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Les défis de l’Union européenne
P.266-267

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COURS 2


Les défis de l’Union européenne



Quels sont les obstacles qui entravent l’intégration européenne ?


A
Les faiblesses de l’Union européenne

Elles tiennent dʼabord à des désaccords idéologiques et politiques. Ces derniers expliquent les difficultés de l’UE à adopter des politiques internationales communes. Par exemple, l’opposition entre ceux qui défendent une Europe souveraine et ceux qui comptent sur la protection états-unienne explique qu’il n’y ait pas de défense européenne – donc pas d’armée. Par ailleurs, le président du Conseil européen (le Belge Charles Michel depuis 2019) et la présidente de la Commission européenne (l’Allemande Ursula von der Leyen depuis 2019) n’ont pas de pouvoir contraignant sur les États, ce qui limite la mise en place de politiques communes. Ces divergences se sont cristallisées avec le Brexit. Le Royaume-Uni est le premier pays à sortir de lʼUnion européenne.

Les faiblesses sont aussi économiques. Le budget de l’UE ne correspond qu’à 1 % du PIB de la zone. Des concurrences nationales sont exacerbées par des difficultés dʼharmonisation de la fiscalité entre les pays.

L’UE apparaît comme un « monde ancien ». La population est vieillissante et le chômage marque certains États membres, ce qui soulève des problèmes sociaux. Les grandes universités européennes sont peu attractives par rapport aux universités nord-américaines et britanniques.

B
La montée des oppositions à l’ouverture européenne

Les partis eurosceptiques et illibéraux progressent en Europe. Ils ont obtenu des scores élevés aux élections européennes de 2019 (73 sièges pour l’extrême droite et 62 pour la droite eurosceptique pour un total de 751 sièges). Ils revendiquent le souverainisme et le protectionnisme économique, et sʼopposent aux politiques communes dʼaccueil des migrants. Le Premier ministre hongrois illibéral Viktor Orbán est lʼune des figures de cette tendance.

La politique économique de lʼUE est contestée par certains tenants des mouvements altermondialistes et écologistes. Très critiques sur les conséquences sociales, sanitaires, écologiques et agricoles du libre-échange, ils sʼopposent à l’influence des grandes FTN et prônent un raccourcissement des chaînes productives.

C
La question migratoire cristallise les tensions

Les migrants et réfugiés affluent vers lʼEurope ces dernières années. Les conflits, notamment en Irak, en Syrie, au Mali, en Centrafrique, au Soudan, en Libye, ont causé le départ de millions de personnes depuis 2010, réfugiées en premier lieu dans les pays limitrophes (Liban, Jordanie, Turquie) mais cherchant aussi à gagner l’Europe par les Balkans et la Méditerranée.

LʼEurope est divisée face à la crise migratoire. La Commission européenne souhaite établir des quotas dʼaccueil par pays et faire jouer le principe de solidarité entre les États, ce que refusent certains, notamment l’Italie et la Hongrie. L’UE a du mal à imposer une politique commune.

La question migratoire mobilise des acteurs divers. Que ce soit pour organiser l’accueil ou s’y opposer, les acteurs issus de la société civile, les administrations locales ou nationales et les partis politiques ont largement investi la question.

Chiffres-clés

Le budget de lʼUE représente

1 %

du PIB européen

Vocabulaire

  • Brexit (de « British + exit ») : processus de sortie du Royaume-Uni de l’UE, voté par référendum en juin 2016

  • Euroscepticisme : fait de mettre en doute lʼutilité de lʼUE.

  • Illibéralisme : notion récente qui désigne un système démocratique qui rejette certains aspects de l’État de droit, comme l’indépendance de la justice.

  • Souverainisme : volonté de voir les États conserver leurs prérogatives par rapport à une instance supranationale.

L’Europe a beaucoup de défis mais celui lié à la question migratoire pourrait décider du destin de l’Union européenne.

Angela Merkel, chancelière allemande, juin 2018.

Corpus documentaire


1
La question migratoire, un enjeu central

La question migratoire

2
L’UE : un espace défavorable à l’innovation financière et industrielle ?

L’Europe a un problème avec le futur. Elle constitue un milieu moins innovateur que l’Amérique du Nord et que la Chine. C’est d’abord lié à une moindre synergie entre la production de connaissances et la valorisation économique de ces connaissances. Du tissu très maillé des universités américaines aux méga-firmes numériques GAFA (Google-Amazon-Facebook-Apple), il y a aux États-Unis de nombreuses passerelles intermédiaires : des milieux innovateurs favorables, des financeurs à l’affût de placements risqués mais prometteurs dans des start-up, un marché organisé du capital-risque avec une bourse dédiée, le Nasdaq, une fiscalité favorable et un marché réactif. Il y a de bonnes universités en Europe [...], mais la tête du classement est surtout constituée d’universités britanniques, construites sur un modèle nord-américain.


Sylvain Kahn et Jacques Lévy, Le Pays des Européens, Éditions Odile Jacob, 2019.

3
Les partis eurosceptiques face aux difficultés du Brexit

Attention ! Tout a changé dans l’Union européenne et continue d’évoluer autour d’elle. On ne le remarque pas encore assez, mais le fiasco du Brexit a déjà conduit la quasi-totalité des partis europhobes à tourner casaque. Tous donnaient hier les Britanniques en exemple. Il n’y avait plus qu’à faire comme eux, à voter pour la liberté et sauter le mur d’enceinte de l’Union, de cette prison des peuples, pour retrouver le bonheur des dévaluations compétitives. Vive le Frexit ! Vive l’Italexit ! Vive le Deutchexit ! Vive le Polexit ! Vive les 27 exits restant à faire et l’avenir radieux des frontières remontées, des monnaies nationales et des dévaluations compétitives allait se rouvrir à nous [...]. Les partis europhobes ont maintenant du mal à appeler à suivre la voie britannique. Alors, en le disant sans le dire, en le murmurant mais toujours plus bruyamment, ces partis qui appelaient à retrouver nos souverainetés nationales en sortant de l’Union ne parlent plus que de modifier ses traités et changer ses politiques, exactement comme le font la droite, la gauche, les Verts et les libéraux, tous les partis qui ont toujours défendu l’unité de l’Europe. On croit et dit l’Union européenne à l’agonie mais, changement essentiel, son unité n’est plus contestée que par des groupuscules issus des partis anciennement souverainistes. C’est le premier des trois grands changements en cours et le deuxième est qu’il n’y a malheureusement plus de questions à nous poser sur l’utilité qu’il y a à serrer nos rangs.


Bernard Guetta (journaliste et homme politique français, élu député européen en mai 2019 sur la liste La République en marche), « Le fiasco du Brexit change la donne pour les partis europhobes », Challenges, 19 mars 2019.

Questions

Parcours 1

1. Doc. 1 (⇧). Commentez la une du journal.


2. Doc. 2 (⇧). Justifiez le titre du document.


3. Doc. 3 (⇧). Selon lʼauteur, quelles sont les conséquences du Brexit sur les débats politiques au sein de lʼUE ?


Parcours 2

À partir des documents, vous discuterez l’affirmation suivante : « L’Union européenne est confrontée à des défis et des tensions qui limitent son affirmation dans la mondialisation. »
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