DOSSIER 4



Quels sont les effets du budget de l’État sur l’économie ?




Je fais le point

L’État n’est pas dans la même situation que les ménages et les entreprises en ce qui concerne le financement.
Le déficit budgétaire de l’État a des effets sur le reste de l’économie.
Il peut permettre, par exemple, de relancer la croissance en augmentant la demande globale, et ainsi de contribuer à la baisse du chômage, ce qui peut augmenter ensuite les recettes de l’État. Un effet d’éviction peut survenir lorsque cela diminue les financements pour le secteur privé.


Doc. 2

L’État se finance‑t‑il comme les autres agents ?


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Questions

1. Pourquoi l’État n’a‑t‑il pas la même obligation qu’un ménage concernant son financement ?

2.Que signifie le fait que « l’horizon temporel » des ménages n’est pas le même que celui de l’État ?


Quelle est la particularité de l’État et des administrations publiques en matière d’endettement, au regard des ménages et des entreprises ? […] L’horizon temporel d’un ménage se confond avec celui des individus qui le composent, il est fini. En revanche, celui de l’État et des administrations publiques qui l’accompagnent dépasse quelques générations. […] En matière d’endettement, il en découle immédiatement que l’impératif de remboursement complet n’est pas aussi inconditionnel pour les administrations publiques qu’il l’est dans le cas où l’horizon temporel est fini. Autrement dit, un titre de la dette publique arrivant à son terme peut être remboursé par l’émission d’une nouvelle dette. […]

Cela nous amène à la différence de nature entre l’État et les autres acteurs économiques en matière de contrainte budgétaire. La dépense d’un ménage est bornée par l’étendue de ses revenus. […] En revanche, par le monopole fiscal, l’État et les administrations publiques ont la faculté bien particulière, le privilège pourrait-on dire, de déterminer le niveau de leurs ressources.

Bruno Tinel, Dette publique : sortir du catastrophisme, Raisons d’agir, 2016.

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Doc. 1

Faut‑il réduire les dépenses publiques ?



Le Portugal peut enfin souffler. Le pays n’a presque plus de déficit budgétaire et bénéficie même d’une des meilleures croissances de la zone euro. Pourtant, […] il y a encore deux ans, le Portugal était sous le coup d’une procédure pour « déficit excessif », lancée par la Commission européenne. […] L’Union européenne préconisait une politique d’austérité, avec une baisse des dépenses publiques, un assouplissement du code du travail et une diminution de la protection sociale.

Le gouvernement de coalition gauche – extrême gauche d’Antonio Costa adopte des méthodes aux antipodes de ces recommandations et du gouvernement précédent. Une politique de relance par la demande, marquée par une augmentation des retraites, des allocations familiales et du SMIC. Et cela fonctionne, n’en déplaise à Bruxelles. Le Portugal a enregistré en 2017 une croissance de 2,7 %, soit la plus forte hausse de son PIB annuel depuis l’année 2000.

Valery Lerouge, « Le miracle portugais : comment Lisbonne a nargué Bruxelles », Francetvinfo.fr, 3 mai 2018.

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Le Portugal mise aussi sur le tourisme et l’immobilier pour stimuler la croissance. Ici, l’île de Madère.
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Questions

1. Quelle était la situation du solde budgétaire du Portugal en 2015 ?


2. Pourquoi une telle situation fait‑elle penser qu’il faut réduire les dépenses publiques ?


3. Comment une politique de hausse des dépenses publiques peut-elle améliorer la croissance économique ?


Doc. 3

Relancer l’activité économique grâce à la dépense publique ?


Point notion

Effet de relance (de la dépense publique)


Augmentation de la demande engendrée par une augmentation de la dépense publique. Cette augmentation conduit à une accélération de la croissance économique.


Effet d’éviction


Conséquence négative de l’augmentation de la dépense publique sur le financement des agents privés. Quand il se finance, l’État peut faire appel à une épargne, ce qui rend donc plus difficile le financement pour le secteur privé.

Un accroissement des dépenses publiques et une réduction du taux d’imposition net accroissent la demande. […] Finalement, le taux d’intérêt augmente et la demande agrégée s’accroît. La hausse du taux d’intérêt limite l’effet expansionniste, ce qui est connu sous le nom d’effet d’éviction par le taux d’intérêt. […]

En septembre 2008, la faillite de la banque Lehman Brothers, qui fait suite à des problèmes observés dès 2007 dans d’autres banques (comme la Royal Bank of Scotland qui a dû être nationalisée pour éviter l’effondrement), fait douter l’ensemble des acteurs économiques, y compris les banques elles-mêmes, de la stabilité des systèmes bancaires des pays développés. Les banques ne se font plus confiance entre elles et sont réticentes à prêter aux ménages et aux entreprises. La baisse généralisée des marchés boursiers réduit la richesse des agents qui avaient investi en Bourse dans des instruments financiers qui ont perdu une grande partie de leur valeur. Les agents privés réduisent leur consommation et leurs investissements. Privés des financements bancaires de court terme, les échanges mondiaux s’effondrent. […] Face à ce choc sans précédent, les gouvernements des pays développés décident de mettre en œuvre de larges plans de relance budgétaire en baissant les impôts et en augmentant les dépenses publiques. […] Les pays développés mettent donc en place des plans de relance très importants : dans le cas de la France, le plan de relance est d’environ 45 milliards d’euros (soit 2,25 % du PIB), que l’État anticipe de dépenser (en plus de ses dépenses habituelles) sur les années 2009‑2010.

Anne Épaulard, Aude Pommeret, Introduction à la macroéconomie, La Découverte, 2017 (2e éd.).

Supplément numérique

La différence entre austérité et relance expliquée en trois minutes

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Questions

1. Quel était l’effet attendu d’une augmentation des dépenses publiques après la crise de 2008 ?


2.Pourquoi la hausse de la dépense publique conduit‑elle à une augmentation du taux d’intérêt ?


3.Quelle est la conséquence de cette hausse des taux d’intérêt pour les entreprises et les ménages ?


SES.1re.4.DOS.relance.US-retouche
Chappatte, « L’état de l’économie », 2010.

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Construisez un schéma d’implication reprenant la logique de l’effet relance d’une hausse de la dépense budgétaire en utilisant les termes suivants : croissance économique, hausse de la dépense publique, effet de relance, effet d’éviction, ralentissement économique.

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