COURS 2


Des conquêtes aux premiers empires européens







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Un paradis terrestre

Lettre au grand succès éditorial.

J’affirme que ces peuples sont doux et affables. Tous, de l’un ou l’autre sexe, vont tout nus. Ils ne se couvrent aucune partie du corps […]. Ils ont des corps de grande dimension, musclés, très robustes et bien proportionnés et d’une couleur qui tire sur le rouge, ce qui est je crois la conséquence d’aller tout nus, car ils sont teints par le soleil. Leurs cheveux sont abondants et noirs. […] Ils ne possèdent aucun bien propre ; ils mettent tout en commun et vivent ensemble sans roi ni autorité : chacun y est son propre maître. […] La terre de ces régions est particulièrement fertile et agréable […] et s’il est en quelque endroit de la terre un Paradis terrestre, je pense qu’il n’est pas éloigné de ces régions.

Amerigo Vespucci, Mundus Novus, 1503.

Écho des temps

Raoni Metuktire, un chef de la tribu des Kayapos

Raoni Metuktire, né vers 1930, est un chef de la tribu des Kayapos, des nomades vivant dans la forêt amazonienne brésilienne. Figure iconique de la lutte pour les droits des derniers Amérindiens qui continuent à vivre dans la forêt amazonienne, il a remporté plusieurs batailles médiatiques contre le gouvernement brésilien. Il a joué un rôle clé dans la prise de conscience de l’importance écologique de la forêt amazonienne. En 2012, il lance une pétition internationale contre la construction du barrage Belo Monte, qui doit entraîner de grandes destructions de la faune et de la flore, ainsi que de territoires indigènes. Malgré les nombreux soutiens reçus par Raoni Metuktire, le barrage doit être achevé en 2019.

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La place des Amérindiens dans les premiers empires

 La reconnaissance de l’humanité des Indiens. Plusieurs auteurs s’attachent à donner des visions positives des Amérindiens (doc. 2), tandis que les missionnaires dénoncent les traitements brutaux qui leur sont infligés. La controverse de Valladolid (1550‑1551) conclut que les Indiens ont une âme, sont donc humains et doivent être traités comme tels par les colons européens.

 Cruel ou bon sauvage. Les Européens, fascinés par les Amérindiens, les représentent le plus souvent soit comme des sauvages, païens, cruels et cannibales, soit comme des êtres nobles et beaux, préservés des corruptions de la civilisation (doc. 3). Toutes ces visions restent imprégnées d’européocentrisme.

 Le maintien des violences. La conquête s’accompagne de nombreuses violences : massacres, expropriations, pillages (doc. 4). Le besoin de main-d’oeuvre entraîne le maintien du travail forcé dans les mines et sur les plantations.


Christoph Weiditz, Trachtenbuch, v. 1530, dessin, 14 x 21 cm, Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg

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Amérindien vu par les Européens

Christoph Weiditz, Trachtenbuch, v. 1530, dessin, 14 x 21 cm, Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg.

Repères

Atahualpa (v. 1500‑1533)

Atahualpa
(v. 1500‑1533)

Dernier empereur inca indépendant, Atahualpa arrive au pouvoir après des luttes internes et règne sur un territoire immense s’étendant le long de la côte ouest de l’Amérique. Alors qu’il se rend à une rencontre diplomatique avec les Espagnols, il est fait prisonnier. Malgré l’énorme rançon payée pour sa libération, il est exécuté en 1533.

2
La formation des premiers empires européens

 L’empire espagnol. L’empire constitué par la monarchie espagnole au cours du XVIe siècle est le plus étendu. Il regroupe l’essentiel de l’Amérique latine ainsi que des points d’appui en Afrique et dans les Philippines. Charles Quint (1500‑1558) peut affirmer qu’il est à la tête d’un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais.

 L’empire portugais. L’empire portugais est le deuxième en termes d’importance. Il regroupe le Brésil ainsi que de nombreux comptoirs en Afrique, dans l’océan Indien et dans le Pacifique.

 Les autres empires européens. Les Anglais installent des premières colonies dans le nord de l’Amérique, les Français au Canada et brièvement au Brésil, tandis que les Hollandais naviguent jusqu’aux Moluques.

Comment se sont formés les premiers empires coloniaux européens ?


1
Une colonisation destructrice en Amérique

 De la découverte à la conquête. Dès la fin du XVe siècle, les Européens tentent de s’emparer des terres découvertes en Amérique. Après s’être imposés dans les Caraïbes et sur les côtes, les conquistadors progressent vers l’intérieur où ils découvrent de puissantes civilisations précolombiennes. Hernán Cortès conquiert en 1521 la capitale aztèque de Tenochtitlan (Mexique) (doc. 1), tandis que Francisco Pizarro prend la ville de Cuzco (Pérou) en 1534 après avoir fait exécuter Atahualpa, le dernier empereur inca.

 Les causes de la défaite des Amérindiens. Les Amérindiens sont nombreux et organisés en de puissants empires. On considère que la victoire des conquistadors est liée à leur maîtrise des chevaux et des armes à feu, aux divisions politiques des Amérindiens, mais aussi au choc microbien. En deux siècles, entre 60 et 90 % des Amérindiens sont effectivement tués par les maladies apportées par les Européens (rougeole, variole, grippe, varicelle), qui se battent donc contre des populations déjà affaiblies.


Les premiers empires européens causent la disparition presque totale des Amérindiens, et entraînent à terme des déportations d’Africains.

Voir le cours 3

Vocabulaire

 Choc microbien : échange de maladies provoqué par l’arrivée des Européens en Amérique.

 Civilisations précolombiennes : différentes civilisations qui se sont développées en Amérique avant l’arrivée de Christophe Colomb.

 Comptoir : installation commerciale durable dans une ville généralement portuaire. Dans certains comptoirs, les Européens finissent par obtenir également une domination politique.

 Européocentrisme : idée qui accorde à l’Europe une place hiérarchiquement plus importante.

 Païen : terme péjoratif employé par les chrétiens pour désigner les non-chrétiens (en particulier quand ils sont polythéistes).


Plan de Tenochtitlan, 1524, gravure colorée à la main (détail), d’après la carte envoyée par Cortès à Charles Quint, imprimée à Nuremberg

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Tenochtitlan, capitale aztèque

Plan de Tenochtitlan, 1524, gravure colorée à la main (détail), d’après la carte envoyée par Cortès à Charles Quint, imprimée à Nuremberg.

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Le maintien des violences

Vous, Doňa Ines Suárez, êtes venue avec moi dans ces provinces pour y servir Sa Majesté, supportant de grands efforts et de grandes fatigues, aussi bien par la longueur du chemin que par des rencontres que nous fîmes avec les Indiens, la faim, et d’autres désagréments, avant de parvenir à [Santiago du Chili] […] et de plus, lors du soulèvement des campagnes et de la venue des Indiens dans cette ville qui voulaient la prendre, vos efforts et votre diligence ont participé à leur défaite, parce que tous les chrétiens de la ville […] ne se rendaient pas compte que les caciques captifs étaient la principale cause de leur attaque […] et vous […] avez obtenu que soient tués les caciques, portant vous-même la main sur eux, ce qui a entraîné le départ de la plupart des Indiens qui cessèrent de combattre en voyant que leurs chefs étaient morts.

Pedro de Valdivia, lettre à Ines Suárez, 1544.
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