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Texte 7


Antoinette Deshoulières, « Ballade » (1684)




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1

a. Quelles caractéristiques de la ballade retrouve-t-on ?

b. Présentez sa forme (type de strophe, de vers, de rimes).


La satire

2
Que reproche la poétesse aux amoureux de son temps ? Pour répondre, donnez un titre à chaque strophe et justifiez en relevant les termes péjoratifs.


3
GRAMMAIRE

a. Réécrivez les vers 12-13 à l’irréel du présent puis à l’irréel du passé (voir Fiche p. 468).

b. De quelle manière cela modifie-t-il le propos ?


La nostalgie de la fin’amor

4

a. Quelles attitudes la poétesse regrette-t-elle ?

b. Quels termes font référence à la fin’amor (voir Prolongement p. 92) ?

5
Quel est l’effet produit par la répétition du refrain ?


La réponse de La Fontaine

6
À quels indices voit-on que la ballade de La Fontaine est une réponse à celle de Deshoulières ?

7

a. Que répond La Fontaine ?
b. Quelle tonalité emploit-il ? Lisez aussi l’envoi et justifiez par des citations précises.



Vers le commentaire

8
Comment la satire du présent met-elle le passé en valeur ?


ORAL
Quelles attitudes voudriez-vous reprocher aux amoureux du XXIe siècle ? Utilisez la forme de votre choix (discours, slam, chanson, etc.) pour répondre.
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◈ Ressource complémentaire


François Villon, « Ballade des dames du temps jadis » (vers 1462)

Le dernier mot du poème d’Antoinette Deshoulières rappelle le titre de deux ballades de François Villon : la « Ballade des dames du temps jadis ».

Ou, la très savante Héloïse
Pour qui, châtré, devint moine
Pierre Abélard à Saint-Denis ?
Son amour lui valut cette peine.
Pareillement où est la reine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté dans un sac en Seine ?
Où sont les neiges de l’an passé ?

La Reine Blanche comme un lis
Qui chantait d’une voix de sirène,
Berthe aux pieds plats, Béatrice, Alice,
Érembourg qui détint le Maine,
Et Jeanne, la vaillante Lorraine
Brûlée par les Anglais à Rouen,
Où sont elles, où, Vierge souveraine ?
Où sont les neiges de l’an passé ?

Prince, toute une semaine, tout cet an même,
Ne cherchez pas où elles sont
Sans qu’au refrain je vous ramène :
Où sont les neiges de l’an passé ?

François Villon, « Ballade des dames du temps jadis », vers 1462, Anthologie de la poésie française : Moyen âge, XVIe siècle, XVIIe siècle, édition de Jean-Pierre Chauveau et alii, trad. de Gérard Gros, 2000, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade.

Découvrez ce poème chanté par Georges Brassens :


Texte écho
Jean de La Fontaine, « On aime encor comme on aimait jadis » (1696)

La ballade d’Antoinette Deshoulières entraîna des réponses, parmi lesquelles cette ballade de Jean de La Fontaine, publiée après sa mort.

Qu’à caution tous amants soient sujets,
C’est une erreur qui les bons discrédite.
On voit au monde assez d’amants discrets ;
La race encore n’est pas toute détruite ;
Quoi qu’en ait dit femme un peu trop dépite1,
Rien n’est changé du siècle d’Amadis,
Hors que pour être amitié2 maintenue
Plus n’est besoin d’Urgande Desconnue3 ;
On aime encor comme on aimait jadis.

Il est bien vrai qu'on choisit les objets
Plus n'est le temps de dame sans mérite ;
Quand beauté luit sous simples bavolets4,
Plus prisés sont que reine décrépite ;
Sous quelque toit que Bonne-Grâce habite,
Chacun y court, jusqu'aux plus refroidis
Depuis Adam cela se continue ;
Et, quand Grâce est de Bonté soutenue,
On aime encor comme on aimait jadis.

Dans le vieux temps il fut des cœurs coquets ;
Plus qu'à présent, Amour fut hypocrite
Pas n'est besoin que je prouve ces faits,
C'est vérité dans mainte histoire écrite.
Amants savaient faire la chattemite5 ;
Ce n'est que d'eux que nous l'avons appris ;
D'eux jusqu'à nous la chose est parvenue
Puisque par eux elle nous est connue,
On aime encor comme on aimait jadis.

Quand Céladon6 au pays de Forêts
Était prôné comme un amant d'élite,
On vit Hylas7, patron des indiscrets,
En plein marché tenir autre conduite.
Bref, en tout temps Amour eut à sa suite
Sujets loyaux et sujets étourdis ;
Or n'en est pas la coutume perdue
Comme autrefois la mode en est venue,
On aime encor comme on aimait jadis.

ENVOI

Toi qui te plains d'Amour et de ses traits,
Dame chagrine, apaise tes regrets ;
Si quelque ingrat rend ton humeur bourrue,
Ne t'en prends point à l'enfant de Cypris8 ;
Cause il n'est pas de ta déconvenue :
Quand la dame est d'attraits assez pourvue,
On aime encor comme on aimait jadis.

Jean de La Fontaine, « On aime encor comme on aimait jadis », ballade XI, Œuvres posthumes, 1696.


1. Dépitée.
2. (Ici) Amour.
3. Fée du roman d’Amadis.
4. Coiffure villageoise couvrant l'arrière et les côtés de la tête.
5. Savent être hypocrites.
6. Héros de L’Astrée d’Honoré d'Urfé (1607), modèle de l'amant délicat.
7. Personnage de la mythologie grecque, séduit et enlevé par les nymphes.
8. L'enfant de Vénus, c'est-à-dire Cupidon, le dieu de l'Amour.

Dessin Antoinette Deshoulieres.
Antoinette Deshoulières, « Ballade » (1684)

En 1684, dans sa tragédie lyrique Amadis, qui met en scène un chevalier modèle de la fin’amor, Lully délaisse les sujets antiques et remet le Moyen Âge à la mode pendant quelque temps. C’est dans ce contexte qu’Antoinette Deshoulières écrit la ballade suivante.

À caution tous amants sont sujets1 :
Cette maxime en ma tête est écrite.
Point n’ai de foi pour leurs tourments secrets ;
Point auprès d’eux n’ai besoin d’eau bénite,
Dans cœur humain probité2 plus n’habite
Trop bien encore a-t-on les mêmes dits
Qu’avant qu’astuce au monde fût venue ;
Mais, pour d’effets, la mode en est perdue :
On n’aime plus comme on aimait jadis.

Riches atours3, table, nombreux valets,
Font aujourd’hui les trois quarts du mérite.
Si des amants soumis, contents, discrets,
Il est encor, la troupe en est petite :
Amour d’un mois est amour décrépite4.
Amours brutaux sont les plus applaudis.
Soupirs et pleurs feraient passer pour grue ;
Faveur est dite aussitôt qu’obtenue,
On n’aime plus comme on aimait jadis.

Jeunes beautés en vain tendent filets ;
Les jouvenceaux, cette engeance maudite5,
Font bande à part ; près des plus doux objets,
D’être indolent6 chacun se félicite.
Nul en amour ne daigne être hypocrite ;
Ou si, parfois, un de ces étourdis
À quelques soins s’abaisse et s’habitue,
Don de merci7 seul il n’a pas en vue ;
On n’aime plus comme on aimait jadis.

Tous jeunes coeurs se trouvent ainsi faits.
Telle denrée aux folles se débite, Coeurs de barbons8
sont un peu moins coquets ;
Quand il fut vieux le diable fut ermite,
Mais rien chez eux à tendresse n’invite ;
Par maints hivers désirs sont refroidis ;
Par maux fréquents humeur devient bourrue.
Quand une fois on a tête chenue9,
On n’aime plus comme on aimait jadis.

ENVOI

Fils de Vénus, songe à tes intérêts ;
Je vois changer l’encens10 en camouflets11 :
Tout est perdu si ce train continue.
Ramène-nous le siècle d’Amadis12.
Il t’est honteux qu’en cour d’attraits pourvue,
Où politesse au comble est parvenue,
On n’aime plus comme on aimait jadis.


Antoinette Deshoulières, « Ballade », 1684, texte établi d’après Œuvres de Mme et de Mlle Deshoulières, 1810.


1. On ne peut pas se fier aux amoureux.
2. Honnêteté.
3. Ce qui sert à la parure.
4. Dégradée. Amour est parfois au féminin au XVIIe siècle.
5. Les jeunes, cette espèce maudite.
6. Qui ne se donne pas de peine.
7. Relation sexuelle (lexique de la fin’amor).
8. Vieillards.
9. Blanchie par l’âge.
10. La louange mais aussi la résine qu’on brûle en l’honneur des dieux dans les temples.
11. Affronts.
12. Amadis de Gaule, héros de chevalerie, modèle de l’amant parfait et constant.
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L'image

1
Où se trouvent les personnages ?


2
Quelle histoire imaginez-vous en observant ce tableau ?

Frederic William Burton, La Rencontre dans l’escalier de la tourelle, 1864, aquarelle et gouache sur toile, Galerie nationale d’Irlande, Dublin.
Frederic William Burton, La Rencontre dans l’escalier de la tourelle, 1864, aquarelle et gouache sur toile, 95,5 × 60,8 cm, Galerie nationale d’Irlande, Dublin.
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