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Un centre de mise à mort : Treblinka
P.98-99

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Dossier


Un centre de mise à mort : Treblinka




Compétence

Je connais et j'utilise le vocabulaire adapté

Problématique

Comment les nazis mettent-ils en oeuvre l’extermination des Juifs et des Tziganes ?

Introduction

À partir de 1942, les nazis construisent des camps et des centres de mise à mort pour exterminer les Juifs et les Tziganes. Treblinka est le centre le plus meurtrier, après celui d’Auschwitz. Environ 900 000 Juifs y sont déportés, puis assassinés.

Doc. 1
La Solution finale

Désormais, à la place de l’émigration, la prochaine solution à envisager, avec l’aval préalable du Führer, est l’évacuation des Juifs vers l’est [...]. Les Juifs évacués passeront d’abord, convoi par convoi, par des ghettos de transit, et de là seront transportés plus loin à l’est [...]. Au cours de la solution finale, les Juifs de l’Est devront être mobilisés pour le travail [...]. En grandes colonnes de travailleurs, séparés par sexe, les Juifs aptes au travail seront amenés à construire des routes dans ces territoires, ce qui permettra une diminution substantielle de leur nombre. Pour finir, il faudra appliquer un traitement approprié à la totalité de ceux qui resteront.


Compte-rendu de la conférence de Wannsee (près de Berlin), 20 janvier 1942.

Doc. 2
La déportation vers Treblinka

On nous a ordonné de monter dans le train. Près de 80 personnes ont été entassées dans chaque wagon pour un voyage sans retour [...]. Dans le wagon, il faisait de plus en plus chaud et étouffant. Nous manquions d’air [...]. Après d’infinies souffrances, nous sommes arrivés à Malkinia, où le train est resté immobilisé toute la nuit [...]. Le lendemain matin, le train est reparti, puis s’est arrêté en gare de Treblinka. J’ai vu passer un train, rempli de gens à demi nus ou en guenilles, de toute évidence affamés.


Témoignage de Yankel Wiernik, rescapé de Treblinka (Pologne, aout 1942), 1944.

Doc. 2
La déportation vers Treblinka

<stamp theme='his-green2'>Doc. 2</stamp> La déportation vers Treblinka


Doc. 3
Le plan du camp de Treblinka

800h33c6

Doc. 4
L’arrivée au camp

Vassili Grossman est un écrivain juif soviétique qui a participé à la découverte du camp de Treblinka. Son livre, écrit à partir de témoignages de survivants du camp, a été traduit en plusieurs langues dès sa sortie en 1945.

Quels étaient ceux que les convois amenaient ? Des Juifs surtout, mais aussi des Polonais, des bohémiens. [...] 40 SS et 60 [gardiens] travaillaient au « transport », c’est-à-dire à ce que j’appellerai la première phase de l’opération : réception du convoi, acheminement des « voyageurs » vers la « gare » et la place [...]. Les objets de valeur étaient emportés au dépôt ; les lettres, les photos de nouveau-nés, de frères, de fiancées, les faire-part de mariage jaunis par le temps, ces milliers de choses infiniment chères et précieuses pour ceux à qui elles appartiennent, mais qui pour les maitres de Treblinka n’offraient aucun intérêt, étaient réunies en tas et jetées dans d’immenses fosses [...]. Et la place, balayée à la hâte, était prête à recevoir un nouveau contingent. [...] « Achtung1 ! » La voix du Scharführer2 jetait dans le silence tragique la formule consacrée [...] : « Les hommes restent où ils sont. Les femmes et les enfants iront se déshabiller dans les baraques à gauche. » Alors c’étaient des scènes affreuses. L’amour maternel, conjugal, filial leur disait à tous qu’ils se voyaient pour la dernière fois.


Vassili Grossman, L’Enfer de Treblinka, 1945.

Doc. 5
Les chambres à gaz

Quand je suis arrivé dans le camp, il y avait déjà trois chambres à gaz. Durant ma détention, dix autres chambres ont été construites [...]. Un tuyau à gaz arrivait dans la chambre [...]. 400 à 500 personnes à la fois étaient poussées dans une chambre de 25 m2 [...]. En moins de 25 minutes, tous étaient morts, allongés les uns près des autres [...]. À nous revenait la tâche de les transporter jusqu’aux fosses [...]. Il arrivait que l’on gazât jusqu’à 20 000 personnes par jour [...]. Toute la place était jonchée d’objets divers : des millions de vêtements, de lingerie et autres effets avaient été abandonnés par les gens derrière eux [...]. Un jour, un convoi de 70 Tziganes est arrivé de Varsovie [...]. Les bourreaux [...] les ont liquidés exactement de la même manière que les Juifs.


Témoignage de Yankel Wiernik, rescapé de Treblinka, 1944.

Doc. 6
Bilan

  • 876 000 tués 
    • dont 845 000 Juifs du ghetto de Varsovie et d’autres ghettos polonais 
    • 29 000 Juifs d’autres régions d’Europe  
    • 2 000 Tziganes
  • Une révolte : 2 aout 1943 (700 morts, 40 survivants).
  • 67 survivants comptabilisés en 1945. 


D’après le centre Simon-Wiesenthal.

Vocabulaire

  • Un centre de mise à mort ou camp d’extermination : camp destiné à l’extermination immédiate des Juifs et des Tziganes.
  • Une déportation : déplacement forcé d'une population ou de prisonniers vers une région isolée ou dans des camps.
  • Un génocide : mise à mort programmée, méthodique et organisée de tout un peuple en raison de son origine, de sa religion, de son appartenance ethnique ou culturelle.
  • La Solution finale : expression employée par les nazis pour désigner l’extermination des Juifs entre 1942 et 1945.
  • Les Tziganes : populations d’Europe, de tradition nomade.



<stamp theme='his-green2'>Doc. 7</stamp>

Exercice 1

Voir les réponses
1
Que décident les nazis ? Comment désignent-ils les Juifs ?



2
Décrivez la déportation à Treblinka.



3
Comment la mise à mort a-t-elle lieu ? Quelles populations sont concernées ?



4
Identifiez les parties du camp consacrées à l’extermination. Que faisait-on des cadavres ?



5
Qui est l’auteur du document ? Quelles sont ses sources ?



6
Quels éléments montrent qu’il s’agit d’un génocide ?



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