes filles, vous en serez partout honoré ; et, si vous en priez une d'amour, gardez-vous de l'importuner1, ne faites rien qui lui déplaise. D'une jeune fille on obtient beaucoup avec un baiser ; si elle consent à ce baiser, je vous défends de prendre le surplus2, si vous voulez bien y renoncer pour moi. Si elle a un anneau à son doigt ou une aumônière3 à sa ceinture, et si elle vous en fait don par amour pour vous ou à votre prière, il me sera agréable que vous emportiez son anneau. L'anneau, je vous autorise à le prendre, ainsi que l'aumônière. Cher fils, je veux encore vous dire autre chose : en chemin ou à l'hôtel4, ne restez jamais longtemps avec un compagnon sans lui demander son nom ; finissez par savoir son nom, car par le nom on connaît l'homme. Cher fils, parlez aux gens de bien5, allez avec les gens de bien : un homme de bien n'abuse pas ceux qui lui tiennent compagnie. Par-dessus tout, je veux vous inviter à aller dans les églises et les monastères prier Notre-Seigneur qu'Il6 vous donne en ce monde l'honneur et vous accorde une conduite qui vous permette de faire une bonne fin7. [»] »
Chrétien de Troyes,
Perceval ou le Conte du Graal, XIIe siècle, trad. Jean Dufournet, © Éditions Flammarion, 2025.

1. Si vous faites la cour à une femme, veillez à ne pas l'importuner. 2. Je vous interdis d'en abuser.
3. Bourse, sorte de petit porte-monnaie.
4. Désigne le logement d'un hôte, c'est-à-dire d'une personne qui accueille.
5. Personnes qui ont de bonnes valeurs.
6. Pour qu'Il.
7. De mourir en homme digne.

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Parcours différenciés

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Questionnement A

Pour commencer

1. Résumez cet extrait en trois temps : l'entraînement au combat, l'adoubement et les recommandations.

Comprendre, interpréter, apprécier

2. Au début du texte, qu'est-ce qui permet de comprendre que le jeune homme sera un excellent combattant ? Donnez deux éléments.
3.
Lexique

a) Comment le gentilhomme appelle-t-il le Gallois à la ligne 51 ?
b) Que veut-il dire en employant ce mot ?
4. Selon vous, parmi les recommandations du gentilhomme, laquelle est la plus surprenante et laquelle est la plus essentielle ?
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Questionnement B

Pour commencer

1. Résumez cet extrait : en trente secondes, donnez un maximum d'informations de façon claire et organisée.

Comprendre, interpréter, apprécier

2. Quels sont les trois éléments qui nous font comprendre que le jeune homme deviendra un excellent combattant ?
3.
Lexique

a) De quel nom « colée » (l. 46) est-il dérivé ?
b) Donnez un mot de la même famille.
4. Lisez le texte ci-dessous et comparez les recommandations que le jeune homme avait reçues de sa mère avec celles que lui fait le gentilhomme.
Texte numérique - Le discours d'une mère

Le discours d'une mère


   Alors que le jeune homme a décidé de se rendre auprès du roi Arthur pour devenir chevalier, sa mère, désespérée, lui donne quelques conseils.

« Cher fils, je veux vous donner une leçon qu'il vous importe de bien comprendre, et si vous acceptez de la retenir, il pourra vous en venir grand bien. Vous serez chevalier avant peu, mon fils, s'il plaît à Dieu, et je suis d'accord. Si vous trouvez ici ou là une dame qui ait besoin d'aide ou une jeune fille désemparée, préparez-vous à l'aider si elle vous le demande, car tous les honneurs en dépendent. Qui ne porte pas honneur aux dames, il est fatal qu'il perde son propre honneur. Servez les dames et les jeunes filles, vous en serez partout honoré ; et, si vous en priez une d'amour, gardez-vous de l'importuner, ne faites rien qui lui déplaise. D'une jeune fille on obtient beaucoup avec un baiser ; si elle consent à ce baiser, je vous défends de prendre le surplus1, si vous voulez bien y renoncer pour moi. Si elle a un anneau à son doigt ou une aumônière2 à sa ceinture, et si elle vous en fait don par amour pour vous ou à votre prière, il me sera agréable que vous emportiez son anneau. L'anneau, je vous autorise à le prendre, ainsi que l'aumônière. Cher fils, je veux encore vous dire autre chose : en chemin ou à l'hôtel3, ne restez jamais longtemps avec un compagnon sans lui demander son nom ; finissez par savoir son nom, car par le nom on connaît l'homme. Cher fils, parlez aux gens de bien, allez avec les gens de bien4 : un homme de bien n'abuse pas ceux qui lui tiennent compagnie. Par-dessus tout, je veux vous inviter à aller dans les églises et les monastères prier Notre-Seigneur qu'il vous donne en ce monde l'honneur et vous accorde une conduite qui vous permette de faire une bonne fin. [»]
Chrétien de Troyes,
Perceval ou le Conte du Graal, XIIe siècle, trad. Jean Dufournet, © Éditions Flammarion, 2025.

1. Je vous interdis d'en abuser.
2. Bourse, sorte de petit porte-monnaie.
3. Désigne le logis d'un hôte, c'est-à-dire d'une personne qui accueille.
4. Personnes qui ont de bonnes valeurs.
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Bilan commun

Quelles qualités ou valeurs doit avoir un chevalier, selon cet extrait ?
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À l'écrit


Rédigez la charte de la chevaleresse/du chevalier moderne en cinq à sept règles.
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À l'oral

Vous êtes tuteur/tutrice d'un(e) élève qui arrive en 6e. À l'aide du règlement intérieur du collège et de la charte rédigée dans l'activité À l'écrit, faites-lui vos recommandations.
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