DOSSIER 2



Comment les sondages expriment‑ils l’opinion publique ?





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Doc. 1

Un problème d’échantillon ?


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Questions

1. Selon vous, les résultats obtenus sont‑ils représentatifs des comportements de la population française ?


2. Comment cela pourrait‑il s’expliquer ?


Dans le cadre d’un cours de SES, des élèves sont chargés d’étudier les outils utilisés par la population pour s’informer sur l’actualité. Pour ce faire, ils décident de réaliser un sondage qu’ils produisent sur un réseau social numérique. Ils invitent ensuite leurs amis à répondre à la question posée et obtiennent cinquante réponses :

Quels outils utilisez-vous pour suivre l’actualité ?

[Plusieurs réponses sont possibles à l’exception de la dernière]

% des répondants utilisant l’outil
Télévision 10 %
Presse écrite 6 %
Smartphone 40 %
Radio 2 %
Aucun outil utilisé, pas de suivi de l’actualité 42 %

Doc. 2

Comment les sondages sont‑ils apparus ?


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Questions

1. Pour quelle raison peut‑on penser que le vote de paille est plus précis qu’un sondage portant sur 5 000 électeurs ?


2. Comment les sondages pour l’élection présidentielle américaine de 1936 ont‑ils obtenu un résultat plus fiable que les votes de paille ?

soudage d'opinion dans la rue en France
En France, c’est dans les années soixante que se développent les sondages d’opinion.

Point notion

Sondage d’opinion


Enquête qui vise à étudier les opinions d’une population grâce à la passation d’un questionnaire auprès d’un échantillon représentatif de cette population.

  Les sondages d’opinion sont nés aux États‑Unis. […] Les premiers véritables instituts de sondages, maniant les techniques représentatives, sont ceux que créent concurremment, à partir de 1935, trois Américains : Elmo Roper, George Gallup et Archibald Crossley. […] Lors de l’élection présidentielle américaine de 1936, peu d’observateurs […] pariaient sur la réélection de Roosevelt. Le magazine Literary Digest publia, selon la tradition de la presse du pays, un « vote de paille »1 recensant les suffrages recueillis par correspondance auprès de deux millions et demi d’électeurs qui avaient rempli un coupon à renvoyer : […] et le résultat du « vote de paille » fut celui d’une défaite de Roosevelt. Gallup, Crossley et Roper organisèrent, de leur côté, des sondages représentatifs sur des échantillons nationaux de 4 000 à 5 000 électeurs : Roosevelt y était réélu. La fiabilité du sondage électoral naissait.

Roland Cayrol , Opinion, sondages et démocratie, Les Presses de Sciences Po, 2011 (2e éd.).

1. Le vote de paille est une simulation d’élection organisée sur la base de nombreuses personnes (par exemple les lecteurs d’un journal).

Je fais le point

Connaître l’opinion publique est un enjeu central en démocratie, qui repose sur des élections et des référendums, qui ne peuvent pas être très fréquents. Les sondages d’opinion sont alors utiles. Ils reposent sur une méthodologie spécifique pour construire un échantillon de la population dont les comportements ou les opinions sont représentatifs de ceux de la population totale. Il est possible de constituer cet échantillon par tirage au sort ou sur la base de quotas.


Doc. 3

Comment construire un échantillon à interroger ?



  C’est en Norvège, en 1895, que fut constitué pour la première fois dans l’histoire un échantillon représentatif visant à épargner aux statisticiens un recensement complet de la population à étudier […] L’un des débats importants concerna l’utilisation des quotas : était‑il plus fiable de tirer au sort directement sur la liste des habitants ou convenait‑il d’y recourir une fois établis des quotas en fonction de critères comme le sexe, l’âge, le lieu de résidence et les revenus ? Si la méthode aléatoire pure semblait plus fiable dans des conditions idéales, elle était cependant menacée par des problèmes comme l’absence d’une liste exhaustive disponible, les refus de répondre d’une partie des enquêtés ou les difficultés d’accéder aux individus désignés par le sort. À l’inverse, la méthode des quotas impliquait une construction sociologique de catégories jugées pertinentes.

Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique. Tirage au sort et politique d’Athènes à nos jours, La Découverte, 2011.
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Questions

1. Quelle est l’utilité d’un échantillon représentatif ?


2. Quelles sont les deux méthodes utilisées pour le construire ?


3. Quelle est la méthode la plus fiable ? Pourquoi n’est‑elle pas la plus souvent utilisée ?

Je m'auto-évalue

Complétez le texte avec les termes suivants :
  • aléatoire
  • échantillon représentatif
  • opinion publique
  • quotas
  • sondages


Les
apparaissent comme une manière efficace de mesurer l’
. En interrogeant un
de la population, on peut estimer les opinions de la population totale. Pour construire cet échantillon, il est possible d’utiliser la méthode
(tirage au sort) ou celle des
.

Doc. 4

Les sondages produisent‑ils l’opinion publique ?


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Questions

1. Quels sont les trois postulats sur lesquels reposent les sondages ? Illustrez chacun d’entre eux.


2. Pourquoi est‑il critiquable de chercher à représenter l’état de l’opinion par des pourcentages ?


3. Quelles sont les conséquences de l’exclusion des non‑réponses ?

  Toute enquête d’opinion suppose que tout le monde peut avoir une opinion ; ou, autrement dit, que la production d’une opinion est à la portée de tous. […] Deuxième postulat : on suppose que toutes les opinions se valent. […] Troisième postulat implicite : dans le simple fait de poser la même question à tout le monde se trouve impliquée l’hypothèse qu’il y a un consensus sur les problèmes, autrement dit qu’il y a un accord sur les questions qui méritent d’être posées. […]

  L’« opinion publique » qui est manifestée dans les premières pages de journaux sous la forme de pourcentages (60 % des Français sont favorables à…), cette opinion publique est un artefact1 pur et simple dont la fonction est de dissimuler que l’état de l’opinion à un moment donné du temps est un système de forces, de tensions.

  [L]’effet fondamental de l’enquête d’opinion [est de]constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. […] La première opération, qui a pour point de départ le postulat selon lequel tout le monde doit avoir une opinion, consiste à ignorer les non‑réponses. […] En fait, il y a plusieurs principes à partir desquels on peut engendrer une réponse. Il y a d’abord ce qu’on peut appeler la compétence politique […]. Cette compétence politique n’est pas universellement répandue. Elle varie grosso modo comme le niveau d’instruction.

Pierre Bourdieu, « L’opinion publique n’existe pas », Questions de sociologie, Les Éditions de Minuit, 1981.

1. Objet artificiellement créé.
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