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L'homme, un danger pour la planète ?
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L'homme, un danger pour la planète ?




Objectif

Je lis l'interview de deux grands écologistes.

HUBERT REEVES, JEAN‑LOUIS ÉTIENNE, We Demain

  En décembre 2015 a eu lieu, en France, le sommet climatique du Bourget. Pour préparer cette réunion, plusieurs scientifiques ont rédigé un rapport qui conclut que « l’influence humaine est bien la cause dominante du réchauffement climatique observé depuis le milieu du XXe siècle ». Partant de là, les journalistes de la revue We Demain interviewent deux écologistes : Hubert Reeves et Jean-Louis Étienne.

  We Demain : L’homme est-il plus que jamais un prédateur pour sa planète ?
  Hubert Reeves : Plus il y a d’humains, plus la technologie évolue, et plus la tentation d’asservir1 la planète est grande. Avec des instruments qui deviennent de plus en plus puissants, l’homme parvient aujourd’hui à faire des choses prodigieuses. Comme réchauffer sa planète, ce qui n’est pas rien, ou acidifier2 l’océan. Ce mouvement a commencé il y a deux cent mille ans. Au début, nos ancêtres n’étaient pas très nombreux, pas très puissants. Mais, peu à peu, ils ont eu un impact de plus en plus ravageur sur leur planète. L’intelligence d’Homo sapiens lui a permis de survivre à une période où il était mal protégé : il a progressé, a appris à se défendre, à fabriquer des armes [...]. Progressivement, cette intelligence est devenue une arme dont il doit désormais reconsidérer la finalité3. Car il a pris conscience qu’elle peut le mettre en péril.
  Jean-Louis Étienne : L’homme est un mutant surdoué. Il a, comme le dit Hubert, créé des outils de plus en plus puissants qui impactent gravement la planète. L’animal naît et meurt avec le même « équipement » : plumes, griffes, sens de l’orientation. Il évolue, mais lentement. L’oiseau ne fera jamais l’acquisition du dernier GPS ! L’homme, lui, renouvelle constamment ses armes. […]

 We Demain : Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve : le titre de votre dernier livre est-il un acte de foi4 dans l’intelligence humaine ?
  H. R. : À la fin du XIXe siècle, aux États-Unis, on coupait les séquoias5, 60 millions de bisons avaient été massacrés, les baleines étaient menacées… Il y eut alors un groupe d’individus pour penser qu’il ne fallait pas seulement déplorer cette situation, mais faire quelque chose. Ce fut la naissance des grands mouvements écologiques qui arrivèrent en Europe au début du XXe siècle et qui sont à l’origine des conférences de Rio et Copenhague6. L’humanité fut alors assez intelligente pour dire « on ne peut pas continuer comme ça, on est sur la mauvaise voie ». L’homme vivait avec cette idée, déjà présente dans la Bible et reprise par Descartes, qu’il était le chef-d’œuvre de la création et qu’il avait tous les droits ; qu’il devait mettre la nature à son service. Puis on s’est dit qu’il fallait repenser l’humanisme, que l’homme était une espèce parmi d’autres et qu’il dépendait des autres espèces. La règle de la nature veut que si vous ne vivez pas en harmonie avec elle, vous disparaissez.
 J.-L. É. : L’homme [...] a l’intelligence des solutions. Il a conscience des problèmes et de ce qu’il est en train d’infliger7 à la planète. À nous de faire en sorte que notre intelligence soit portée par une conscience plus forte que le profit aveugle, qui nous mène droit dans le mur.

  We Demain : Quelles implications le « mur », celui de la surchauffe du climat, peut-il avoir sur l’homme et sa planète ?
  J.-L. É. : On ne ressent pas le réchauffement climatique : 0,8 degré par siècle, cela demeure imperceptible8. [...] L’Arctique se réchauffe beaucoup plus que les autres régions du monde. Il change de couleur. Il était blanc avec de la glace sur l’océan et de la neige sur le continent : cela renvoyait le rayonnement solaire. On perd le potentiel froid de L’Arctique. On a ouvert la porte du frigo… et on la laisse ouverte ! On va vers des détentes massives et brutales de chaleur accumulée à la surface des océans : les tempêtes tropicales se transforment en cyclone, les inondations se multiplient. Avec la fonte des glaces, le niveau des océans monte : une dysharmonie climatique est enclenchée.

HUBERT REEVES, JEAN-LOUIS ÉTIENNE, We Demain, « Quel avenir pour l’homme, ce mutant surdoué ? », entretien croisé 12 décembre 2013.

1. Soumettre.
2. Rendre plus acide.
3. Le but.
4. Une marque de confiance.
5. Grands arbres.
6. Voir Éclairage.
7. De faire subir.
8. Dont on ne se rend pas compte.

HUBERT REEVES

HUBERT REEVES

(né en 1932)


HUBERT REEVES (né en 1932) est Québécois. Diplômé en astrophysique, il enseigne longtemps à l’université de Montréal avant de s’investir dans des activités écologiques. Depuis 2001, il est le président de l’association Humanité et Biodiversité.

JEAN-LOUIS ÉTIENNE

JEAN-LOUIS ÉTIENNE

(né en 1946)


JEAN-LOUIS ÉTIENNE (né en 1946) est un médecin et explorateur français. Il est le premier homme à rejoindre le pôle Nord en solitaire en 1986, en tirant derrière lui son traîneau. Défenseur de la planète, il a aussi étudié la dérive de la banquise liée au réchauffement climatique sur son bateau l’Antarctica.

L’homme et la Création

H. Reeves affirme que « l’homme vivait avec cette idée, déjà présente dans la Bible et reprise par Descartes, qu’il était le chef‑d’œuvre de la création et qu’il avait tous les droits ». Descartes a en effet écrit dans le Discours de la méthode (1637) que « les hommes sont maîtres et possesseurs de la nature ». Il reprend l’idée de la Genèse : « Dieu dit : Faisons l’homme à notre image [...] et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre. »
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Le texte

COMPÉTENCE - Je lis des images et des documents composites

L’intelligence de l’homme

1
Comment comprenez‑vous cette définition : « L’homme est un mutant surdoué » (deuxième paragraphe) ?



2
De quelle manière l’intelligence de l’homme différencie celui-ci de l’animal ? Pour répondre, relevez et commentez la remarque humoristique de J.-L. Étienne.



3
Pourquoi, selon H. Reeves, cette intelligence est-elle devenue un danger pour la planète ?



L’impact de l’homme sur la planète

4
Quels impacts négatifs l’homme a-t-il eus sur la faune et la flore à la fin du XIXᵉ siècle ?



5
« On a ouvert la porte du frigo… et on la laisse ouverte ! » a) Qui est « on » ? b) Que veut nous faire comprendre J.-L. Étienne ? c) Quel est l’intérêt d’utiliser une métaphore ?



6
a) Après avoir expliqué la formation du mot « dysharmonie » (dernière phrase), proposez une définition de ce nom. b) Quels sont les exemples de dysharmonie et de dérèglement climatiques donnés par l’écologiste ?



Limiter l’impact des actions humaines

7
Quelles actions ont déjà été menées pour atténuer l’impact de l’homme sur la planète ?



8
Relevez les phrases qui montrent que les deux scientifiques gardent espoir en l’homme.



9
Et vous, quelles solutions imaginez-vous ?

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Le Jardin d’Eden en mutation

Pandarévolution
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Les images

1
Doc. 1 (⇧) Observez la vignette de gauche. À quel épisode biblique fait-elle allusion ? Justifiez votre réponse.



2
Doc. 1 (⇧) a) Comparez l’arbre à la centrale de la 3ᵉ vignette. Comment les éléments du premier dessin ont-ils évolué ? b) Que dénonce ce dessin de presse ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur les couleurs et l’expression du visage.



3
Doc. 2 (⇧) a) Quel est le slogan de cette affiche ? b) Comment ce slogan est‑il traduit sur l’image ? Pour répondre, demandez-vous quel tableau célèbre reprend cette affiche et comparez les différents personnages.



4
Doc. 1 (⇧) et Doc. 2 (⇧) a) Ces deux documents montrent une inquiétude pour la planète. L’un des deux vous semble-t-il porteur d’un message plus positif ? b) Lequel vous semble mieux illustrer l’interview d’H. Reeves et de J.-L. Étienne ?

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Les sommets écologiques

Régulièrement, les dirigeants des différents pays se réunissent pour prendre des mesures internationales et des engagements afin de tenter d’atténuer l’impact de l’activité humaine sur la nature. Deux sommets se sont tenus à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992 et 2012. En 2009, un sommet à eu lieu à Copenhague (Danemark) et en 2015 à Paris (COP 21).
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