COURS 2


La démocratie athénienne (Ve‑IVe siècles av. J.‑C.)




Écho des temps

2 000 ans de démagogie
Le mot « démagogie » revient souvent pour dénoncer les discours de certains hommes politiques contemporains qui, pour plaire au peuple, seraient prêts à déformer la réalité. Ce terme grec signifie, mot à mot, « la conduite du peuple » : être démagogue, c’est essayer de flatter le peuple et de jouer sur ses passions pour mieux le manipuler. De fait, le fonctionnement de la démocratie athénienne, où les débats sont extrêmement importants, permet aux meilleurs orateurs de séduire la foule par la force de leur logos (discours). Périclès aurait par exemple poussé les Athéniens dans la guerre du Péloponnèse afin d’éviter un procès pour mauvaise gestion des fonds publics. Aujourd’hui, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la montée en puissance d’une nouvelle forme de démagogie.

2 000 ans de démagogie




À Athènes s’épanouit un régime politique original. Rome, l’autre grande cité du monde méditerranéen antique, choisit un autre modèle politique.

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… partageant les mêmes droits…

Les assemblées. Trois assemblées de citoyens se partagent les principaux pouvoirs : la Boulè prépare les lois ; l’Ecclésia les vote ; l’Héliée rend la justice. Tous les citoyens peuvent participer à l’Ecclésia ; la participation aux deux autres assemblées se fait par tirage au sort (doc. 2).

Les magistratures. Les dirigeants politiques sont des magistrats. Les plus importants sont initialement les archontes, peu à peu supplantés par les stratèges, chargés de diriger l’armée et directement élus par le peuple.

L'isonomie. La démocratie athénienne repose, à partir des réformes de Clisthène, sur l’isonomie : tous les citoyens sont égaux devant la loi et ont les mêmes droits. Le débat, sur l’agora ou au théâtre (doc. 3), est au cœur de la vie politique athénienne.

Le théâtre de Dionysos (Athènes)

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Le théâtre de Dionysos (Athènes)

Construit au Ve siècle av. J.‑C., pouvant accueillir 17 000 spectateurs, le théâtre de Dionysos est à la fois un édifice de spectacle, où sont représentées les tragédies et les comédies, un espace religieux dédié à Dionysos et un lieu politique où tous se retrouvent lors des fêtes des Grandes Dionysies.

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… et des devoirs communs.

La terre et l'autarcie. Les citoyens sont les seuls à avoir le droit de posséder la terre dans la région d’Athènes, l’Attique. Ils doivent la cultiver pour assurer l’autarcie de la cité, c’est-à-dire son indépendance économique.

Le soldat-citoyen. Après avoir été formés aux armes lors de l’éphébie (doc. 4), les citoyens doivent défendre leur cité en cas de guerre. Ceux qui peuvent se payer un équipement servent comme hoplites (fantassins) et les plus pauvres deviennent rameurs sur les navires de guerre (les trières).

Inégalités de richesses et liturgies. Les anciennes familles aristocratiques conservent un grand prestige et occupent souvent les plus importantes magistratures. En contrepartie, elles doivent financer la vie religieuse, militaire et culturelle de la cité. C’est ce qu’on appelle les liturgies.
La population d’Athènes au IVe siècle av. J.‑C

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La population d’Athènes au IVe siècle av. J.‑C.


En grec ancien, on ne dit pas « Athènes », mais « la cité des Athéniens » : qu’est-ce qui définit le cercle restreint des citoyens d’Athènes ?


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Une communauté de citoyens…

Les citoyens d’Athènes. Ce sont tous des hommes majeurs. Pour la plupart, ils sont nés à Athènes de parents athéniens. De manière exceptionnelle, la citoyenneté athénienne peut être donnée à un étranger qui a rendu service à la cité.

Les femmes et la transmission de la citoyenneté. Les femmes athéniennes sont dites citoyennes mais n’ont pas accès aux assemblées et ne sont pas éligibles comme magistrats. Elles jouent un rôle central dans la transmission de la citoyenneté : à partir des réformes de Périclès, seuls les jeunes garçons nés de deux parents athéniens peuvent devenir citoyens à leur majorité. Les femmes ont un rôle avant tout domestique, mais elles participent également à la vie civique, par exemple lors des cérémonies religieuses.

Les non-citoyens : esclaves et étrangers. Les citoyens et leurs femmes représentent une minorité de la population athénienne (doc. 1). En plus des métèques, aux droits limités, les esclaves, nombreux, n’ont aucun droit et sont considérés comme des biens possédés par des particuliers ou par la cité.

Vocabulaire

Agora : lieu de rassemblement de la cité. À Athènes, les principales institutions siègent sur l’agora.

Éphébie : à leur majorité (18 ans), les jeunes Athéniens sont inscrits comme éphèbes. Ils doivent alors accomplir 2 ans de service militaire.

Isonomie : égalité de droits (pour les citoyens).

Liturgies : services publics que les plus riches des citoyens gèrent et financent.

Magistrats : représentants du peuple, tirés au sort ou élus, chargés de diriger Athènes. Leur charge ne dure qu’un an.

Métèques : étrangers qui ne sont pas citoyens mais qui ont accès à la justice. Beaucoup sont des marchands.

Repères

Les réformes de Clisthène (508-507 av. J.-C.)

Les réformes de Clisthène
(508-507 av. J.-C.)

Au VIe siècle av. J.-C., Athènes était une tyrannie. Clisthène, un aristocrate opposé aux tyrans, réforme le régime athénien et fait de l’isonomie le nouveau fondement de la vie politique. Il réorganise l’Attique (territoire d’Athènes) et la divise en dèmes : la répartition des citoyens est maintenant géographique et ne repose plus sur la richesse. Clisthène est donc considéré comme l’inventeur de la toute première démocratie.


Les institutions d’Athènes

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Les institutions d’Athènes


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Le serment des éphèbes

À 18 ans, les jeunes garçons athéniens deviennent citoyens : ils sont inscrits dans un dème, puis suivent l’éphébie, une période de deux ans durant laquelle ils sont formés pour devenir de bons hoplites (les fantassins des armées grecques).

Je ne déshonorerai pas mes armes sacrées et je n’abandonnerai pas mon voisin là où je serai en rang. Je défendrai ce qui est sain et sacré, et ne remettrai pas à mes successeurs la patrie amoindrie, mais plus grande et plus forte, agissant seul ou bien avec tous. J’obéirai à ceux qui, tour à tour, gouvernent sagement, aux lois établies et à celles qui sagement seront établies. Si quelqu’un entreprend de les détruire, je ne le laisserai pas faire, agissant seul ou bien avec tous, et j’honorerai les cultes ancestraux. Que connaissent de ce serment, les dieux, Aglauros, Hestia, Ényo, Ényalos, Arès, et Athéna Areia, Zeus, Thallô, Auxô, Hégémone, Héraclès, les bornes de la patrie, les blés, les orges, les vignes, les olives, les figues.

Inscription athénienne du IVe siècle av. J.‑C.
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