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DOSSIER 2



La Nouvelle‑Calédonie, une colonie pénitentiaire





1
Colonisation et réserves kanakes au début du XXe siècle

Colonisation et réserves kanakes au début du XXe siècle

La colonisation s’étend sur la côte ouest à partir des centres urbains et pénitentiaires : Nouméa et son bagne de l’île Nou, les bourgs ruraux et pénitentiaires de La Foa, Bourail et Pouembout, le bourg rural de Koné. Sur la côte est, la présence européenne reste limitée : elle se concentre autour des mines de Houaïlou et de Canala.

2
Spoliation et soumission au régime de l’indigénat des Kanaks

Non seulement la tribu des Poyes est, comme tant d’autres tribus, écrasée par l’impôt de capitation1 qu’elle ne peut payer, mais, comme tant d’autres aussi, elle a été cruellement spoliée2 : par arrêté du 26 janvier 1900, on lui a enlevé 500 hectares et on lui a alloué à titre d’indemnité cinquante centimes par hectare. […]

Depuis des années, le Comité de protection et de défense des indigènes n’a cessé d’appeler l’attention du ministre des colonies sur la Nouvelle‑Calédonie. La situation faite aux indigènes de cette grande île est peut‑être la plus cruelle qui puisse être signalée dans nos possessions coloniales. En pleine paix et cinquante ans après la prise de possession, les propriétés des indigènes et leur liberté personnelle y sont entièrement livrées au bon plaisir et à l’arbitraire de l’Administration. […]

Nos malheureux sujets, ces Français de la Nouvelle‑Calédonie, car s’ils ne sont pas citoyens, ils sont, du moins, officiellement et légalement Français, sont soumis à une spoliation continue et systématique qui a pris, dans les dernières années, des proportions gigantesques.


Mémoire du Comité de protection et de défense des indigènes, 1901.

1. Impôt par tête (calculé à partir du nombre de personnes vivant au sein de la tribu).
2. Volée.

La Nouvelle‑Calédonie, une colonie pénitentiaire

Quelles sont les particularités de la colonisation de la Nouvelle‑Calédonie ?


4
Bagnards envoyés en Nouvelle‑Calédonie entre 1864 et 1897

Bagnards envoyés en Nouvelle‑Calédonie entre 1864 et 1897

Les déportés, opposants politiques condamnés à l’exil, sont essentiellement constitués de deux groupes : les communards, dont Louise Michel, et les insurgés de la révolte kabyle en Algérie de 1871. Les communards sont amnistiés en 1879 ; ils rentrent presque tous en métropole. Les Kabyles, restés sur place, s’intègrent progressivement au sein de la société coloniale.

Questions

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Comparer des documents

1. Identifiez les raisons et les moyens mis en œuvre par le colonisateur pour exploiter et exproprier les populations kanakes de leurs terres. (Doc. 1 et 2)

2. Expliquez les conséquences de cette politique sur les populations kanakes. (Doc. 2)

3. Identifiez les différentes catégories de colons, leurs points communs et leurs différences. (Doc. 2, 3, 4 et 5)

4. Expliquez les objectifs de la métropole lorsqu’elle transforme la Nouvelle‑Calédonie en colonie pénitentiaire. (Doc. 3 et 4)


Question de synthèse

5. Répondez à la problématique de l’étude sous la forme d’un développement construit.

3
Différentes catégories de bagnards

Quelle est la situation faite à tous ceux que la mère patrie juge à propos d’éloigner de son territoire tout en les gardant soigneusement sous surveillance ? […] Trois formes d’élimination sociale : la déportation, la transportation, la relégation.

La déportation est pour les condamnés politiques une atténuation de la peine de mort. Une loi de 1872 avait affecté aux déportés la presqu’île Ducos en Nouvelle‑Calédonie, l’île des Pins, l’île Maré. […]

La transportation a été introduite en 1852 comme une faveur aux forçats en cours de peine dans les bagnes […] dans le but d’employer les forçats à la colonisation et les moralisant par un travail utile. Les lieux de transportation sont actuellement la Guyane, la Nouvelle‑Calédonie, le Gabon et Obok. […]

Quant à la relégation, ce n’est pas une peine, à proprement parler, puisqu’elle ne doit être appliquée qu’à l’expiration de la peine principale. C’est plutôt une mesure sanitaire que prend la mère‑patrie à l’égard des repris de justice qu’elle juge incorrigibles et dangereux.

La relégation peut être individuelle ou collective. […] Sous la réserve de certaines mesures d’ordre et de surveillance, les relégués individuels sont libres dans la colonie. Leur situation est à peu près celle de forçats qui ont accompli leur peine.


« Déportés, transportés, relégués », Le XIXe siècle, 27 février 1895.

Située aux antipodes de la métropole, la Nouvelle‑Calédonie devient à partir des années 1860 une colonie pénitentiaire. Aux bagnards et aux quelques colons libres européens s’ajoute à la fin du XIXe siècle une main‑d’œuvre asiatique appelée à travailler dans les mines. Conçue comme une terre d’expérimentation sociale sur le modèle australien, la colonisation est particulièrement violente à l’égard des populations indigènes kanakes. Expropriées de leurs terres, elles sont victimes d’une quasi‑extinction : de 45 000 en 1887, elles passent à 27 000 en 1900.

5
La ville de Numbo et l’île de Nou

Louise Michel, Légendes et chants de gestes canaques, 1885, dessin au fusain.

Louise Michel est l’une des seules déportées politiques à avoir pris le parti des Kanaks lors de la révolte de 1878 et à s’être intéressée à leur culture.
L’île de Nou est un site pénitentiaire situé à proximité de la ville de Nouméa.
Louise Michel, Légendes et chants de gestes canaques, 1885, dessin au fusain.
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