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Grande histoire d’une courte pièce





Les personnages de La Colonie


Variations autour d’un titre

La Nouvelle Colonie ou La Ligue des femmes, pièce en trois actes, représentée en 1729 au Théâtre-Italien de Paris, avait été un échec. Le public masculin n’était sans doute pas prêt à entendre de tels propos.

Vingt ans plus tard, Marivaux réécrit cette pièce en la condensant en un seul acte et dix-huit scènes. Elle est jouée pour la première fois en 1750, sous le titre La Colonie.
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1
Recherchez dans le dictionnaire les différents sens des mots « colonie » et « ligue ».


2
Quelles premières informations sur l’œuvre pouvez-vous déjà tirer de ces recherches ?

Texte A
ARTHÉNICE1, femme noble.

MADAME SORBIN, femme d’artisan.

MONSIEUR SORBIN, mari de Madame Sorbin.

TIMAGÈNE, homme noble.

LINA, fille de Madame Sorbin.

PERSINET2, jeune homme du peuple, amant de Lina.

HERMOCRATE, autre noble.

TROUPE DE FEMMES, tant nobles que du peuple.


1. Sylvia, dans la version de 1729.
2. Arlequin, dans la version de 1729.

L’héritage antique

De par son intrigue et ses personnages, La Colonie rappelle deux pièces du dramaturge antique Aristophane : Lysistrata et L’Assemblée des femmes.

Texte C
Juste avant l’aube, les Athéniennes se rassemblent. Déguisées en hommes pour pénétrer dans l’assemblée publique du peuple, interdite aux femmes, elles veulent prendre des mesures importantes pour la cité, à la place des hommes. Leur cheffe Praxagora répète le discours qu’elle tiendra devant les citoyens.

PRAXAGORA. – Combien elles nous surpassent en qualités, je vais le faire voir. […] La ville d’Athènes, en agissant sagement, ne serait-elle pas sauvée, si elle ne s’ingéniait d’aucune innovation ? Elles s’assoient pour faire griller les morceaux, comme autrefois ; elles portent les fardeaux sur leur tête, comme autrefois ; elles célèbrent les Thesmophories1, comme autrefois ; elles pétrissent les gâteaux, comme autrefois ; elles maltraitent leurs maris, comme autrefois ; elles ont chez elles des amants, comme autrefois ; elles s’achètent des friandises, comme autrefois ; elles aiment le vin pur, comme autrefois ; elles se plaisent aux ébats amoureux, comme autrefois. Cela étant, citoyens, en leur confi ant la cité, pas de bavardages inutiles, pas d’enquêtes sur ce qu’elles devront faire. Laissons-les gouverner tout simplement, ne considérant que ceci, c’est que, étant mères, leur premier souci sera de sauver nos soldats. Ensuite, qui assurera mieux les vivres qu’une mère de famille ? Pour fournir l’argent, rien de plus entendu qu’une femme. Jamais, dans sa gestion, elle ne sera trompée, vu qu’elles sont elles-mêmes habituées à tromper. J’omets le reste : suivez mes avis, et vous passerez la vie dans le bonheur.

Aristophane, L’Assemblée des femmes, 392 av. J.-C., trad. du grec d’Eugène Talbot, 1897.


1. Fêtes en l’honneur de Déméter, déesse de l’agriculture, célébrées par les femmes.

Texte B
Voici le début de la pièce Lysistrata.

CALONICE. – Bonjour, Lysistrata. Qu’est-ce donc qui te tracasse ? Quitte cet air sombre, mon enfant ; ne fronce pas les sourcils, cela ne te sied pas.

LYSISTRATA. – Calonice, le sang me bout dans les veines, et je souffre, pour notre sexe de voir les hommes nous regarder toutes comme des êtres malfaisants.

CALONICE. – C’est que nous le sommes, en effet, par Jupiter !

LYSISTRATA. – On leur avait dit de se trouver ici, pour délibérer sur une aff aire qui n’est pas de peu d’importance : elles dorment, au lieu de venir.

CALONICE. – Elles viendront, ma chère. Il n’est pas si aisé aux femmes de sortir de la maison. […]

LYSISTRATA. – Il y a des affaires plus pressantes qui les attendent.

CALONICE. – Mais, ma chère Lysistrata dans quel dessein as-tu convoqué les femmes ? Quelle est donc cette affaire ? [...] Il faut que ce soit bien subtil, pour avoir été retourné en tous sens.

LYSISTRATA. – Si subtil, que le salut de la Grèce entière est entre les mains des femmes.

Aristophane, Lysistrata, 411 av. J.-C., trad. du grec de Georges-Gustave Toudouze, 1943, Éditions Tallandier.


Affiche de Lysistrata, mise en scène de Raymond Acquaviva, 2011
Doc. 2
Affiche de Lysistrata, mise en scène de Raymond Acquaviva, 2011, Sudden Théâtre, Paris.
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7
Texte B et C et doc. 2
a. Quelle image de la femme cette affiche donne-t-elle ?

b. Quels liens pouvez-vous faire entre l’affiche et les paroles de Lysistrata et Praxagora ?


8
Texte C Comment Praxagora réussit-elle à mettre son éloquence au service de la cause défendue ?


9

a. D’après toutes vos réponses, quels seront les thèmes abordés dans La Colonie ?

b. Est-ce surprenant pour une œuvre du XVIIIe siècle ? Justifiez.
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3
Texte A Établissez un schéma des personnages, en tenant compte des liens qui les unissent et de leurs classes sociales.

4
Comment les noms des personnages nobles se distinguent-ils des autres ?


5
Cherchez dans la mythologie qui était Hermès. Quel rôle semble dévolu à Hermocrate ?


6
Doc. 1 En vous aidant du prénom de Persinet dans la version de 1729, dites où ce personnage pourrait se trouver sur le tableau de Jean-Baptiste Oudry.

Jean-Baptiste Oudry, Comédiens italiens dans un parc, vers 1710
Doc. 1
Jean-Baptiste Oudry, Comédiens italiens dans un parc, vers 1710, huile sur toile, 65,5 × 83 cm, musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

Portrait de Marivaux

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

(1688 - 1763)


◗ Marivaux naît en 1688 à Paris dans une famille de petite noblesse.

◗ Inscrit à la Faculté de droit en 1710, il préfère à ses études la fréquentation des salons célèbres où il découvre la préciosité ( ► voir p. 33 et 110). Il s’essaie alors à différents genres littéraires : romans, feuilletons, poèmes, chroniques journalistiques, comédies théâtrales. Dès 1722, Marivaux rencontre ses premiers succès de dramaturge ; il publie une quarantaine de pièces, parmi lesquelles les comédies suivantes : La Double Inconstance (1723), La Fausse Suivante (1724) et Le Jeu de l’amour et du hasard (1730), qui font de lui un témoin majeur de la société du XVIIIe siècle.

◗ Son nom a donné naissance au terme « marivaudage » qui décrit des échanges de propos galants d’une grande finesse, dans un but de séduction amoureuse.

◗ Marivaux est élu à l’Académie française en 1742.
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