COURS 1


Navigations et explorations européennes





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Le traité de Tordesillas (1494)

Qu’il se fasse et se tire par ladite mer Océane une ligne droite de pôle à pôle, c’est-à-dire du pôle arctique au pôle antarctique, ce qui est du nord au sud, laquelle ligne devant se tirer et se tirant droite, comme il a été dit, à 370 lieues des îles du Cap-Vert, vers le couchant, par degrés ou d’une autre manière […] et tout ce qui a été découvert jusqu’à présent et se découvrirait à l’avenir par ledit seigneur roi de Portugal et ses vaisseaux, soit îles soit terres fermes, […] en dedans de ladite ligne du côté du levant […] que tout cela soit et appartienne audit seigneur de Portugal et à ses successeurs pour à tout jamais, et que tout le reste, tant îles que terre ferme, trouvées ou à trouver, découvertes et à découvrir […] après avoir passé ladite ligne vers le couchant […] soit et appartienne auxdits seigneurs roi et reine de Castille et de Léon et à leurs successeurs à tout jamais.

Décentrement

Les navigations austronésiennes
Plusieurs millénaires avant les navigations européennes, des habitants d’Asie du Sud-Est parcourent le Pacifique et s’installent de la Polynésie jusqu’à Madagascar. À l’époque moderne, ces grandes navigations sont terminées, mais les habitants de certaines îles restent capables de franchir plusieurs centaines de kilomètres sur des pirogues à balancier, en s’aidant parfois de cartes à bâtonnets comme celle-ci.
Les navigations austronésiennes

Les courants sont indiqués par des morceaux de bois entrelacés, tandis que les îles sont représentées par des coquillages.



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Les causes des navigations océaniques

 Des améliorations techniques. Depuis la fin du Moyen Âge, les navires à voile ont progressivement été transformés pour naviguer en haute mer. C’est le cas de la caravelle, mise au point par les Portugais (doc 1). La boussole et l’astrolabe, utilisés depuis plusieurs siècles, sont adaptés pour permettre de se repérer loin des côtes.

 Des motivations à la fois économiques et religieuses. La religion et le profit économique ne s’opposent pas. Descendre le long des côtes africaines permet d’avoir accès à l’or qui transitait auparavant par le Sahara. Trouver une route vers l’Inde permet de s’approvisionner en soie et en épices en contournant le Proche-Orient récemment conquis par l’Empire ottoman. Les navigateurs souhaitent également évangéliser les populations qu’ils rencontrent. En Espagne, où la Reconquista a été achevée en 1492, les entreprises maritimes sont pensées comme un prolongement des conquêtes chrétiennes.

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De la géographie médiévale à la cartographie moderne

Une Europe médiévale ouverte sur le monde. Les médiévaux savaient que la Terre était ronde. Les Scandinaves avaient atteint le nord de l’Amérique au Xe siècle, mais sans l’explorer. Aux XIIIe et XIVe siècles, les voyages marchands par la terre vers l’Asie, dont celui du Vénitien Marco Polo, donnent lieu à des récits de voyage célèbres, qui inspirent beaucoup les explorateurs du XVIe siècle.

De l’accumulation des connaissances à l’amélioration de la cartographie. Aux XVe et XVIe siècles, les voyages d’exploration permettent des représentations précises des contours de l’Amérique, de l’Afrique et des îles de l’océan Indien. Mise au point en 1569, la projection Mercator permet de cartographier tous les continents sans déformer les côtes (doc. 4). À la fin du XVIe siècle, les Européens n’ont pas encore exploré l’intérieur de l’Afrique et de l’Amérique et ignorent l’existence de l’Océanie.


Les navigations permettent aux Européens d’élargir leur connaissance du globe et débouchent sur la formation des premiers empires coloniaux.

Voir le cours 2

Vocabulaire

 Astrolabe : instrument hérité des Grecs et des Arabes qui permet de se repérer sans voir la côte, en utilisant les étoiles et des tables astronomiques.

 Caravelle : navire dont la forme lui permet d’avancer en haute mer.

 Évangéliser : convertir au christianisme par la prédication.

 Projection Mercator : mise au point en 1569, cette projection conserve les angles selon une série de méridiens (longitudes et latitudes), mais ne conserve pas les surfaces. Elle figure un hémisphère sud exagérément réduit.

 Traité de Tordesillas : traité signé en 1494 par lequel les royaumes du Portugal et d’Espagne se partagent les terres à conquérir en séparant le Nouveau Monde par un méridien imaginaire.

Comment les navigations océaniques ont‑elles permis aux Européens de mieux connaître le monde ?


2
Un monde plus grand

Mon intention lors de ce voyage était de rejoindre le Cathay et l’extrême côte est de l’Asie, mais je ne m’attendais pas à trouver un tel obstacle de terre nouvelle comme je l’ai découvert […]. Une terre a été trouvée par l’homme moderne qui était inconnue des anciens, un autre monde par rapport à celui qu’ils connaissaient, qui paraît être plus grand que notre Europe, que l’Afrique et presque plus grand que l’Asie, si on calcule sa taille correctement. Toute cette terre, ce Nouveau Monde, est joint ensemble, mais n’est pas relié à l’Asie, ni à l’Afrique ; peut-être est-il relié à l’Europe au nord, par la Russie […]. Avec l’aide de Votre Majesté, j’espère que nous pourrons avoir une meilleure connaissance de cela.

Giovanni da Verrazzano, lettre au roi François Ier de France, 8 juillet 1524.

Abraham Ortelius, Typus Orbis Terrarum, 1570, gravure colorée à la main, 34 x 49,4 cm, Anvers

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Une nouvelle représentation du monde

Abraham Ortelius, Typus Orbis Terrarum, 1570, gravure colorée à la main, 34 x 49,4 cm, Anvers.

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Le temps des navigations océaniques

 Trois voyages accélèrent les découvertes. En 1492, Christophe Colomb, cherchant à atteindre les Indes par l’ouest, découvre les Caraïbes d’où il rejoint le continent américain. Pendant ce temps les Portugais poursuivent la circumnavigation de l’Afrique, achevée en 1498 par Vasco de Gama. Enfin, le premier tour du monde est entrepris par Magellan entre 1519 et 1522. Il meurt en route, mais plusieurs de ses navires achèvent le voyage.

 Un Nouveau Monde. Les voyages se succèdent vers ce Nouveau Monde qui prend en 1507 le nom d’Amerigo Vespucci, un navigateur florentin au service du Portugal. Les Européens ont tôt conscience de l’importance de ces découvertes (doc. 2).

 Un climat de compétition. Les Portugais et les Espagnols se partagent le monde en 1494 par le traité de Tordesillas, en décidant d’un méridien qui sépare le globe en deux (doc. 3). À partir du XVIe siècle, les Anglais, les Hollandais et les Français lancent également des expéditions vers l’Amérique du Nord et l’océan Pacifique.

Repères

Christophe Colomb (v. 1450‑1506)

Christophe Colomb
(v. 1450‑1506)

D’origine génoise, Christophe Colomb est un navigateur qui se donne comme objectif le plan d’atteindre les Indes par l’ouest. Refusé par le roi du Portugal, son projet est financé par le roi et la reine d’Espagne, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille. En 1492, il atteint l’Amérique. Il y fait ensuite deux autres voyages. Cependant, il reste certain jusqu’à sa mort d’avoir découvert une nouvelle route vers les Indes.

La flotte de Vasco de Gama, dessin (détail), dans Memória das Armadas, 1568, Academia das Ciências, Lisbonne

1
La caravelle : instrument des « grandes découvertes »

La flotte de Vasco de Gama, dessin (détail), dans Memória das Armadas, 1568, Academia das Ciências, Lisbonne.
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