COURS 1


L’État à l’épreuve des conflits religieux





Anonyme, Massacre de la Saint-Barthélemy, estampe en couleur, XVIe siècle

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Le massacre de la Saint-Barthélemy (1572)

Anonyme, Massacre de la Saint-Barthélemy, estampe en couleur, XVIe siècle.

Vocabulaire

Abjurer : renoncer à sa religion.

Chambre ardente : sous François Ier puis Henri II, tribunal chargé de poursuivre les protestants.

Huguenots : nom donné aux protestants français.

Liberté de conscience : possibilité pour un individu de choisir sa religion et sa foi.

Liberté de culte : possibilité d’exercer sa foi publiquement.

Ligue : nom donné au parti des catholiques.

Places de sûreté : villes créées par la monarchie en 1570 pour garantir la sécurité des protestants. Les premières sont La Rochelle, Montauban, La Charité et Cognac. Leur implantation correspond aux régions les plus touchées par le protestantisme, c’est‑à‑dire dans l’ouest et le sud-ouest du royaume.

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La restauration de l’autorité royale par Henri IV

Henri IV : Je suis plus catholique que vous : je suis fils aîné de l’Église. Vous vous abusez si vous pensez être bien avec le pape. J’y suis mieux que vous. Vous avez beau faire, je sais tout ce que vous faites, je sais tout ce que vous dites. […] Je suis le seul conservateur de la religion […]. Je suis roi maintenant, et parle en roi, et veux être obéi !


Pierre de L’Estoile, Mémoires‑Journaux, 1574‑1611.

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La restauration de l’autorité de l’État

Un nouveau roi. Henri IV reconquiert progressivement son royaume, en particulier aux batailles d’Arques (1589) et d’Ivry (1590). Après l’échec du siège de Paris en 1590 (doc. 3), comprenant que ses sujets ne sont pas prêts à accepter un roi protestant, il abjure, se fait sacrer à Chartres et entre dans Paris le 22 mars 1594.

L’édit de Nantes. Le 13 avril 1598, Henri IV promulgue l’édit de Nantes : il accorde aux protestants la liberté de conscience et la liberté de culte. La paix religieuse est alors ramenée dans l’ensemble du royaume.

Le pouvoir royal renforcé. Malgré les désastres matériels et le coût de la guerre, la monarchie sort renforcée des guerres de Religion, car le monarque réussit à montrer qu’il peut dépasser les clivages confessionnels et imposer son autorité absolue (doc. 4).


Les guerres de Religion ont entraîné une crise du pouvoir royal, mais l’État en sort finalement renforcé.

Voir le cours 2

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Catherine de Médicis prône la concorde religieuse

Quant au fait de la religion, les exemples reçus de ce que nous avons vu devant nos yeux depuis quelques années nous ont montré et enseigné que pour guérir ce mal venu de longue main un même remède n’était pas suffisant ; mais que selon les nouveaux accidents, il fallait aussi changer de médicaments, jusqu’à ce qu’on ait trouvé celui qui est seul unique pour nous donner entière guérison. Nous avons, durant vingt ou trente ans, essayé le cautère1 pour arracher la contagion de ce mal d’entre nous, et nous avons vu par expérience que cette violence n’a servi qu’à le croître et le multiplier.


Lettre de Catherine de Médicis à Sébastien de l’Aubespine, 31 janvier 1561.

1. Instrument qui brûle les tissus vivants pour cicatriser.

Repères

Catherine de Médicis (1519‑1589)

Catherine de Médicis
(1519‑1589)

Issue de l’aristocratie florentine, épouse d’Henri II, elle est la mère (entre autres) de François II, Charles IX et Henri III. Régente du royaume de 1560 à 1563, elle met en place une politique de conciliation religieuse avec les huguenots, et se montre favorable à la liberté de conscience. Son rôle dans le massacre de la Saint-Barthélemy est encore difficile à établir.

Prolongement numérique

Le musée virtuel du Protestantisme permet de comprendre l’essor du protestantisme au XVIe siècle et la place qu’occupent les protestants en France depuis cette époque.

Saint-Barthelemy

Les nombreux dossiers numériques proposés permettent de parcourir les huit guerres de Religion, mais également d’étudier des acteurs clés de l’époque, comme la famille des Montmorency ou des Guise. Plusieurs dossiers portent sur le rôle du pouvoir royal dans ces conflits. Enfin, un dossier explore la question de la violence, qui prend alors des formes très diverses. Le site propose également un glossaire et une bibliographie pour approfondir les thématiques abordées.

Comment les guerres de Religion ont-elles affecté le développement de l’État royal ?


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La crise de l’État monarchique

La guerre et la paix. Après une brève interruption, les deuxième et troisième guerres de Religion (1567‑1570) déstabilisent la monarchie. La paix de La Rochelle en 1570 reconnaît la liberté de conscience et instaure des places de sûreté.

Le massacre de la Saint-Barthélemy. La paix est de courte durée. Le 24 août 1572, l’amiral Gaspard de Coligny, chef de la faction protestante, est assassiné. Le même jour, les Guise organisent le massacre des huguenots avec la complicité des gardes et de la milice urbaine. Les massacres se généralisent dans l’ensemble du royaume, faisant au moins 10 000 morts (doc. 2).

L’État en déroute. Les Guise et la Ligue inquiètent Henri III, si bien que le roi fait assassiner Henri de Guise en décembre 1588. Le monarque est assassiné à son tour en août 1589 par le moine Jacques Clément. La succession au trône de France revient alors à Henri de Navarre, chef de file du parti calviniste et futur Henri IV.

Rodrigo de Holanda, Levée du blocus de Paris, v. 1591‑1599, huile sur toile, salle des Batailles, Escurial, Madrid

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Le siège de Paris (1590)

Rodrigo de Holanda, Levée du blocus de Paris, v. 1591‑1599, huile sur toile, salle des Batailles, Escurial, Madrid.

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Des guerres nées de l’affaiblissement de l’État

La répression du protestantisme. Portée par la chambre ardente, la répression du protestantisme s’accélère sous Henri II. Quand le faible François II monte sur le trône (1559), les grandes familles aristocratiques se divisent entre partisans du catholicisme (les Guise) et défenseurs du calvinisme (les Bourbon, les Condé).

Maintenir la concorde religieuse. À la mort du roi en 1560, sa mère, Catherine de Médicis, alors régente du royaume, tente de mener une politique de conciliation religieuse pour protéger l’autorité de l’État (doc. 1). Avec l’édit de Saint-Germain en 1562, elle accorde aux réformés une liberté de culte, cependant limitée à l’extérieur des villes.

L’échec de la tolérance. Les ultra-catholiques voient dans cette politique une trahison des principes du roi très chrétien, tandis que les calvinistes estiment que la tolérance est insuffisante. Le 1er mars 1562, des protestants sont massacrés par les troupes du duc de Guise à Wassy. C’est le début de la première guerre de Religion (1562-1563).
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