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Le roman dans son contexte






La toile de fond du roman : Paris sous le Second Empire

Zola se nourrit de la réalité quand il conçoit ses romans. Sous le Second Empire, Napoléon III confie au préfet Haussmann la charge d’assainir Paris. Entre 1853 et 1870, Haussmann fait démolir les quartiers médiévaux surpeuplés et insalubres au prix d’innombrables expropriations douloureuses. Il creuse la ville et crée les Grands Boulevards, flanqués de solides bâtisses à six ou sept étages en pierre de taille, aux façades parfois ornées de sculptures selon la richesse du commanditaire.

L’immeuble haussmannien est très caractéristique et chaque étage correspond à une classe sociale (motif que Zola exploite dans Pot-Bouille).

Les grands magasins sont aussi l’oeuvre de cette époque et de cette volonté de grandeur (comme on le voit dans Au Bonheur des dames).

Le projet des Rougon-Macquart


Photographie Émile Zola

Émile Zola

(1840 - 1902)


◗ Le père d’Émile Zola, ingénieur et défenseur du progrès technique, meurt quand Émile a sept ans ; sa famille se retrouve alors dans une situation financière difficile, occasionnant, notamment, un déménagement de la Provence à Paris.

◗ Zola, que l’école n’a jamais intéressé, échoue deux fois au baccalauréat ; il mène une vie de bohème. D’abord manutentionnaire, il se fait embaucher en tant que commis dans une maison d’édition ; il y grimpe les échelons, devient chef de la publicité, écrit ses premiers articles, se découvre écrivain.

◗ L’œuvre principale de Zola, Les Rougon-Macquart, est composée de vingt romans publiés entre 1871 et 1893. Il s’inspire de La Comédie humaine de Balzac, mais également des travaux scientifiques de Claude Bernard et des écrits de l’historien et philosophe Hippolyte Taine. Zola se propose d’y faire évoluer des personnages d’une même famille, conditionnés par leur milieu et leur hérédité.

◗ En 1898, il s’engage auprès du capitaine Dreyfus, victime d’un complot antisémite ; il publie alors une lettre ouverte, « J’accuse… ! » et s’exile à Londres.

◗ Émile Zola meurt en 1902 dans des conditions mystérieuses.

Les personnages principaux de La Curée

Renée Béraud du Châtel
Après avoir perdu sa mère, elle passe sa jeunesse au couvent. À sa sortie, elle subit un viol et se retrouve enceinte. Une seule solution pour sauver son honneur : acheter un mari, puisqu’elle est riche.

Aristide Rougon, dit Aristide Saccard
Descendant de la famille Rougon, c’est un ambitieux originaire du sud de la France. Il arrive à Paris accompagné d’une épouse malade, Angèle, et d’une petite fille, Clotilde. Il demande à son frère, le ministre Eugène Rougon, de l’aider à se faire une place et suit les conseils de sa sœur, Sidonie Rougon, déjà à Paris et intriguant de toute part.

Maxime Rougon
Fils d’Aristide et d’Angèle, il rejoint son père à Paris après la mort de sa mère et est pris en charge par sa jeune et jolie belle-mère, Renée. Il a une vie sentimentale très remplie.

Ressources complémentaires

Pour en savoir plus sur les travaux haussmanniens à Paris, visionnez :


Émile Marcelin, Paris d’hier et d’aujourd’hui (selon les transformations inaugurées par Georges Eugène Haussmann)

Doc. 2
Émile Marcelin, Paris d’hier et d’aujourd’hui (selon les transformations inaugurées par Georges Eugène Haussmann), Journal pour rire, n° 6, 9 février 1856, bibliothèque Ambrosiana, Milan.


Texte B
Ah ! quelle curée que le Second Empire ! Dès le lendemain du coup d’État, l’orchestre a battu les premières mesures de la valse, et vite le thème langoureux est devenu un galop diabolique. Ils ont mis les mains aux plats, en plein dans la sauce, mangeant goulûment, s’arrachant les morceaux de la bouche. Ils se sont rués à la satisfaction de leurs appétits, avec un emportement de bête, et lorsqu’ils ont été gorgés, ils ont mangé encore. Ils mangent toujours.

Émile Zola, « La fin de l’orgie », La Cloche, 1870.
Voir les réponses

Avant la lecture du roman


1
Texte A
Dans cette présentation de la famille Rougon-Macquart, distinguez ce qui relève des « tempéraments » et ce qui relève des « milieux » (► 2e paragraphe).


2
Texte B
a. Cherchez le sens du mot « curée ».

b. Que veut montrer Zola en choisissant ce titre ?


3
Doc. 1 et 3
Quelles caractéristiques du projet de Zola ces deux documents soulignent-ils ?


4
Texte C
a. Que reproche Brunetière à Zola ? Justifiez en relevant un champ lexical.

b. Qu’aurait pu lui répondre Zola ? Aidez-vous des textes A et B.


Au fil de la lecture


5
Doc. 2
En quoi cette image pourrait-elle illustrer le roman ? Justifiez votre réponse.


6
Choisissez un thème dans la liste ci-dessous et enquêtez sur ce sujet au fil de votre lecture.

1. Les saisons.
2. Le jour et la nuit.
3. Les comédiens.
4. Les espaces privés et publics.
5. La figure paternelle.
6. Le statut de la femme.
7. L’amour.
8. La folie.
9. Les repas.
10. La mode.

a. Prenez des notes et recensez les passages concernés ; isolez des citations pertinentes.

b. Organisez votre présentation en un plan cohérent.

c. Présentez votre enquête à l’oral ou à l’écrit.
Vous pouvez vous enregistrer pour vous entraîner.
Enregistreur audio


Texte C
On imaginerait difficilement une telle préoccupation de l’odieux dans le choix du sujet, de l’ignoble et du repoussant dans la peinture des caractères, du matérialisme et de la brutalité dans le style.

Ferdinand Brunetière, Le Roman naturaliste, 1883.

◈ Ressource complémentaire


Auguste Barbier, « La Curée » (1841)


Au lendemain des Trois Glorieuses, le poète Auguste Barbier emploie déjà la métaphore de la curée pour dénoncer les opportunistes qui s'accaparent les résultats et les honneurs de la révolution.

Mais, ô honte ! Paris, si beau dans sa colère,
Paris, si plein de majesté
Dans ce jour de tempête où le vent populaire
Déracina la royauté,
[…]
Paris n'est maintenant qu'une sentine1 impure,
Un égout sordide et boueux,
Où mille noirs courants de limon et d'ordure
Viennent traîner dans leurs flots honteux ;
Un taudis regorgeant de faquins2 sans courage,
D'effrontés coureurs de salons,
Qui vont de porte en porte, et d'étage en étage,
Gueusant3 quelque bout de galons ;
Une halle cynique aux clameurs insolentes,
Où chacun cherche à déchirer
Un misérable coin de guenilles sanglantes
Du pouvoir qui vient d'expirer.

Ainsi, quand désertant sa bauge4 solitaire,
Le sanglier, frappé de mort,
Est là, tout palpitant, étendu sur la terre,
Et sous le soleil qui le mord ;
Lorsque, blanchi de bave et la langue tirée,
Ne bougeant plus en ses liens,
Il meurt, et que la trompe a sonné la curée
À toute la meute des chiens,
Toute la meute, alors, comme une vague immense,
Bondit ; alors chaque mâtin5
Hurle en signe de joie, et prépare d'avance
Ses larges crocs pour le festin.

Auguste Barbier, « La Curée », Iambes et poèmes, 1841.

1. Endroit malpropre et nauséabond.
2. Personnes méprisables et malhonnêtes.
3. Mendiant, demandant l'aumône.
4. Refuge du sanglier.
5. Gros chien de garde.

Texte A
  Je tâcherai de trouver et de suivre, en résolvant la double question des tempéraments et des milieux, le fil qui conduit mathématiquement d’un homme à un autre homme. Et quand je tiendrai tous les fils, quand j’aurai entre les mains tout un groupe social, je ferai voir ce groupe à l’œuvre, comme acteur d’une époque historique, je le créerai agissant dans la complexité de ses efforts, j’analyserai à la fois la somme de volonté de chacun de ses membres et la poussée générale de l’ensemble.
  Les Rougon-Macquart, le groupe, la famille que je me propose d’étudier, a pour caractéristique le débordement des appétits, le large soulèvement de notre âge, qui se rue aux jouissances. Physiologiquement, ils sont la lente succession des accidents nerveux et sanguins qui se déclarent dans une race, à la suite d’une première lésion organique, et qui déterminent, selon les milieux, chez chacun des individus de cette race, les sentiments, les désirs, les passions, toutes les manifestations humaines, naturelles et instinctives, dont les produits prennent les noms convenus de vertus et de vices. Historiquement, ils partent du peuple, ils s’irradient dans toute la société contemporaine, ils montent à toutes les situations, par cette impulsion essentiellement moderne que reçoivent les basses classes en marche à travers le corps social, et ils racontent ainsi le second empire, à l’aide de leurs drames individuels, du guet-apens du coup d’État à la trahison de Sedan.


Émile Zola, La Fortune des Rougon, Préface, 1871.

La Curée sous les feux de la critique

André Gill, Émile Zola observant ses semblables à la loupe

Doc. 3
André Gill, Émile Zola observant ses semblables à la loupe, 1870, BnF, Paris.

Ressources complémentaires

Le percement de l'avenue de l'Opéra dans le cadre des travaux haussmanniens photographie Charles Marville


L'avenue de l'Opéra de nos jours.
En haut : le percement de l'avenue de l'Opéra dans le cadre des travaux haussmanniens (photo : Charles Marville). En bas : l'avenue de l'Opéra de nos jours.

Ressource complémentaire

Résumé et analyse du début de La Curée, réalisé par Mediaclasse.fr.

André Gill, Les Hommes d’aujourd’hui : Émile Zola

Doc. 1
André Gill, Les Hommes d’aujourd’hui : Émile Zola, 1878, BnF, Paris.
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