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Texte 2


Hubertine Auclert, Discours lors du 3e Congrès ouvrier (1879)




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1
Résumez en quelques mots la thèse défendue par Hubertine Auclert.

Une femme s’adresse aux ouvriers

2
À quoi voit-on que ce texte est la transcription d’un discours adressé à un auditoire ? Relevez des éléments précis.

3
GRAMMAIRE

« Comme vous, nous avons été victimes des abus de la force. »
a. Quel outil de comparaison est utilisé ?

b. Reformulez pour obtenir une proposition subordonnée complète.

c. Reformulez cette comparaison de plusieurs manières différentes (voir Fiche p. 484).


4

a. Selon Hubertine Auclert, quels sont les points communs entre la condition des femmes et celle des ouvriers ?

b. Pourquoi établit-elle ce rapprochement ?


5
Que demande-t-elle aux ouvriers dans le deuxième paragraphe ?

Un discours critique

6
a. À quels mots et expressions la condition féminine est-elle associée dans le texte ?

b. Quel champ lexical domine ?


7
En quoi les images des expériences sur les plantes et les animaux servent-elle sa thèse ?

8
a. Quelle critique Hiubertine Auclert fait-elle à son public ?

b. Quel ton utilise-t-elle ? Justifiez votre réponse.


9
De manière générale, sur quel type de raisonnement repose ce discours (voir Fiche p. 526) ?


Vers le commentaire

10
Par quels moyens ce discours vise-t-il à convaincre son auditoire de faire évoluer le statut des femmes ?


ORAL

À l'aide de l'enregisteur ci-dessous, entrainez-vous à prononcer ce discours. Quels tons adopter selon les passages du texte ? Sur quels mots insister ? Où marquer les pauses ? Prononcez ensuite le discours devant la classe.
Enregistreur audio


Une du journal militant, La citoyenne, du 3 juillet 1881, fondé par Hubertine Auclert en 1881
Une du journal militant La citoyenne, du 3 juillet 1881, fondé par Hubertine Auclert en 1881, publié jusqu’en 1891.

Éclairage

Associations, sociétés, clubs féminins : n’ayant pas de pouvoir effectif au sein de la sphère politique, les femmes se réunissent afin d’organiser les luttes pour leurs droits. Ces associations pouvaient être critiquées par leurs détracteurs républicains, accusant les femmes de ne pas être capables de réfléchir par elles-mêmes, leur éducation étant souvent sous l’influence de l’Église (Éclairage p. 378).
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L'image

1
Pourquoi les suffragettes ont-elles choisi ce nom ?


2
Pourquoi, à votre avis, renversent-elles l’urne électorale sur cette image ?

3

a.
Quel symbole reconnaissez-vous en haut à droite de l’image ?

b. Commentez sa présence.


L’action féministe : les « suffragettes » envahissent une section de vote et s’emparent de l’urne électorale, une du Petit Journal : supplément illustré, n° 913, 17 mai 1908.
L’action féministe : les « suffragettes » envahissent une section de vote et s’emparent de l’urne électorale, une du Petit Journal : supplément illustré, n° 913, 17 mai 1908.

◈ Ressource complémentaire


Le militantisme d’Hubertine Auclert à travers la presse de l’époque


Le 30 septembre 1877, Hubertine Auclert publie dans le journal Le Gaulois un discours exhortant les hommes à voter pour des représentant(e)s qui contribueront à faire évoluer les droits des femmes. Le journaliste qui intègre son manifeste en propose un commentaire sarcastique et misogyne avant de livrer le texte à ses lecteurs.

  On se souvient peut-être (soyons moins fat et disons tout bonnement qu’on ne se souvient pas) de la bataille terrible que j’ai eu à livrer il y a quelques temps contre sept femmes “libres”, à la tête desquelles marchait la très haute, très démocratique et toute puissante dame Hubertine Auclert […].
  Je reçois aujourd’hui de cette indépendante dame un manifeste électoral, dont la galanterie française m’interdit de refuser l’insertion. Nous sommes dans une période où les manifestes sévissent de toutes parts […]. Il nous manquait le Manifeste féminin de dame Hubertine Auclert : je remercie mon aimable correspondante d’avoir comblé cette regrettable lacune.
  […] Je suis personnellement touché que dame Hubertine Auclert, qui me paraît aussi oublieuse de mes épigrammes qui friande de notre publicité, veuille bien m’honorer des communications importantes qu’elle croit devoir adresser à l’Europe en jupons.

  Voici le manifeste de ces dames :



LES FEMMES AUX ÉLECTEURS

  Citoyens,

  Au moment où s’ouvre la période électorale, laissez-nous vous confier une mission solennelle : celle de voter pour nous. […]
  Parmi tous ces Français qui songent, qui se préparent à dire comment ils entendent se gouverner, il y a neuf millions d’être doués de raison, neuf millions de femmes majeures qui forment comme une nation d’esclaves dans la nation d’hommes libres.
  Elles vont être gouvernées, mais le seront selon le bon plaisir de l’homme sans pouvoir élever la voix pour marquer leurs préférences. Ces neuf millions de femmes sont assujetties aux mêmes lois répressives que les hommes aux mêmes contributions; cependant elles ne délèguent aucun mandataire pour prendre leurs intérêts dans la confection des lois et des budgets. Il en était ainsi pour l’homme avant 1789 ; ainsi pour le prolétaire avant 1848. Cette injustice révoltante cessera pour nous comme elle a cessé pour eux […].
  Donc, bien que nous ne puissions pas encore exprimer notre opinion par un vote, nous n’avons pas moins le devoir et la volonté de faire triompher nos idées; notre qualité de Françaises solidaires nous commande de nous préoccuper du gouvernement que vous nous ferez […]. Nous ne trouvons pas que vous, les hommes, vous puissiez être seuls responsables des destinées de la République et de la patrie. Vous vous êtes trompés si souvent, vous, bourgeois, en nous donnant cinquante ans de monarchie, toi, peuple, en nous donnant vingt-neuf ans d’Empire et d’ordre moral.
  Nous voulons une République républicaine, qui applique enfin nos immortels principes de 89. Nous voulons l’égalité.
  Électeurs, nous vous regardons aller aux urnes. Que vous soyez nos amis ou nos ennemis politiques, nous avons mission de crier à votre conscience : Prenez garde, vous êtes responsables du bonheur ou du malheur des dames et des enfants, c’est-à-dire de plus des deux tiers de la nation, et vous ferez ce bonheur ou ce malheur, selon ce que vous aurez inscrit sur votre bulletin de vote.
  […] Demandez des actes, nommez de vrais républicains, évoquez le souvenir de votre glorieuse époque, rappelez-vous les hommes de la Révolution, ces hommes aux vertus austères, qui ont su accomplir des actions si grandes.
  Électeurs, vous ne serez jamais trop exigeants vis-à-vis de ceux auxquels vous confierez votre et notre procuration. Choisissez des délégués qui mettent leur vie d’accord avec leurs principes.
  Choisissez des hommes de volonté et d’énergie. Défiez-vous de ceux qui dorment. Dormir, c’est être mort: Légiférer, c’est vivre pour trente-sept millions d’êtres humains. Voter, c’est agir pour trente-sept millions d’êtres humains. […]


Le Gaulois : littéraire et politique, 30 septembre 1877.


Ressource complémentaire

RetroNews, « Hubertine Auclert, un combat féministe ».

Ressource complémentaire

Brut, « Les suffragettes et le combat pour le droit de vote des femmes ».

Éclairage

Sous la Troisième République, les revendications féministes s’intensifient et l’opinion publique leur devient un peu plus favorable. C’est dans ce contexte qu’Hubertine Auclert, journaliste, écrivaine et militante, s’illustre comme une des grandes figures des « suffragettes » (femmes qui luttent activement pour le droit de vote). Il faut attendre cependant la seconde moitié du XXe siècle pour qu’évoluent vraiment les droits des femmes.

Découvrez le rôle des femmes pendant la Révolution française à la page 21.

Illustration suffragette journal 1908
Hubertine Auclert, Discours lors du 3e Congrès ouvrier (1879)

Le parti socialiste français organise plusieurs congrès ouvriers afin de mener une lutte pour l’amélioration des conditions économiques et sociales du prolétariat. La journaliste Hubertine Auclert y participe et fait un rapport sur la condition féminine.

Citoyens et Citoyennes,

[…]
Comme vous, nous avons été victimes des abus de la force. Dans notre société moderne, comme vous, nous subissons encore la force tyrannique de ceux qui détiennent le pouvoir, à laquelle s’ajoute pour nous la force tyrannique de ceux qui détiennent les droits.

Et tout cela s’abrite sous le couvert de la République ! [...] Une République qui maintiendra les femmes dans une condition d’infériorité, ne pourra pas faire les hommes égaux. Avant que vous, hommes, vous conquériez le droit de vous élever jusqu’à vos maîtres1, il vous est imposé le devoir d’élever vos esclaves, les femmes, jusqu’à vous.

Beaucoup n’ont jamais réfléchi à cela. Aussi bien, si dans cette imposante assemblée, je posais cette question : Êtes-vous partisans de l’égalité humaine ? tous me répondraient : Oui. Car ils entendent en grande majorité, par égalité humaine, l’égalité des hommes entre eux. Mais si je changeais de thème, si, pressant ces deux termes − homme et femme − sous lesquels l’humanité se manifeste, je vous disais : Êtes-vous partisans de l’égalité de l’homme et de la femme ? Beaucoup me répondraient : Non. Alors que parlez-vous d’égalité, vous qui étant vous-mêmes sous le joug, voulez garder des êtres au-dessous de vous ? Que vous plaignez-vous des classes dirigeantes, puisque vous faites, vous dirigés, la même oeuvre à l’égard des femmes que les classes dirigeantes ?

[...] On trouve moyen de faire des recherches scientifiques pour tout. Chaque jour, on découvre aux animaux et aux végétaux des qualités nouvelles. On multiplie les expériences tendant à lever2 des bêtes tout l’utile, des plantes tout le salutaire3. Mais jamais encore, on n’a songé à mettre la femme dans une situation identique à celle de l’homme, de façon à ce qu’elle puisse se mesurer avec lui et prouver l’équivalence de ses facultés. On dépense en France des sommes folles pour obtenir certaines qualités, souvent factices, chez des races d’animaux, et jamais on n’a essayé d’expérimenter avec impartialité4 la sueur de la femme et de l’homme. Jamais on n’a essayé de prendre un nombre déterminé d’enfants des deux sexes, de les soumettre à la même méthode d’éducation, aux mêmes conditions d’existence. [...]

Vous ne voulez pas faire cette expérience, savez-vous bien que vous nous permettez de croire, à nous femmes, que vous avez moins le doute que la crainte de notre égalité ? En continuant à nous laisser dans une vie atrophiante5, vous imitez, vous hommes civilisés, les barbares possesseurs d’esclaves qui exploitent avec grand profit la prétendue infériorité de leurs semblables.

Hubertine Auclert, discours lors des Séances du Congrès ouvrier socialiste de France,
troisième session, Marseille, 1879.


1. Les dirigeants de la Deuxième République et les bourgeois.
2. Extraire.
3.
Bienfait.
4.
Objectivité.
5.
Qui amoindrit.
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