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Défaire les étiquettes sur les « jeunes de banlieue »




Doc. 3
L’école comme lieu d’encouragement

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Questions

1. À l’aide du tableau, montrez qu’il y a une volonté d’encourager les élèves dans les appréciations.


2. Quel peut être l’intérêt d’un jugement portant plus sur le travail ou le sérieux que sur le don ou le talent ?

  Les encouragements priment sur le blâme. On peut distinguer la volonté nette de mettre en avant les éléments positifs […]. Les aspects négatifs sont, quant à eux, atténués. […] L’emploi de « juste », « correct », « moyen » y participe, tout comme celui de « mais », qui montre que, dans plus de 15 % des bulletins, il s’agit d’une appréciation en demi-teinte – où je commence d’ailleurs toujours par les aspects positifs. […] Quant aux éloges, ils portent quasi exclusivement sur des qualités scolaires implicitement reconnues comme mineures et minimales – le travail, le sérieux, les efforts et la progression – en ce qu’elles relèvent plus d’un patrimoine commun et donc également mobilisable que d’une logique du don et du talent […].

Fabien Truong, « Quand un prof enquête sur ses élèves. Objectivation, objections et objectifs », Genèses, janvier 2014.

Mot
Occurrence
Travail 251
Bien
(dont très bien)
129
29
Sérieux 107
Sérieuse 19
Effort(s) 95
Progrès 89
Résultats 86

Dans ce tableau, Fabien Truong relève les mots qu’il a le plus souvent utilisés dans les appréciations sur les bulletins de ses élèves. Le relevé lui permet de montrer comment sont jugés et perçus les élèves et leur travail.

L'enquête
Un travail de terrain pour suivre les parcours scolaires


Doc. 1
Enquêter sur ceux dont on ne parle jamais


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L'auteur

Fabien Truong est un sociologue qui a été professeur de SES pendant six ans dans plusieurs lycées de Seine-Saint-Denis.

Il s’intéresse au devenir des jeunes issus des établissements de l’éducation prioritaire. Pour ce faire, il enquête notamment sur le parcours et le destin de ses anciens élèves. C’est notamment le cas dans Jeunesses françaises. Bac+5 made in banlieue (2015), Récemment, il a écrit Loyautés radicales. L’Islam et les « mauvais garçons » de la nation (2017).

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Questions

1. Quelle est l’image la plus souvent associée aux jeunes habitants dans les banlieues populaires ?


2. Selon ce texte, pourquoi ces jeunes risquent‑ils d’être perçus comme déviants ou anormaux dans l’enseignement supérieur ?


  Pour cette enquête, j’ai suivi durant cinq à huit ans une vingtaine de jeunes ayant obtenu un bac général ES1 — autrement dit, les élèves les plus brillants de leurs établissements scolaires. Dans ces lycées, en moyenne, sur dix parents d’élèves, seuls deux avaient le bac. Ce qui permet de se rendre compte de ce que représente pour eux le fait d’obtenir le bac et d’entamer des études supérieures. Je me suis intéressé à ces jeunes parce qu’on ne parle jamais d’eux, alors qu’ils jouent le jeu de l’école républicaine. C’était aussi une façon de prendre au sérieux le discours méritocratique français et de mettre en lumière les trajectoires de réussite des jeunes des banlieues populaires. Trop souvent, on se contente d’affirmations telles que « quand on veut, on peut » ou « il faut être exceptionnel ». C’est évidemment plus compliqué que cela.

Fabien Truong, « Quand un prof enquête sur ses élèves. Objectivation, objections et objectifs », Genèses, janvier 2014.

1. Économique et social.

Doc. 4
Le rôle des normes religieuses dans le contrôle du quotidien


  Pour ces jeunes engagés dans une trajectoire scolaire positive, je constate que la pratique de l’islam, ou éventuellement d’une autre religion, peut être structurante, ne serait‑ce que dans l’apprentissage de la gestion du temps quand l’institution ne le prend pas en charge. Elle leur permet en outre de continuer à se penser comme des êtres moraux : « Ce que je fais, c’est bien. Je suis dans le droit chemin. » Dans cette situation très difficile que constitue pour eux l’intégration dans l’enseignement supérieur, cela peut être une aide. Le problème est qu’ils sont en permanence confrontés au discours de l’institution et de leurs camarades sur la crainte de l’islam et la peur du fondamentalisme. Pourtant, la plupart du temps, ils en parlent très peu, même entre eux, et sont loin de faire du prosélytisme. Et là aussi, il faut prendre en compte l’évolution des jeunes dans le temps. Je pense à une étudiante très attachée à l’islam lorsqu’elle avait intégré Sciences Po. La religion, d’une certaine façon, lui avait permis de tenir le coup. Par la suite, grâce à Sciences Po, elle a effectué des voyages en Turquie et au Liban. À son retour, elle a pris beaucoup de recul dans sa relation à la religion, car elle a pu mesurer à quel point sa pratique de l’islam se différenciait de celle observée au Liban. Ce qui la fait tenir ici divise là-bas…

Jérôme Vachon, « On ne parle jamais des jeunes de banlieue qui réussissent à l’école », Actualités sociales hebdomadaires, 2 octobre 2015.
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Questions

1. Pourquoi la pratique assidue de la religion peut‑elle sembler déviante en France aujourd’hui ?


2. Comment la pratique de l’islam a‑t‑elle pu faciliter l’intégration de certains jeunes dans l’enseignement supérieur ?


3. Comment le travail du sociologue permet‑il d’aller au‑delà des idées reçues ?


Les résultats
Comprendre les facteurs et les conditions de la réussite


Doc. 2
Pouvoir mobiliser des ressources


  On peut repérer les petits mouvements, les détails peu perceptibles dont les effets n’apparaissent bien souvent qu’à long terme. Je pense au fait d’avoir un frère ou une sœur déjà passé par l’enseignement supérieur, à des parents qui n’ont pas pu faire d’études et qui le regrettent, à certaines facilités matérielles, à un engagement associatif ou religieux. […] Pour les garçons qui intègrent la fac, il est important d’intégrer ce que j’appelle « un collectif d’alliés » car il est plus facile de faire à plusieurs l’expérience de la confrontation à un univers social différent.

Jérôme Vachon, « On ne parle jamais des jeunes de banlieue qui réussissent à l’école », entretien avec Fabien Truong, Actualités sociales hebdomadaires, 2 octobre 2015.
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Questions

1. D’après ce texte, quelles sont les conditions qui facilitent la réussite dans l’enseignement supérieur ?

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