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« C’est le voyage qui vous fait, ou vous défait »
P.318

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« C’est le voyage qui vous fait, ou vous défait »

Nicolas Bouvier





L’Usage du monde n’invite pas seulement à la découverte de pays éloignés. Pour Nicolas Bouvier, le voyage est une quête intérieure, tout autant qu’une découverte du monde extérieur.


Un récit à la croisée des genres

À l’origine du récit de voyage

Le Devisement du monde (ou Le livre des merveilles, 1298) est le premier grand récit de voyage dans le monde occidental. Mais c’est à la Renaissance, dans le cadre des grands voyages d’exploration, que se développe ce genre hybride dont Hérodote (Histoires, vers 445 av. J.-C.) avait posé les jalons. À la croisée des voix (de l’aventurier, du scientifique, du géographe, de l’historien, du missionnaire), le récit de voyage est surtout à la croisée des formes : journal, lettre, enquête ethnographique, poésie, récit réel ou fictif.


Le mélange des genres dans L’Usage du monde

L’Usage du monde se situe aussi à la frontière de plusieurs genres littéraires : cette oeuvre relève en effet de l’autobiographie (► textes 1 et 3 ) ou du journal (texte 4 ). Elle rappelle également les récits d’aventure, par les obstacles que doivent surmonter les protagonistes ( texte 4 ). Elle laisse enfin une place à la poésie (► texte 2 ), puisque Nicolas Bouvier intègre certains poèmes à son récit, en s’inscrivant ainsi dans la lignée d’auteurs tels que Henri Michaux (► Récits de voyageuses et de voyageurs, texte C).

L’Usage du monde : un art du voyage

Le voyage comme ouverture à l’imprévu

Tout en racontant son odyssée, Nicolas Bouvier élabore un véritable art du voyage. Il évoque à plusieurs reprises la lenteur comme étant le luxe le plus précieux du voyageur (texte 3), par exemple lorsqu’il écrit : « Prendre son temps est le meilleur moyen de n’en pas perdre ». Il invite aussi à accueillir l’imprévu et affirme, dans une autre maxime : « On voyage pour que les choses surviennent et changent » ( texte 3).


Un voyage initiatique ?

Nicolas Bouvier explique, dans L’Usage du monde, que le voyage fait éprouver « une sorte de réduction » et amène le voyageur à « de plus humbles proportions ». Ce voyage initiatique est donc paradoxal puisqu’il conduit à la disparition de soi.

Voyage et écriture

Un conflit entre la vie et l’écriture ?

À plusieurs reprises, Nicolas Bouvier fait part de la difficulté qu’il éprouve à écrire, tout occupé qu’il est à voyager et à vivre pleinement son voyage : « être heureux me prenait tout mon temps », dit-il pour se justifier de trop peu écrire. À la dernière page du récit, il affirme également que les mots ne peuvent suffire à décrire complètement le sentiment de plénitude qui l’habite ( texte 5).


L’écriture, reflet de la vie

Pourtant, le voyage semble avoir constitué une préparation à l’écriture, parce qu’il a appris à l’auteur à s’effacer lui-même et à voir le monde avec plus d’acuité. Huit ans après son voyage, Nicolas Bouvier le retrace à travers l’écriture et fait ressentir au lecteur, par le travail des mots, ce que lui-même a ressenti au cours de son long périple.
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