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L'ESSENTIEL


Voter : une affaire individuelle ou collective ?





3
Le vote, œuvre d’un citoyen libre et éclairé ?

  • Si le principe du suffrage universel est vite acté en France, il n’en va pas de même pour celui du vote secret (pourtant constitutionnalisé depuis 1795). En effet, les électeurs voient leurs choix contrôlés de multiples manières : bulletins écrits par d’autres pour cause d’illettrisme du votant, bulletin remis au président du bureau de vote et non glissé par le citoyen dans l’urne, etc. Il faut attendre 1913 pour que soient adoptés l’enveloppe et l’isoloir, garanties ultimes d’un choix libre. À partir de ce moment, le vote peut être perçu comme un choix individuel. Si les variables sociales pèsent sur ce choix, il peut aussi être analysé comme un choix de l’individu.
  • Comment les citoyens s’y prennent‑ils pour effectuer leur choix parmi les différentes options qui s’offrent à leur vote ? La théorie du vote sur enjeux postule l’existence d’un électeur rationnel, compétent politiquement, capable d’ajuster son vote à l’offre politique et à la conjoncture politique et économique. Ainsi, dans le débat public (plus particulièrement à l’occasion des campagnes électorales), un certain nombre de problématiques émergent, autour desquelles les choix des électeurs vont se structurer, à la condition que ces questions créent bien des clivages entre candidats.
  • Au fil du temps, ce caractère individuel du vote semble faire décliner l’influence des appartenances collectives. (→ voir dossier 3)

Les notions à connaître

Abstention électorale

Fait, pour un individu inscrit sur les listes électorales, de ne pas participer à un scrutin.

Comportement électoral

Ensemble des attitudes des citoyens face aux élections. Cela comprend à la fois le fait de participer ou non aux élections et l’orientation du vote.

Mobilité électorale/volatilité électorale

Fait pour un électeur de ne pas voter pour le même candidat ou parti d’un scrutin à un autre, ou d’alterner participation et abstention. La mobilité peut être intra‑bloc (voter pour des partis différents, mais toujours pour la gauche par exemple) ou inter‑bloc (passer de la droite à la gauche et inversement).

Non‑inscription

Fait, pour un individu qui remplit pourtant toutes les conditions pour le faire, de ne pas s’inscrire sur les listes électorales.

Participation électorale

Fait, pour un individu inscrit sur les listes électorales, de participer effectivement au scrutin.

Taux d’abstention

Proportion d’électeurs inscrits sur les listes électorales ne participant pas à une élection donnée. Il se calcule en divisant le nombre d’abstentionnistes par le nombre d’électeurs inscrits.

Taux de participation

Proportion d’électeurs inscrits sur les listes électorales participant à une élection donnée. Il se calcule en divisant le nombre de personnes ayant participé à l’élection par le nombre d’électeurs inscrits.

Variables sociales explicatives du comportement électoral

Caractéristiques sociologiques des électeurs qui influencent à la fois l’orientation politique et la participation politique. Parmi ces variables, l’appartenance à une classe sociale et la religion sont vues comme des « variables lourdes », expliquant fortement le vote.

Vote de classe

Théorie selon laquelle l’appartenance à une classe sociale déterminée influe sur le comportement électoral.

Vote sur enjeux

Théorie selon laquelle les électeurs orientent leur vote en fonction de leur opinion sur un ensemble de problèmes politiques, qu’ils confrontent aux solutions proposées par les différents candidats.

Supplément numérique

Attention aux notions


Ne pas
confondre

Les différentes formes de volatilité électorale

La volatilité électorale est un concept, qui peut désigner des phénomènes très divers dans leur nature :
  • L’évolution des intentions de vote des électeurs et électrices au cours d’une campagne électorale donnée ;
  • Les mécanismes de transferts de voix entre les différents tours d’une élection, notamment quand le « premier choix » des électeurs et électrices se trouve éliminé ;
  • Les trajectoires de vote des électeurs et électrices entre plusieurs consultations successives (par exemple entre deux élections présidentielles). Cette dernière forme de volatilité est celle qui focalise le plus l’attention médiatique. Cependant, elle est difficile à mesurer : l’offre politique change d’une élection à une autre.

Ne pas
confondre

Non‑inscription et mal‑inscription

  • Les électeurs et électrices non inscrits ne figurent sur aucune liste électorale. Il leur est par conséquent impossible de pouvoir voter, où que ce soit sur le territoire français.
  • Les électeurs et électrices mal inscrits sont bel et bien inscrits sur les listes électorales, mais ce sont celles d’un lieu qui n’est pas celui du bureau de vote le plus proche de leur domicile actuel. La mal-inscription est très souvent liée à la mobilité géographique. Par exemple, un individu oublie de s’inscrire sur les listes électorales du bureau de vote le plus proche après un déménagement, ou encore déménage après la clôture des inscriptions pour le scrutin suivant.

1
Comprendre et mesurer le vote, un enjeu central

  • Des élections régulières au suffrage universel constituent, avec la séparation des pouvoirs, l’un des marqueurs les plus importants des démocraties modernes. Peut‑on en effet expliquer, et donc anticiper, le comportement électoral des citoyens ?
  • Une question importante est celle de la mesure de la participation électorale : les électeurs inscrits votent-ils ou non lors d’une élection ? Cette participation se mesure par le taux d’abstention et le taux de participation.
  • Cependant, cette mesure de l’abstention doit être complétée par celle de la non‑inscription : certaines personnes remplissent les conditions pour être inscrites sur les listes électorales, mais ne le sont pas. (→ voir dossier 1)

4
Le vote deviendrait‑il moins prévisible ?

  • Si la volatilité électorale (encore appelée mobilité électorale) n’est pas un phénomène nouveau, l’intensité des alternances politiques depuis les années quatre‑vingt en France suscite l’interrogation : les électeurs et électrices deviennent‑ils de moins en moins fidèles aux partis ?
  • Le « vote de classe » semble s’éroder, et tout particulièrement la relation qui unit les ouvriers à la gauche. Depuis les années quatre‑vingt, ceux‑ci s’éloignent de la gauche pour se rapprocher de la droite et, de plus en plus, de l’extrême droite. Cette volatilité est liée à une plus faible identification à la classe ouvrière, et aux difficultés rencontrées sur le marché du travail.
  • La volatilité électorale peut aussi être interprétée comme signe d’un électorat de plus en plus diplômé, moins prisonnier de ses appartenances sociales, capable d’utiliser son vote comme une arme stratégique.
  • Mais la volatilité électorale est assez difficile à mesurer : l’offre politique change au fil du temps. (→ voir dossier 4)

2
Les comportements électoraux, reflets de la socialisation des citoyens ?

  • La sociologie électorale montre que de multiples mécanismes sociaux pèsent sur la manière dont les citoyens se saisissent de leur vote. Des variables sociales explicatives du comportement électoral sont progressivement mises en évidence. (→ voir En Théorie)
  • Elles peuvent être regroupées en différents ensembles : les variables sociodémographiques (genre, âge, lieu de résidence), les variables socio-culturelles (niveau de diplôme, appartenance religieuse, origine ethnique) et les variables socio‑économiques (statut socio-professionnel, niveau de revenus, détention ou non d’un patrimoine, diversité ou non de ce même patrimoine). Le vote, expression d’une opinion, peut alors être perçu comme le produit d’une socialisation spécifique. Ces variables rendent l’orientation électorale relativement prévisible. (→ voir dossier 2)
  • Ces variables peuvent aussi permettre de comprendre l’abstention électorale. L’abstention la plus évidente à comprendre est l’abstention « hors‑jeu », qui est celle des individus les plus éloignés du monde politique. Leur abstention peut alors s’expliquer par une faible intégration sociale, mais aussi par un faible sentiment de compétence politique. Ces deux éléments peuvent être redoublés par un intérêt moindre pour la politique. Cependant, l’abstention peut aussi être « dans le jeu » elle est alors le fait de personnes bien intégrées et intéressées par la politique, parfois même engagées en politique. (→ voir dossier 1)
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