Groupement complémentaire


Paris, de l’ennui au divertissement




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L'image

Comment le peintre représente‑t‑il les signes de l’ennui ?
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Descriptions de Paris

1
Quels éléments font de ces textes des descriptions réalistes ?


2
Quelle focalisation est adoptée dans chacun de ces passages ? Justifiez votre réponse.


3
Quels sont les sens évoqués dans ces descriptions ?


4
Quel portrait des Parisiens brossent ces extraits ?

Leo von König, Bohème-Café, huile sur toile, 88× 108 cm, Collection privée, 1909.
Leo von König, Bohème-Café, huile sur toile, 88× 108 cm, Collection privée, 1909.
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L'ennui

5
Pourquoi les personnages principaux s’ennuient-ils ?

6
Par quels moyens chaque extrait parvient-il à rendre cette impression d’ennui ? Donnez des exemples précis.


7
Peut‑on dire de ces personnages principaux qu’ils sont des héros ? Justifiez votre réponse.


8
Quel portrait moral faites‑vous de chacun d’eux ?


9
Comparez les personnages principaux de ces extraits. Quels sont leurs points communs et leurs différences ?



Synthèse

10
Dans ces extraits, Paris est‑il décrit de manière méliorative ou péjorative ? Proposez une réponse nuancée et illustrée par des exemples précis.

Texte A - Joris-Karl Huysmans, Les Sœurs Vatard (1879)

Joris-Karl Huysmans, Les Sœurs Vatard (1879)

Cécile et Désirée Vatard sont ouvrières à Paris. Pour rompre l’ennui d’un quotidien répétitif, elles regardent la gare Montparnasse que leur atelier surplombe.

  Un bout de soleil tachait la voie par places et trempait ses rayons pâles dans le ventre des flaques. Les parisiens abusaient de cette éclaircie pour aller encore à la campagne. Les trains de Versailles se succédaient de dix en dix minutes. [...] Courbée sur la banquette, les yeux fripés, la main au chapeau, le parapluie entre les jambes, la floppée des voyageurs roulait dans un nuage de charbon et de poudre. Les fusées de cette allégresse indisposèrent les deux sœurs. Ce contentement de gens qui, après avoir pâti pendant toute une semaine, derrière un comptoir, ferment leurs volets le dimanche et délaissent le trottoir où, par les soirées tièdes, ils installent, du lundi au samedi, leurs enfants et leurs chaises ; cette manie des boutiquiers de vouloir s’ébattre, en plein air, dans un Clamart1 quelconque, cette satisfaction imbécile de porter, à cheval sur une canne, le panier aux provisions ; ces dînettes avec du papier gras sur l’herbe ; ces retours avec des bottelettes2 de fleurs ; ces cabrioles, ces cris, ces hurlées stupides sur les routes ; ces débraillés de costumes, ces habits bas, ces chemises bouffant de la culotte3, ces corsets débridés, ces ceintures lâchant la taille de plusieurs crans ; ces parties de cache‑cache et de visa dans des buissons empuantis par toutes les ordures des repas terminés et rendus, leur firent envie. [...]

  Par désœuvrement, elles observaient les moindres détails du chemin de fer, le miroitement des poignées de cuivre des voitures, les bouillons de leurs vitres ; écoutaient le tic tac du télégraphe, le bruit doux que font les wagons qui glissent, poussés par des hommes ; considéraient les couleurs différentes des fumées de machines, des fumées qui variaient du blanc au noir, du bleu au gris et se teintaient parfois de jaune, du jaune sale et pesant des bains de Barèges4 ; et elles reconnaissaient chaque locomotive, savaient son nom, lisaient sur son flanc l’usine où elle était née [...] ; et elles se montraient la différence des bêtes, les frêles et les fortes, les petiotes5 sans tenders6 pour les trains de banlieue, les grosses pataudes pour les convois à marchandises. [...]

  Elles avaient des joies d’enfants lorsqu’elles en apercevaient une, une toute petite, réservée pour la traction des marchandises dans la gare et pour les travaux de la voie, une mignonne, élégante et délurée, avec sa toiture de fer pour abriter les chauffeurs et ses grosses lunettes sur l’arrière-train.


Joris-Karl Huysmans, Les Sœurs Vatard, chapitre XIV, 1879.


1. Commune du sud-ouest de Paris.
2. Petits bouquets.
3. Sortant du pantalon.
4. Station thermale.
5. Petites (en langue régionale).
6. Wagon qui suit la locomotive, dans lequel se trouve la réserve d’eau et de combustible.

Texte B - Guy de Maupassant, Bel‑Ami (1885)

Guy de Maupassant, Bel‑Ami (1885)

Georges Duroy est un jeune homme plein d’ambition. Au début du roman, le lecteur d