Couverture

Histoire-Géographie 2de

Feuilleter la version papier



























Chargement de l'audio en cours
Cacher

Cacher la barre d'outils

Plus

Plus


COURS 4


La monarchie absolue, un modèle politique en question




Histoire et fiction

Hyver 1709 est une bande dessinée de Nathalie Sergeef et Philippe Xavier

Hyver 1709 est une bande dessinée de Nathalie Sergeef et Philippe Xavier. L’intrigue se déroule durant le terrible hiver de l’année 1709. Quand un cavalier portant un message de la plus haute importance est assassiné par un moine, Loys Rohan, un jeune aventurier, se lance à la recherche du message.
À un moment où la France est engagée dans la guerre de Succession d’Espagne contre l’Angleterre, la Hollande et le Saint-Empire, Rohan doit empêcher les ennemis du royaume de s’emparer d’une cargaison de blé essentielle pour l’approvisionnement du pays. La bande dessinée évoque particulièrement bien la fragilité de l’absolutisme louis-quatorzien en cet hiver troublé, la relation entre les paysans et les seigneurs, ainsi que les conflits entre les catholiques et les protestants.


La multiplication des contestations, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, traduit une certaine fragilité de la monarchie française, qui s’accentue durant le XVIIIe siècle.

2
Destituer le roi ?

Les monarchomaques. Dans le contexte troublé des guerres de Religion, les monarchomaques, souvent des penseurs protestants, critiquent les dérives absolutistes du pouvoir royal. Selon eux, l’obéissance du peuple au souverain n’est que conditionnelle, et la résistance au roi est légitime dès lors que le monarque se comporte comme un tyran.

Tuer le roi. L’opposition au roi peut aller jusqu’au régicide : Henri III est tué par un moine catholique en 1589, Henri IV assassiné par François Ravaillac le 14 mai 1610.

Repères

La Grande Mademoiselle (1627‑1693)

La Grande Mademoiselle
(1627‑1693)

Petite-fille d’Henri IV, cousine de Louis XIV, celle qu’on surnomme la Grande Mademoiselle est la plus riche héritière du royaume de France. Dans les années 1650, elle est l’une des figures de proue de la Fronde, au cours de laquelle de nombreuses femmes nobles s’opposent à l’autorité royale, en mobilisant des troupes ou en finançant la résistance. Exilée pendant trois ans, elle devient ensuite une personnalité importante de la cour versaillaise.

Nicolas Lancret, Lit de justice tenu par Louis XV, v. 1723, huile sur toile, 56 x 81 cm, musée du Louvre, Paris

1
Le roi face au Parlement de Paris

Nicolas Lancret, Lit de justice tenu par Louis XV, v. 1723, huile sur toile, 56 x 81 cm, musée du Louvre, Paris.

3
La violence des guerres louis-quatorziennes vues de Hollande

Les désordres que les Français ont commis, en réduisant en cendres les villes de Mannheim, de Spire, de Worms, d’Oppenheim, de Frankendal et enfin tout le Palatinat en général, sont ici dans une telle horreur, que quelque envie que l’on puisse avoir de demeurer neutres, difficilement pourra-t-on se résoudre à conserver la neutralité, lorsque l’on verra ces pays remplis des débris des gens, dont les flammes ont consumé les habitations : plusieurs centaines de charrettes et de chariots ayant déjà passé par ces endroits, sans compter plus grand nombre qui passent encore de l’autre côté du Rhin.

Relations véritables, 11 juin 1689.

1
Les limites de l’autorité royale

La religion. La nature divine du pouvoir royal force le roi à respecter la religion chrétienne et à ménager l’autorité de l’Église catholique. Cela pèse également sur sa politique étrangère : François Ier fait scandale quand il s’allie avec l’Empire ottoman en 1536.

Les lois fondamentales. La France n’a pas de Constitution, mais le souverain doit respecter les lois fondamentales du royaume. La transmission de la couronne repose sur l’hérédité et le principe de la primogéniture masculine, tandis que le domaine royal demeure inaliénable.

Les parlements. À partir du XVIe siècle, le poids des parlements tend à augmenter. Les édits et ordonnances du roi doivent être inscrits sur leurs registres pour devenir opératoires. Or, ils peuvent refuser cet enregistrement en formulant des remontrances. En cas de blocage, le roi convoque alors un lit de justice pour enregistrer de force l’édit ou l’ordonnance (doc. 1). Au XVIIIe siècle, la multiplication des remontrances émises par les parlements témoigne d’une opposition croissante à la monarchie absolue.

Quels sont les freins et les limites à l’affirmation de la monarchie absolue ?

Vocabulaire

Inaliénable : qui ne peut être ni cédé, ni vendu, ni échangé.

Lettres de cachet : lettres fermées signées par le roi, qui contiennent généralement un ordre d’exil, d’internement ou d’emprisonnement.

Lois fondamentales : ensemble de principes de droit public régissant le fonctionnement du royaume et la transmission de la couronne, dont le respect est impératif.

Monarchomaques : théoriciens protestants appelant à résister à un monarque tyrannique.

Primogéniture masculine : pratique de transmission de la couronne selon laquelle le fils aîné hérite du trône.

Régicide : assassinat d’un roi.

2
Louis XIV remis en cause

On a rendu votre nom odieux, et toute la nation française insupportable à tous nos voisins. On n’a conservé aucun allié parce qu’on n’a voulu que des esclaves. On a causé depuis plus de vingt ans des guerres sanglantes. […] Vos peuples […] meurent de faim. La culture des terres est presque abandonnée ; les villes et la campagne se dépeuplent ; tous les métiers languissent et ne nourrissent plus les ouvriers. Tout commerce est anéanti. Par conséquent, vous avez détruit la moitié des forces réelles du dedans de votre État, pour faire et pour défendre de vaines conquêtes au-dehors. Au lieu de tirer de l’argent de ce pauvre peuple, il faudrait lui faire l’aumône et le nourrir. La France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provision.

Lettre de Fénelon à Louis XIV, 1694.

3
La monarchie contestée

La Fronde. L’affirmation de l’État se heurte à la Fronde entre 1648 et 1653. Dans un premier temps (mai 1648‑mars 1649), le parlement de Paris demande la suppression des intendants et des lettres de cachet. En 1650, s’ouvre la Fronde des princes : les grands nobles, comme Condé ou la Grande Mademoiselle, s’opposent à la régente Anne d’Autriche. Mazarin, violemment attaqué par des pamphlets, les « mazarinades », est contraint de s’exiler à deux reprises. La Fronde se solde néanmoins par un retour en force des principes de la monarchie absolue à partir de 1653.

L’État louis-quatorzien en accusation. Malgré la glorification de la figure royale, de nombreuses critiques sont adressées à Louis XIV. Plusieurs auteurs redoutent un divorce entre le roi et ses sujets (doc. 2). La guerre est l’un des principaux points de contestation : la politique internationale de Louis XIV, qui consiste à faire du royaume de France une puissance hégémonique, est vivement critiquée. Au cours de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, une presse clandestine imprimée dans les pays rivaux de la France circule dans le royaume : elle souligne le coût élevé de la guerre et critique les violences commises par les troupes françaises (doc. 3).
Connectez-vous pour ajouter des favoris

Pour pouvoir ajouter ou retrouver des favoris, nous devons les lier à votre compte.Et c’est gratuit !

Livre du professeur

Pour pouvoir consulter le livre du professeur, vous devez être connecté avec un compte professeur et avoir validé votre adresse email académique.

Votre avis nous intéresse !
Recommanderiez-vous notre site web à un(e) collègue ?

Peu probable
Très probable

Cliquez sur le score que vous voulez donner.

Dites-nous qui vous êtes !

Pour assurer la meilleure qualité de service, nous avons besoin de vous connaître !
Cliquez sur l'un des choix ci-dessus qui vous correspond le mieux.

Nous envoyer un message




Nous contacter?