Texte 1


L’abbé Grégoire, De la traite et de l’esclavage des Noirs (1815)




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Entrer dans le texte

1

a. Reformulez avec vos propres mots la thèse défendue par Grégoire.

b. À votre avis, à qui ce texte s’adresse-t-il ?



L’argumentation par la persuasion

2

Au début du texte, l’abbé Grégoire donne une définition de la traite. Cette définition pourrait-elle figurer dans un dictionnaire ? Pourquoi ?


3

Quelle tonalité domine dans le premier paragraphe ? Et dans le deuxième ?


4

a. À quoi sont comparés les esclaves à plusieurs reprises ? Citez le texte.

b. Quels sont les effets produits par cette comparaison ?



L’argumentation logique

5

Identifiez trois arguments des esclavagistes et les réponses de Grégoire.


6

a. Quel type de raisonnement est utilisé dans la phrase de « Si les habitants de Haïti... » à « ...contre ses agresseurs. » ? (voir Fiche p. 526).

b.
GRAMMAIRE
Réécrivez cette phrase en utilisant l’irréel du passé (voir Fiche p. 468).


7
Texte écho
Quel paradoxe Robespierre souligne-t-il ?



Vers le commentaire

8
Quels moyens l'abbé Grégoire utilise-t-il pour défendre sa thèse ?



ORAL
Choisissez un extrait du discours de Grégoire et prononcez-le en imaginant que vous êtes face à une assemblée, et en utilisant le ton et la gestuelle adéquats pour persuader votre auditoire.
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◈ Ressource complémentaire



Du XVIe au XIXe siècle, les Européens transportent des esclaves noirs depuis l'Afrique jusqu'aux colonies américaines. Cette « traite atlantique » se fait dans des conditions inhumaines. Le général Boyer-Peyreleau décrit ici les conditions de vie des esclaves à bord d'un navire négrier.

  Qu'on se figure des êtres humains entassés comme des ballots de marchandises dans des compartiments qu'une cupidité barbare leur a ménagés avec parcimonie, où ils ne respirent qu'un air méphitique1 qui les tue […]. Ces malheureux, la plupart décharnés et accroupis comme des brutes, soutiennent à peine leur tête où l'on ne découvre presque plus d' expression ; de jeune femmes de 15 à 16 ans exténuées de besoin et de misère, tiennent des enfants à leurs mamelles déjà pendantes et desséchées. L'horreur de ce tableau est encore accrue par les maladies que l'insalubrité et les privations ont produites. Le quart plus ou moins de la cargaison est ordinairement moissonné2 pendant la traversée et ceux qui survivent paraissent insensibles à la mort de leurs compagnons, le même sort les attend d'un instant à l'autre. Pourrait-on s'imaginer que des hommes qui se disent civilisés et chrétiens se rendent ainsi de sang froid les bourreaux d'autres hommes dont tout le tort envers eux est d'être nés sous d'autres cieux et d'être d'une couleur différente ?

Eugène-Édouard Boyer-Peyreleau, Les Antilles françaises, particulièrement la Guadeloupe, depuis leur découverte jusqu'au 1er novembre 1825, tome I, 1825.

1. Malsain, toxique.
2. Ici : tué.

A. de Girardin-PortraitToussaint-Louverture
Alexandre de Girardin, Portrait de Toussaint Louverture, 1804 - 1805, huile sur toile, 65 × 54 cm.